Occitanie : la prévention du cancer s’invite au travail

Le Gefluc Occitanie (Groupement des entreprises françaises dans la lutte contre le cancer) a mis au point une application pour prévenir les risques de cancer, dans les entreprises. Le protocole, testé pendant un an à Montpellier et finalisé cette année, associe un diagnostic à un programme de prévention collectif, qui peut être individualisé.

Occitanie : la prévention du cancer s'invite au travail

© Natee K Jindakum / ShutterStock

Selon une estimation donnée par le Gefluc, 40 % des salariés seront touchés directement ou indirectement par le cancer au cours de leur parcours professionnel.

L'entreprise peut avoir un rôle à tenir pour en réduire les risques. Trois professionnels de santé de l'association ont mis au point dans ce but, une application ludique et interactive - le Ge-test – afin de sensibiliser les entreprises et leurs salariés et les accompagner dans des actions de prévention.

« Ce test donne une vision globale, anonymisée, du personnel », résume le professeur Didier Cupissol, oncologue et président du Gefluc Occitanie. « Il permet au dirigeant de développer des actions santé à l'intention de ses employés. » Les actions sont dispensées au sein de l'entreprise.

Indice de masse corporelle (IMC), habitudes alimentaires, pratique d'activités physiques ou sédentarité, comportement tabagique, gestes santé au quotidien... Les questions - 33 au total réparties en cinq thèmes - sont téléchargeables sur téléphone, ou sur ordinateur et un code permet d'anonymiser les réponses.

Le test porte sur les quinze derniers jours, et le score - sur 100 -  indique le niveau de risque des habitudes. « Ce bilan est remis au salarié et ses données restent confidentielles », indique Fabrice Fernandez, directeur du Gefluc Occitanie. L'employeur lui, s'appuie sur le bilan global pour discuter avec les experts santé de la stratégie proposée. « Les  interventions collectives peuvent aussi être individuelles (à la demande du salarié). » Un nombre toutefois suffisant de salariés devra avoir répondu et être, aussi, en demande de participation.

Cette démarche de prévention nécessite une réelle volonté du chef d'entreprise. « C'est une démarche patronale, ou des RH, puisqu'il faut accorder à ses salariés un créneau horaire dédié à la prévention », note le directeur du Gefluc. Le programme établi peut s'étaler sur plusieurs mois voire plusieurs années comme ça a été le cas pour le sevrage tabagique.

 « Nous nous étions aperçu que cette démarche de sevrage était déclenchée par le patron ou par les syndicats »,évoque le professeur. Les interventions faites in situ, en entreprise, sont animées par une équipe constituée d'un cancérologue spécialiste de la nutrition, d'un médecin du sport et d'un cancérologue médical (le professeur Cupissol). « Nous avons les outils pour ne pas faire peur », rassure ce dernier.

Les soignants aussi

Les équipes soignantes pourraient être intéressées au premier chef et le Gefluc a déjà proposé son outil aux hôpitaux publics. « Tout reste à l'état de discussion, rien n'a été arrêté pour l'instant de façon formelle », confie le professeur Cupissol. « L'idée est de les convaincre qu'il s'occupent aussi de la santé de leurs salariés. » Et de faire bouger l'institution. « La première richesse d'une entreprise ce sont ses salariés », rappelle-t-il.

Au niveau local, parmi les entreprises et collectivités  qui ont adhéré au dispositif, un centre de radiothérapie d'une clinique montpelliéraine a déjà proposé le test à une soixantaine de soignants. Des discussions s'annoncent par ailleurs avec le syndicat national de radiothérapie et les salariés du secteur. « Les personnels de soin peuvent nous aider à entrer dans les structures de soins. » En pratique, dans les entreprises, institutions et collectivités locales déjà impliquées (Mairie de Montpellier, URSSAF, CAF, CCI, communes...), 20 % à 70 % des salariés remplissent le questionnaire. « Les femmes répondent plus que les hommes ! »

L'association qui a fait de la prévention en entreprise son cheval de bataille, travaille aussi sur le retour au travail et les problèmes de réintégration. « Plus l'arrêt de travail est long plus plus la reprise est difficile », rappelle Didier Cupissol. L'association va se mettre en campagne l'an prochain pour proposer le retour personnalisé de chaque salarié. « C'est un projet de vie. Dans le cancer du sein par exemple, une femme sur deux ne reprend pas son poste », résume le médecin.

Myriem Lahidely

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À propos

L'association née il y a 45 ans, est la fédération de 7 Gefluc régionaux. Domiciliée à l'ICM, à Montpellier, elle s'occupe depuis de nombreuses années de prévention et de sevrage tabagique ou alcoolique en entreprises. Pour bénéficier de ses actions, il faut qu'elles soient adhérentes du Ge-fluc, qui implique une cotisation par salarié. Le Groupement songe à étendre ses modules à la prévention de la ''malbouffe'' mais aussi de la sédentarité, un thème d'après Covid. « Pour certains, les jeux vidéos représentent une activité physique », déplore le professeur Cupissol. Le groupement cherche à s'implanter aussi à Marseille et à Grenoble.

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