La loi de Santé : un passage en force dès le 24 novembre après deux reports

L'annonce officielle du nouveau report à jeudi prochain de l'examen définitif du projet de loi de santé par les députés, et non d'un moratoire comme le demande les syndicats médicaux et paramédicaux est mal vécu par les professionnels de santé libéraux qui ont immédiatement interrompu le mouvement de grève de vendredi dernier dès l'annonce des attentats sur Paris. 

La loi de Santé : un passage en force dès le 19 novembre

©Malika Surbled / Manifestation du vendredi 13 novembre, l'après-midi à Marseille

Actualisation : le gouvernement a finalement décidé mercredi après-midi un nouveau report au mardi 24 novembre de la reprise des débats à l'Assemblée Nationale. Marisol Touraine a expliqué cette décision par la volonté de "nombreux parlementaires" de participer à des hommages aux victimes des attentats du 13 novembre dans leur circonscription.

Initialement fixé au lundi 16 puis repoussé au lendemain à cause de la réunion des parlementaires en congrès exceptionnel à Versailles, puis re-décalé au  jeudi 19 novembre, l'examen du projet de loi de santé par les députés ne passe pas auprès des syndicats médicaux qui le combattent depuis plusieurs mois.

Précédemment, 45 syndicats professionnels dont 3 des 4 syndicats représentants les IDEL (Convergence Infirmière, ONSIL et FNI), regroupés au sein du Mouvement Pour la Santé de Tous avaient envoyé une lettre au président de la République, réclamant "un moratoire reportant le vote de la loi après la Conférence nationale de santé".

Ce moratoire  " permettrait l'instauration de la concertation qui a fait défaut jusqu'à maintenant pour l'élaboration de ce texte et le retour de la confiance avec les professionnels de santé" explique le Mouvement.

Déjà les attentats de Charlie hebdo, en janvier dernier, avait entraîné l'interruption du premier large mouvement de grève des professionnels de santé libéraux contre le projet de loi. C'est donc la deuxième fois que l'organisation remballe calicots, banderoles et décommande cars et wagons de TGV.

Passage en force

Désormais, ces contestataires vont essayer de se caler sur le vote définitif de la loi et l'agenda parlementaire pour tenter un mouvement de grève et de manifestation. Mais Marisol Touraine a été très claire à l'Assemblée : la loi de santé sera adoptée dans les 48 heures.

"C'est une fin de non recevoir. On va nous imposer d'examiner entre 6 et 700 amendements en 48 heures. On est coincés, puisque nous devons terminer l'examen du PLFSS (budget) 2016, lundi prochain. (...) On nous impose un passage en force", confirme le Dr Jean- Pierre Door, député LR du Loiret.

Ce dernier avait demandé un report de la loi de santé en 2016, prenant exemple sur le report du congrès des Maires à l'année prochaine, accepté par Manuel Valls.

Une provocation selon les libéraux

"La priorité du gouvernement est de voter en urgence cette loi, profitant de l'arrêt spontané de la grève par des professionnel de santé responsables et de leur silence imposé par l'état d'urgence. (...) La décence et l'état d'urgence leur interdisent de manifester mais l'Etat maintient le calendrier parlementaire en plein deuil national", s'insurge le mouvement d'infirmiers libéraux "La Grève, c'est maintenant".

Pour le Dr Eric Henry, le président du SML et du Mouvement pour la santé de tous. "Ce n'est pas très loyal. Alors que nous avons été corrects en annulant immédiatement les manifestations prévues, le gouvernement profite de l'état d'urgence, et de la tenue prochaine de la COP 21, pour passer sa loi comme un rouleau compresseur", lâche-t-il en reconnaissant que la profession est "enfermée entre une attitude éthique et médicale, le refus de choquer les gens et tous les interdits liés à l'état d'urgence".

