Élections à la Carpimko : l’abstention, grande gagnante

L’élection des administrateurs de la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes (Carpimko) s’est déroulée en ligne, du 22 juin au 6 juillet. L’abstention record est pointée du doigt.

Élections à la Carpimko : l’abstention, grande gagnante

© ShutterStock

Difficile d’aller à l’encontre du constat sans appel des syndicats représentatifs des infirmiers libéraux : le grand vainqueur de ces élections est, sans conteste, l’abstention. Avec un taux de participation à 8,47 %, contre 19,2 % en 2019, les infirmiers sont au plus bas du classement des professions affiliées à la Carpimko.

« Nous espérions une plus grande participation, reconnaît sans surprise John Pinte, président du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), ne cachant pas sa déception. Nous avons eu beau sensibiliser sur l’importance du vote, nous ne pouvons que constater qu’il s’agit de la plus basse participation alors que nous représentons les professionnels les plus nombreux de la Carpimko. »   

La FNI en tête

L’abstention n’empêche pas un vainqueur, et étant donné qu’aucune liste n’a obtenu la majorité absolue des voix, la répartition des postes a eu lieu à la représentation proportionnelle avec attribution des postes non répartis au quotient à la liste ayant obtenu le plus grand nombre de voix.

C’est donc la Fédération nationale des infirmiers (FNI), qui, avec 41.88 % des votes, remporte les trois postes qui étaient à pourvoir au collège des actifs, et l’unique poste à pouvoir au collège des retraités (liste commune à plusieurs syndicats). Désormais, la FNI dispose de 7 sièges sur 8 et le Sniil (22.21 % des voix) en conserve un. Convergence infirmière (23.95 % des voix) n’en a plus, tout comme Infin’Idels et l’Onsil, qui n’en ont jamais eu.


« Comme dans chaque élection, il faut un gagnant, et c’est la FNI, se félicite Daniel Guillerm. Nous ne pouvons qu’être satisfaits car nous élargissons de cette manière, notre socle d’audience. »  Et d’ajouter : « Nous avons fait le choix de mener une campagne qui ne soit pas trop technique car le volet social de la protection des Idels l’est. Mais les professionnelles sont fatiguées de se voir asséner ce type de précisions. Nous avons donc fait un choix simple et efficace. » 

Convergence Infirmière, qui se classe en deuxième position, « est le syndicat qui connaît la plus forte progression, rappelle dans un communiqué, Ghislaine Sicre, la présidente. C’est évidemment une satisfaction de voir que les positions de bon sens et l’écoute des réalités du terrain payent même si en raison du mode d’attribution des postes nous n’avons aucun siège qui sont tous les trois attribués à la FNI. Nous n’aurons donc pas de visibilité directe sur la gestion de la Carpimko ».

Quant à John Pinte, il se dit déçu : « Nous n’avons pas su convaincre. Cela se joue à peu de chose mais sur un taux de participation faible, cela se ressent. » Et de poursuivre : « La FNI est sur un taux plus important que le Sniil en nombre d’adhérents, et Convergence Infirmière, qui n’a pas signé les avenants, rassemble les Idels insatisfaites, peut-être que cela peut aussi s’expliquer de cette manière. »

Les freins à la participation

Pour expliquer l’abstention, plusieurs raisons sont pointées du doigt. Tout d’abord, le vote électronique « qui reste peut-être un frein », tente John Pointe. Et d’ajouter : « Nous avons eu des remontées de terrain nous expliquant que le vote était plus compliqué pour les femmes, en raison de leurs noms de jeunes filles. Il fallait donc faire preuve d’une certaine motivation pour récupérer les codes d’accès. »

Autre analyse : une conséquence sociétale : « Nous observons que la société en général, affiche une plus faible volonté à participer à la vie associative et politique, remarque John Pinte. Il y a une défiance vis-à-vis de tout ce qui représente les instances, et les syndicats en font partie. Chacun se recentre sur sa propre vie, ses aspirations, ses volontés. Le collectif intéresse moins. »

Un constat partagé par Daniel Guillerm. « Nous avons pu observer ce désengagement avec les présidentielles et législatives, rappelle-t-il. Il n’y a pas de raison que notre profession y échappe. Face à la situation, il faut avoir une analyse ″terre à terre″ et contextuelle. La profession est sur les genoux, d’autant plus avec une énième vague de Covid qui se profile. Les Idels sont fatiguées et veulent juste des vacances alors qu’elles sont encore très sollicitées. Le contexte n’était vraiment pas favorable à l’implication de la profession dans ce scrutin. »


Laure Martin

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Résultats des élections pour le Collège cotisants infirmiers

Nombre d'électeurs inscrits : 104 044

Nombre de suffrages exprimés : 8 819

Nombre de suffrages blancs : 121

Nombre de suffrages valablement exprimés : 8 698

Taux de participation : Suffrages exprimés/inscrits : 8,47%

Source : Carpimko

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