Histoire de gros sous : la dialyse privilégiée plutôt que la greffe

Selon une enquête Europe 1, "on aurait tendance à garder des malades sous dialyse plusieurs années, au lieu de les inscrire sur le registre des greffes, notamment pour des raisons financières". Ci-dessous l'article paru sur le site d'Europe 1.

©Juliette Robert Reportage au centre de dialyse de nuit de Paris Diaverum

©Juliette Robert
Reportage au centre de dialyse de nuit de Paris Diaverum

Les médecins sont unanimes : pour la majorité des malades qui souffrent d'une l'insuffisance rénale chronique au stade terminal, la greffe est bien mieux que la dialyse.

D’une part, c'est prouvé scientifiquement, la qualité de vie des greffés est meilleure, avec par exemple un meilleur accès à l'emploi. Enfin, les patients transplantés ont une espérance de vie plus longue, et moins de problèmes médicaux que les dialysés.

D’autre part, la greffe est beaucoup plus économique. En, effet, la dialyse coûte environ 89.000 euros par an et par patient à la sécurité sociale. La greffe, elle, c'est environ la même chose l'année de la transplantation, mais c'est ensuite 20.000 euros par an.

Le problème c'est qu'en France, certains patients sont clairement pénalisés. Bien que candidats idéals à la transplantation, ils ne sont même pas inscrits sur les listes d'attente pour une greffe. Pour preuve, seul un tiers des personnes dialysées figurent sur ces listes. En Norvège c'est plus du double.

"En pratique en France pour les patients de moins de 60 ans, ceux pour lesquels il y a vraiment très peu de contre-indication à la greffe, il faut plus de 15 mois pour qu’ils soient inscrit sur liste d’attente de greffe, explique Yvanie Caillé, directrice de l'association de patients Renaloo. C’est trop. Selon les recommandations, il faudrait que ce soit fait deux ans avant la mise en dialyse."

La dialyse très lucrative limite l’accès à la greffe

Alors, même si ce n’est pas le seul, l'un des freins pour favoriser l’accès à la greffe en France est bel et bien financier. Que ce soit dans le privé comme dans le public, la dialyse est un secteur très lucratif pour les établissements.

Dans le secteur public par exemple, la tarification à l'activité mise en place depuis 2004 est loin d’être incitative pour la transplantation rénale. Concrètement, un patient dialysé trois fois par semaine rapporte environ 59.000 euros par an à l'hôpital. A l’inverse, s'occuper du suivi d'un patient en post-greffe ne rapporte que 200 euros environ, c’est-à-dire le prix de huit consultations avec un néphrologue dans l’année.

"L’idée n’est pas de réduire le nombre de dialyse, mais en tout cas de favoriser la greffe et également les actions de prévention qui permettent de limiter la progression de la maladie rénale", précise le Pr Christian Combe, Chef du service de Néphrologie Transplantation Dialyse au CHU de Bordeaux.

1,7 milliard d’euros d’économies par an en boostant la greffe

D’après les estimations, si la France passait de 45 % de patients insuffisants rénaux greffés actuellement à 70 %, comme c'est le cas en Norvège, nous pourrions économiser 1,7 milliard d'euros par an.

« Il faut probablement une volonté politique très forte pour corriger ce qui se passe depuis des années. Il faut faire évoluer la culture, un changement majeur des pratiques pour que les patients soient moins pénalisés", conclut Yvanie Caillé.

Par ailleurs, des expérimentations devraient être lancées en 2015 afin d’évaluer les parcours de soins des insuffisants rénaux. Ces expérimentations prévoient notamment de nouvelles modalités de financement pour la dialyse et la greffe.

Rédaction ActuSoins, source Europe 1

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Réactions

13 réponses pour “Histoire de gros sous : la dialyse privilégiée plutôt que la greffe”

  1. apiplus dit :

    J’ai du mal à croire en la véracité de ces propos. Il y a 4 ans j’ai fait un DU en dialyse et lors de ma formation on a bien insisté sur le fait qu’un patient greffé coûtait moins cher à la sécu et qu’il fallait absolument aller vers ce but mais ce qui manque cruellement ce sont les greffons.
    Il y a tellement de patients dialysés que les places en dialyse sont rares alors de là à vouloir faire de la rétention de patients…permettez moi d’en douter.
    J’aimerais savoir si les faits cités sont des conclusions tirés par la journaliste elle même ou des propos d’un médecin? ou des suppositions d’une équipe de soins? On n’avance pas de tels propos sans avoir des preuves.

  2. Ça ne m’étonne pas non plus… Si on savait tout!!!!
    Et ce qui est choquant, en effet, les (faux) cheveux lâchés jusqu’en bas du dos…

  3. Étant également au contact des patients hemodialyses ça me choque un peu !!!(vu tous les bilans pré greffe)

  4. Et les reins à greffer on les trouve où ?

  5. Sab Ine dit :

    Oups les cheveux non attachés moi aussi ça me chagrine. Sissou

  6. c’est une dialyse péritonéale!! et oui maintenant même l’hopital et L’HAD deviennent des industries!! c’est honteux!

  7. Oups erreur de frappe.
    Qu’est-Ce qui te choque?
    Je suis inf en dialyse et ce que je distingue fait partie de mon quotidien…

  8. Sissou je ne comprends pas ce qui te coque dans cette photo? Je suis inf c en dialyse

  9. Sissou Rider dit :

    je ne suis ( malheureusement) pas DU TOUT étonnée…. l’H est devenu une Entreprise : faire des économies … et du chiffre. c’est scandaleux. les “Rois du Pétrole” : l’HAD : qui n’hésitent pas à spolier les IDEL de leurs Patients abusant de leur “pseudo” pouvoir, d’une désinformation alarmante, qui bradent les cotations, instaurent le même climat ( infecte) que l’hôpital au sein même des Domiciles voire des Cabinets. C’est déjà pour ce prétexte avilissant que j’ai quitté l’H, et sans regret. les Valeurs se perdent les coups de pieds au cul également. PS : c’est quoi cette photo? y’a que moi qui suis choquée ????!!! 🙂

  10. Rika Mat dit :

    Selon cet article, si j’ai bien compris, à l’heure des économies budgétaires et la mise en place de solutions pour combler le trou de la secu, la T2A favorisait la dialyse pour des raisons proprement financières? Si l’on se positionne comme un gestionnaire d’établissement hospitalier, il est évident que l’aspect financier est la problématique principale. Maintenant, du point de vue médical et surtout éthique, je me pose des questions sur la véracité des faits.

  11. Rika Mat dit :

    200 euros c’est à dire le prix de 8 consultations avec un néphrologue ? J’ai du mal faire ma division 😉

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