Parmi les indignés, on compte également le Dr Jean-Paul Hamon, le président de la FMF. "Un report de deux jours, c'est une provocation. Lors de la grève du 13 novembre, 80 % des cabinets et les deux tiers des cliniques ont fermé. Et les médecins ont immédiatement interrompu le mouvement pour se rendre disponibles. On ne peut accepter cela !"

Selon le président de la FMF, les médecins sont prêts à recommencer. "Profiter de la situation pour passer la loi quand même, c'est une provocation. Si elle est votée, Marisol Touraine sera responsable de la rupture totale entre les professions de santé et le gouvernement", prédit-il.

Rédaction ActuSoins, avec Egora, 

Les libéraux sont aussi furieux après la prise de parole de Marisol Touraine à l'Assemblée nationale le 17 novembre, lors de la séance des questions d'actualités. Dans ses remerciements, la ministre de la Santé ne s'est adressé qu'aux hôpitaux et à leurs équipes.

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Réactions

20 réponses pour “La loi de Santé : un passage en force dès le 24 novembre après deux reports”

  1. solange granier dit :

    ON DIFFUSE +++ NON A LA LOI SANTE, NON A LA LOI MST !

    Parce que le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux victimes des attentats de Paris ou d’ailleurs, morts ou blessés, est de continuer à vivre (plus vraiment comme avant) pour faire la nique aux animaux barbares et écervelés. Nous reprenons dès ce lundi notre rythme habituel de COLÈRE INFIRMIERE avec un gros dossier : la LOI SANTE encore (sur)nommée LOI MST. Faisant fi du deuil, de la tristesse et de la douleur cette ministre autiste et sourde voulait représenter son texte dès le mardi 17. Seul le calendrier parlementaire de l’urgence l’en a empêché. Elle a même osé annoncer 3 millions de piécettes en récompense aux agents parisiens ayant participé aux secours des attentats. Elle a attribué le report de sa loi à une volonté de concorde : c’est donc la guerre que la ministre a choisit comme mode de combat contre des opposants désarmés par les lois d’urgence empêchant, entre autre, les manifestations sur la voie publique. Pas grave parce que comme face aux terroristes : MÊME PAS PEUR !

    https://www.facebook.com/lesinfirmieres.encolere/

  2. oni-non-merci dit :

    MariSol, Mari-Sol, Marie TourneSol, réagissez bon sang ! vous êtes sur une planche savonneuse ! Pensez à vos vieux jours où vous aurez besoin d’une infirmière pour venir vous faire vos soins para-médicaux et peut-être d’hygiène intime. Saurez-vous trouver un(e) collègue susceptible de compassion envers vos agissements de Ministre ? ? ? Personnellement, j’en doute. En tous les cas, je ne serai pas candidate, même sous la menace ordinale. A bon entendeuSE ….

  3. Ah ! C était sur ! On profite d événements Médiatiques lourds Pour en étouffer d autres. Comme d habitude !

  4. C honteux jsuis dégoûte notre profession en haut du podium des méprises!!! Merci

  5. Qu elle grosse s….., terroriste en jupons. .

  6. Je vais me reconvertir et quitter tout cela si ça continue… Bientôt faudra bosser bénévolement….

  7. Elle était ù la ministre quand les médecins se dévouaient ?? Elle est médecin elle même ? Ces ministres qui ne comprennent rien à rien (justice, éducation etc …)

  8. Profiter des événements est tout simplement honteux vive la démocratie !! Gouvernement de merde !

  9. Jen Minois dit :

    Mais quelle bande de salopard c’est pas possible profiter des derniers événements pour faire passer sa lois a la con!!!! Outree!!!!!!!!!!

  10. Envie de meurtre… que cette Mst et ses amis du gouvernement et des mutuelles aillent se pendre…

  11. Après tout ce que le médical à fait depuis toujours et depuis quelques jours même pas de reconnaissance c’est lamentable

  12. Profiter de la situation pour faire voter la loi .Quelle pourriture !!!!

  13. Qu’ils aillent se faire enc……. Je suis dégoûter

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