Les infirmières et les infirmiers « doivent être davantage protégés »

Comme chaque année le 12 mai, date de naissance de Florence Nightingale, pionnière des soins infirmiers modernes, est célébrée la Journée internationale des infirmières. Que faut-il en attendre ? Howard Catton, directeur général permanent du Conseil international des infirmières (CII) partage son point de vue.  

Howard Catton, directeur général du CII Conseil International des Infirmières

Howard Catton, directeur général du CII   © DR

Quel est selon vous l’enjeu pour la profession en cette journée du 12 mai ?

La Journée internationale des infirmières est une journée importante pour les infirmières du monde entier, une occasion de célébrer nos réalisations et de reconnaître les sacrifices que nos collègues ont consenti à faire pendant la pandémie et dans les lieux de conflits. C'est aussi l’occasion de souligner le besoin urgent pour les gouvernements d'investir davantage pour la profession infirmière, qui est actuellement vraiment en sous-effectif partout dans le monde.

Nous savons que nous avons six millions d'infirmières de moins que ce dont nous avons besoin, et ce chiffre devrait doubler au cours de la prochaine décennie en raison de la retraite anticipée de nombreuses infirmières et de l'impact, encore inconnu, de la pandémie de Covid-19 sur l’engagement des professionnels de santé.

Quelles sont vos attentes pour cette Journée internationale des infirmières ?

À l'occasion de la Journée internationale des infirmières, nous tenons à rappeler que les infirmières doivent être davantage protégées dans le cadre de leur exercice professionnel. Elles sont exposées à un risque élevé de maladies infectieuses au travail et sont de plus en plus soumises à des agressions et à des violences.

Par exemple, alors que les agents de santé représentent moins de 3 % de la population mondiale, ils représentaient environ 14 % des cas de contamination à la Covid-19. Et selon l'OCDE, le secteur de la santé représente désormais l'environnement de travail le plus dangereux en termes d'accidents du travail ; les infirmières étant trois fois plus blessées que les travailleurs de la construction. Elles ne sont pas suffisamment protégées par leurs employeurs, nombre d'entre elles n'ayant pas accès à un équipement de protection individuelle approprié. Elles sont aussi confrontées à un manque de sécurité dans leur environnement de travail. Il faut y remédier.

Pensez-vous que cette journée est l’occasion de faire connaître le métier notamment aux jeunes ?

La pandémie a déjà certainement participé à faire connaître davantage le profil des soins infirmiers auprès du public. Et bien que cette période ait été l’occasion de démontrer les conditions désastreuses dans lesquelles les infirmières ont dû travailler dans la lutte contre la Covid-19, au sein de nombreux pays, le nombre de jeunes candidats à une formation d'infirmière a augmenté.

De toute évidence, la population a constaté l'impact que les infirmières peuvent avoir sur les sociétés, et beaucoup de personnes souhaitent les rejoindre.

Avez-vous des attentes vis-à-vis des Etats concernant la profession ?

Le CII souhaite que les gouvernements réalisent les investissements nécessaires pour que chaque pays dispose du nombre d'infirmiers dont il a besoin. À défaut, les grands projets visant à fournir des soins de santé pour tous resteront insatisfaits. Pourtant, comme nous l'avons constaté pendant la pandémie, la santé de nos populations est une exigence pour des sociétés prospères et équitables.

Propos recueillis par Laure Martin

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L’Anfiide organise aujourd'hui un webinaire sur la santé des femmes

L’Association nationale française des infirmières et infirmiers diplômés et des étudiants (ANFIIDE), membre du CII, organise un événement spécial pour cette journée internationale des infirmières : un webinaire gratuit, de 12h à 13h, dédié à la santé des femmes et des infirmières.

Outre Brigitte Lecointre, présidente de l’Anfiide, interviendront également le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste, militant contre les violences faites aux femmes et aux enfants, ou encore Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes de Seine Saint-Denis.

Inscription : secretariat.anfiide@gmail.com

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Réactions

1 réponse pour “ Les infirmières et les infirmiers « doivent être davantage protégés »”

  1. imerzouken dit :

    Ont parlent toujours des infirmières et infirmiers je rappelle à cette noble profession que les aides soignantes aussi sont les premières victimes du covid car elles ont été en première plan par délégation leurs compétences 3 des ide et qu’elles n’ont pas eut plus d’équipement que d autres dommages que l ont est une profession invisible

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