Périnatalité : le collectif No FakeMed alerte sur la montée en puissance de « dérives pseudothérapeutiques »

Dans une tribune publiée dans  Le Figaro, le collectif No FakeMed se dit inquiet de la montée en puissance de "dérives pseudothérapeutiques" en périnatalité. 

Périnatalité : le collectif No FakeMed alerte sur la montée en puissance de dérives pseudothérapeutiques

© Fotosr52 / ShutterStock

La Tribune, rédigée par un groupe d'experts composé de puéricultrices, sages-femmes, kinésithérapeutes, diététiciens, orthophonistes, infirmiers, pédiatres, gynécologues, médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens et chirurgiens dentistes, alerte sur la montée en puissance de "médecines alternatives", pratiquées par des "soi-disant thérapeutes sans aucune formation médicale, coachs, formateurs, énérgéticiens, naturopathes, doulas". 

Ces personnes "font fleurir un commerce", de l'assistance à la procréation à la petite enfance, en passant par la grossesse et la naissance, accuse le collectif. "Aveuglés par des croyances qu'ils veulent à tout prix vous faire partager, ils jouent sur vos peurs, vos culpabilités, à coup d'arguments d'autorité, de jargon pseudo-scientifique, d'études fallacieuses", explique le collectif, s'adressant notamment aux parents et aux futurs parents. 

Ils "vous proposent une solution miracle pour tout ce qui arrive à votre enfant, ses pleurs, ses douleurs de ventre, de dents, ses difficultés à téter ou dormir..."

L’ostéopathie, interdite avant 6 mois

L'ostéopathie figure aussi dans la ligne de mire du collectif. "Le recours à l'ostéopathie du nouveau-né et du nourrisson doit absolument être banni, et nous militons contre cette prise en charge de plus en plus systématique au sein des maternités et lors du retour à domicile", indique le collectif. 

Citant le "syndrome de Kiss", "inventé de toute pièces pour justifier des manipulations", le collectif explique que ce syndrome ne "repose sur aucune base diagnostique ni scientifique". 

"Un bébé en bonne santé n'a nul besoin de manipulations : les os et les organes ne se déplacent pas spontanément, ni pendant l'accouchement ni après. Toute manipulation d'un bébé après sa naissance est inutile et peut être dangereuse. Les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois sont d'ailleurs légalement interdites aux ostéopathes, qui ne sont pas des professionnels de santé". 

L'inconfort et les douleurs peuvent en revanche être réglés par des traitements non médicamenteux et sans danger tels que les massages, du portage, et avant tout de la réassurance auprès des parents via des professionnels formés, indique le collectif. 

La section du frein de la langue trop souvent pratiquée

Une autre inquiétude concerne "l'explosion" des freinotomies linguales. "De plus en plus, les difficultés d'allaitement sont abusivement rattachées à un frein de langue trop court et un geste médical précoce est proposé". 

Or, le consensus scientifique international "ne garantit pas l'amélioration de ces difficultés ni ne prévient les troubles du langage, et n'a pas prouvé son efficacité sur les problèmes d'apnée du sommeil, de reflux gastro-oesophagien ou de diversification alimentaire, y compris de manière préventive", rappelle le collectif. 

"Il peut exister des complications locales en termes de cicatrisation voire d'hémorragie et finalement, ce geste présenté comme anodin pourra interférer avec l'allaitement maternel puis l'alimentation de votre enfant". 

Cette intervention est donc, en règle générale, "injustifiée", juge le collectif. 

Aromathérapie, naturopathie, lithothérapie....

Le collectif critique également la montée en puissance de thérapies dites "douces", aux effets parfois dangereux. L'aromathérapie, par exemple, "n'est en rien une médecine douce". "Les huiles extraites des plantes sont très concentrées, ont de vrais effets médicaux, et des effets indésirables dont on ne vous parle pas". "Les bénéfices des huiles essentielles sont plus souvent prétendus que prouvés, et leur qualité n'est pas toujours assurée via un commerce de plus florissant sous prétexte de produit 'naturel'". 

Certaines huiles essentielles contiennent des composés neuro toxiques (cétones, terpènes), peuvent provoquer des fausses couches, interfèrent avec le système hormonal et avec le développement du foetus, rappelle le collectif. La plupart sont d'ailleurs contre-indiquées pendant la grossesse, l'allaitement et chez le jeune enfant jusqu'à 6 ans. 

Même son de cloche sur la pratique de la naturopathie, dont les méfaits potentiels sont détaillés dans un dossier spécifique sur le site du collectif. "Si les conseils concernant les règles simples d'un mode de vie sain (régime alimentaire équilibré, pratique d'un exercice physique régulier, sommeil performant, etc.) ont fait leur preuve pour améliorer la santé, on peut en revanche légitimement se méfier du risque de détournement de la médecine conventionnelle en cas de pathologie grave, ainsi que d'un éventuel retard de prise en charge."

Le collectif juge par ailleurs "inutile", et dangereux le port de colliers d'ambre ( pratique de lithothérapie) chez les jeunes enfants. "Censés aider les dents à sortir sans douleurs, ils sont inutiles et, en France, responsables chaque année d'une trentaine de décès par strangulation. La poussée dentaire est un événement normal dans le développement d'un enfant, et quand elle est douloureuse il existe des moyens bien plus fiables pour la soulager comme le froid, les jouets à mordre, le massage des zones douloureuses ou encore la prise d'antalgiques sur conseil médical".

Rédaction ActuSoins

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