Infirmière libérale : Grossesse quand le diabète s’en mêle

Magali Paillaux est infirmière libérale. Impliquée par ailleurs dans une association pour diabétiques, elle a décidé de se consacrer à fond à l’éducation thérapeutique des femmes atteintes d’un diabète gestationnel. D’autant qu’elle a elle-même vécu cette expérience inattendue.

magali pailleux infirmière libérale

Magali Pailleux, infirmière libérale, en 5 dates : 1998 : D.E. Travaille ensuite chez les grands brûlés et en chirurgie réparatrice, 2006 : D.U plaies, brûlures et cicatrisation, 2007 : S’installe en qualité d’infirmière libérale et intègre le réseau « Marseille-diabète », 2009 : Se forme à l’éducation thérapeutique dans un centre de formation spécialisé, 2013 : Se perfectionne en éducation thérapeutique avec le Centre Régional d’Education pour la Santé PACA .

« Quand j’ai eu mon diabète gestationnel il y a 4 ans, je me suis retrouvée très seule, dépourvue d’informations et d’explications. Pourtant, non seulement j’étais infirmière, mais en plus j’étais déjà engagée dans le réseau ‘Marseille-Diabète’ qui venait en aide principalement aux diabétiques de type 2 ».

Magali aime raconter son histoire. Il faut dire que celle-ci a marqué et orienté son implication professionnelle auprès de femmes qui souffrent du même mal. Lorsque deux endocrinologues, à l’origine de la création d’un suivi personnalisé pour le diabète gestationnel, ont demandé de l’aide, elle a immédiatement été volontaire. « Je trouvais cette action intéressante, humainement et personnellement » expose Magali. « Jamais je n’ai fait ça pour l’argent. Au départ, cet accompagnement relevait du bénévolat » tient-elle à préciser.

De plus en plus dépisté au cours la grossesse, le diabète gestationnel reste méconnu des femmes et parfois mal maîtrisé de certains médecins et soignants. Survenant en général entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée, ce diabète peut, s’il n’est pas traité et suivi dans les temps, provoquer des difficultés lors de l’accouchement, notamment si le bébé pèse plus de 4 kilos. « Le nourrisson peut faire des hypoglycémies massives à la naissance et, selon les autres antécédents familiaux, présenter davantage de risques de développer un diabète plus tard. Il ne faut pas le prendre à la légère » explique la jeune femme.

Adepte de l’éducation thérapeutique – Magali a suivi plusieurs formations pour se perfectionner –, l’infirmière se déplace au domicile des patientes pour expliquer les gestes simples et répondre aux questions des femmes, souvent angoissées par l’annonce imprévue d’un tel diagnostic. « Il faut les déculpabiliser et agir vite car nous n’avons que quelques semaines pour essayer de modifier certaines habitudes de vie. Souvent, ces femmes se posent beaucoup de questions sur la santé du bébé et son devenir. Je leur octroie le temps nécessaire et je renforce le discours du médecin. Si besoin, je les dirige vers d’autres professionnels du réseau. Je montre aussi comment réaliser les glycémies capillaires ou les injections d’insuline. Comme ces patientes ont un amas d’informations très important en très peu de temps, il est important de revoir point par point avec elles et leurs familles le niveau de compréhension de la maladie. Il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit. Nous sommes dans l’optique d’un parcours personnalisé qui répond aux attentes et aux besoins de ces femmes, afin qu’elles ne sentent pas trop privées dans un régime restrictif ».

Pour parfaire les informations données, Magali a réalisé avec une autre infirmière du réseau, un carnet de suivi qui récapitule de façon simple l’alimentation et la surveillance glycémique. « Nous avons décidé d’y mettre beaucoup d’images et de photos car parfois nous avons affaire à des personnes qui ne savent pas lire ou qui parlent une autre langue. Ces illustrations peuvent aussi permettre aux enfants de comprendre puis d’expliquer à leur mère la conduite à tenir ».

Quand elle n’assure pas ses consultations ou ses ateliers d’éducation du réseau, que ce soit pour des patients atteints de diabète de type 2 ou pour des femmes souffrant de diabète gestationnel, Magali exerce en qualité d’infirmière libérale.

Après avoir travaillé quelques années à l’hôpital, la jeune femme a opté pour ce mode d’exercice car elle se sentait frustrée de ne pas pouvoir passer suffisamment de temps auprès des malades. « J’adorais pourtant travailler en équipe. Mais la pression, le manque de personnel, la lourde charge de travail m’ont rapidement lassée. À l’hôpital, je ne travaillais pas en accord avec moi-même » analyse- t-elle.

Comme depuis ses études Magali s’intéressait au lien « ville-hôpital », il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’associer le libéral et le réseau serait ce qui lui correspondrait le mieux. « Être cohérent avec soi-même. Établir le lien. Se situer dans la continuité des soins… C’est comme ça que j’envisage notre métier », sourit Magali. C’est en tout cas une bien jolie façon d’envisager la vie.

Malika Surbled
Article publié dans Actusoins magazine

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Réactions

11 réponses pour “Infirmière libérale : Grossesse quand le diabète s’en mêle”

  1. Oui et surtout on est tres culpabilise par les soignants

  2. Vécu il y a maintenant presque 3 ans et ici très bien conseillé/expliqué que ce soit ma gynécologue, ma nutritionniste et ma diabeto tous m’ont rassurés me disant que les risques existés mais que bien suivi en faisant très attention tout ce passerais bien !!!

  3. Je l’ai actuellement et le plus pénible dans cette situation ce sont les remarque ou les regards du gyneco ou des sage femme comme si tu y était pour qqc. Surtout que c’est ma 2ème grossesse j’ai exactement fait pareil que pour ma 1ere n’ayant rien eu je ne m’y attendais pas du tous. C’est vraiment pénible.

  4. Pas facile à vivre quand le verdict tombe mais avec le recul (il y a un an) cela m’a permis de revoir ma façon de m’alimenter pdt la grossesse et encore maintenant. Bébé n’a eu aucun soucis et tt le monde va bien. J’ai demandé à consulter une diététicienne qui a su me rassurer et les sages femmes avaient les mots pour ne pas me sentir coupable de ce qui arrive

  5. Leaticia Yro dit :

    Moi je l’ai actuellement et j’ai très peur

  6. C’était il y a 3 ans… J’ai eu beaucoup d’informations “agravées”… J’avais le droit toutes les semaines à “bébé risque de mourrir in utéro”… Ils m’ont faits plus peur qu’autre chose et au final tout s’est bien passé… Aucune tact 🙁

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