Front commun contre la réduction des ratios infirmiers en dialyse

Au nom de la simplification administrative, un projet en discussion à la DGOS et porté par la fédération de l'hospitalisation privée prévoit d'annualiser le nombre minimum d'infirmières par patient dialysé (quatre pour un patients), ce qui revient à remettre en cause les "minima" au pied du patient, comme l'avait révélé ActuSoins. Ce projet fédère les hostilités...

Front commun contre la réduction des ratios infirmiers en dialyse

©Juliette Robert

Dernière réaction en date : la CNI (Coordination nationale Infirmière) "proteste contre les propositions du secteur privé qui visent à remettre en cause la présence légale (décrets de 2002) d'un infirmier pour quatre patients hémodialysés".

"La notion « d'annualisation » du temps infirmier proposée équivaut à introduire une flexibilité en termes de compétences. Il s'agit bien là d'un « concept assez novateur » qui ne va pas du tout dans le sens de la qualité de prise en charge et engage la responsabilité des professionnels concernés", poursuit ce syndicat.

"La modification des décrets telle qu’elle est proposée aboutirait à accepter que dans les centres ou dans les Unités de dialyse médicalisée, un infirmier soit obligé d’assurer la prise en charge simultanée de plus de quatre séances de dialyse pendant de longues périodes chaque année, en particulier pendant les périodes de congés", expliquent plusieurs fédérations professionnelles (Société Francophone de Dialyse, Société de Néphrologie,...) qui ont alerté leurs membres.

Ils affirment que "le concept d'effectifs soignants en moyenne et en équivalent temps plein calculé(s) sur l’année n'a pas de sens pour une activité aussi technique que l'hémodialyse".

Un avis partagé par la FHF qui demande à ce que les ratios définis dans les textes de 2002 soient "maintenus en l'état" et s'oppose à la référence à une moyenne annuelle.

Aucune diminution des risques et plus de comorbidités

"Les risques liés au traitement par hémodialyse n’ont pas diminué depuis 2002. L’existence du circuit sanguin extra-corporel demande toujours la même attention. Ensuite la charge de travail liée aux soins a augmenté depuis 2002, avec un nombre croissant de patients atteints de comorbidités multiples et porteurs de cathéters d’hémodialyse", ajoute le communiqué.

"D'autre part, la population de dialysés accueillie dans les structures hospitalières présente souvent des pathologies associées, un âge avancé rendant les techniques plus délicates avec des surveillances spécifiques et rapprochées. Malgré l'évolution de la technologie, le temps passé auprès des patients n'a pas diminué bien au contraire", ajoute la CNI.

"Les patients vieillissent (72 ans d’âge médian des patients dialysés en 2012 alors qu’il était d’environ 65 ans en 2001), sont plus malades, plus fragiles, ont souvent des handicaps physiques importants, ce qui entraîne une augmentation du temps à leur consacrer", insiste l'association Renaloo, qui signale que les patients dialysés, eux, "ne partent pas en vacances".

La CNI rappelle qu'elle revendique "la définition de ratios soignants au lit du patient, dans toutes les spécialités, pour adapter les effectifs à la charge de travail et pour maintenir un bon niveau d'expertise".

Dialyse à domicile : la FHF pour le maintien d'une infirmière formée

"De la même façon, souligne la FHF, l'astreinte infirmière en dialyse péritonéale doit impérativement être assurée par un(e) IDE formé(e) et pratiquant régulièrement la dialyse péritonéale. C'est à cette condition que l'astreinte peut s'organiser. les dispositions relatives à l'entraînement à la dialyse à domicile ou à l'autodialyse ne doivent pas être modifiés".

"Sous couvert de simplifier les règles de fonctionnement des structures concernées, on est en droit de s'interroger sur le fait que les mesures proposées peuvent répondre à d'autres objectifs, en particulier l'amélioration des marges de fonctionnement de certains acteurs privés, au risque, dans certains cas, de mettre en jeu la qualité des soins", s'offusque la FHF.

Cyrienne Clerc

Le projet de texte en discussion :

"L' équipe, placée sous l’autorité d’un cadre infirmier, ou d’un infirmier ou une infirmière, assure la présence permanente en cours de séance, en moyenne et en équivalent temps plein, calculé sur l’année, d'au moins un infirmier ou une infirmière pour quatre patients et d’un aide-soignant ou une aide-soignante, ou éventuellement d'un autre infirmier ou d'une autre infirmière pour huit patients".

 

 

 

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Réactions

3 réponses pour “Front commun contre la réduction des ratios infirmiers en dialyse”

  1. lmullot dit :

    Bonsoir,

    En tant qu ‘IDE ayant acquitté ma cotisation à l’ONI j’attend toujours sa réaction sur ce sujet,et il est vrai que M.BORNICHE connait pourtant bien le sujet,autant que Mme CADART-BORNICHE ,mais l’AFIDTN ,elle à réagit.Que fait l’ONI?

  2. Le président de l’Ordre national infirmier, salarié en dialyse et en poste à 20% au CHU de Rouen, par ailleurs vice président de la prolifère association française des infirmiers de dialyse (sa femme en étant la puissante directrice générale), est bizarrement très silencieux sur ce sujet qui le concerne pourtant directement à titre familial, professionnel, ordinal, associatif, etc …

  3. infirmier masque dit :

    Le président de l’Ordre national infirmier, salarié en dialyse et en poste à 20% au CHU de Rouen, par ailleurs vice président de la prolifère association française des infirmiers de dialyse (sa femme en étant la puissante directrice générale), est bizarrement très silencieux sur ce sujet qui le concerne pourtant directement à titre familial, professionnel, ordinal, associatif, etc …

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