Solidarité Ukraine : quand les soignants organisent des collectes de matériel

Depuis la déclaration de guerre de la Russie à l’Ukraine le 24 février, un élan de solidarité est en ordre de marche. Et les soignants ne sont pas en reste. A l’initiative d’infirmiers, du matériel médical est acheminé jusqu’en Ukraine via des structures associatives.

A Nancy, cinquante palettes de matériel médical ont déjà été envoyées et vingt autres le seront prochainement, via la Protection civile

A Nancy, cinquante palettes de matériel médical ont déjà été envoyées et vingt autres le seront prochainement, via la Protection civile.  © DR

Dans l’Est de la France, les liens historiques qui unissent Nancy à la Pologne et à l’Ukraine, expliquent en partie ce mouvement solidaire de la part des soignants et des particuliers.

En l’espace de quelques jours, une collecte a été organisée pour des produits de santé avec un dépôt au drive du centre de vaccination.

Actions collectives

« En tant que président du Conseil départemental de l’Ordre des infirmiers, j’ai appelé les soignants aux dons, explique Thierry Péchey, infirmier libéral (idel) et responsable du centre de vaccination de Nancy. En médecine de ville, nous avons de nombreux produits prescrits non utilisés, et les idel ont également du stock de produits et de matériels dans leur cabinet, qui peut être donné. »

L’infirmier a aussi sollicité les présidents départementaux des autres ordres (médecins, pharmaciens, sages-femmes et kinésithérapeutes) qui se sont associés au mouvement.

L’Union nationale des infirmiers diplômés d’Etat (Unidel) est également à l’origine de l’envoi de palettes en Ukraine. « Tout est partie d’une conversation avec l’antenne ″Nord″ d’Unidel, raconte Marieke Motto, la présidente. Une adhérente nous a demandé si nous avions des informations sur la récolte de dons, nous avons alors décidé de mettre en place une action. »

En Rhône-Alpes, elle contacte le président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) infirmiers, et ensemble, ils décident d’agir. « Après avoir sollicité plusieurs associations et je me suis orientée vers la Protection civile », indique-t-elle, précisant avoir échangé avec le responsable régional sur la manière d’organiser la collecte.

Marieke Motto a d’abord commencé par recenser les adhérents d’Unidel acceptant de récupérer les dons pour les acheminer aux points de collecte départementaux de la Protection civile.

Puis, elle a listé les produits de santé pouvant être donnés. « J’ai transmis toutes ces informations à l’URPS, qui a alors informé l’ensemble des infirmiers de la région par email », souligne-t-elle.

Des palettes en direction de la Pologne

Pansements, compresses, bandes, gants, perfusions, atèles, sets, tensiomètres, thermomètres, ECG, fauteuils roulants : tout ce qui peut servir en temps de guerre a été récolté sauf les médicaments.

Des couches, du lait et des jeux pour enfants ont également été demandés et les compléments alimentaires hyperprotéinés, acceptés. « Le matériel nous a été fourni aussi bien par des idel que par des infirmiers hospitaliers ayant passé le message à leur direction, se félicite Thierry Péchey. Nous avons récolté des dons de structures publiques comme privés, de l’Hospitalisation à domicile et de prestataires de services. »

Et d’ajouter : « Les particuliers ont eux aussi été sollicités. Certains gardent du matériel chez eux et n’ont pas hésité à le donner. Cela nous a demander un peu plus de vigilance et beaucoup de tri notamment pour vérifier les dates de péremption. »

De nombreux professionnels de santé ont accepté de travailler bénévolement pour classer le matériel dans les cartons.

A Nancy, cinquante palettes de matériel médical ont déjà été envoyées et vingt autres le seront prochainement, via la Protection civile, qui achemine en Pologne puis en Ukraine.

« Nous avons la certitude que les premières livraisons sont arrivées à destination », assure l’infirmier, reconnaissant qu’il ne s’attendait pas à récolter autant de matériel.

En Rhône-Alpes, un premier convoi est parti début mars et du matériel est de nouveau disponible pour un deuxième convoi. « C’est important pour nous de participer, reconnaît Marieke Motto. Dans nos cabinets, nous avons tous du matériel non utilisé, autant qu’il serve en temps de guerre. Si une telle situation se produisait chez nous, nous serions très heureux que d’autres pays nous viennent en aide aussi. Nous nous imaginons bien à quel point les Ukrainiens sont démunis face à ce qui leur arrivent et cela fait du bien de savoir qu’on peut apporter notre soutien, d’autant plus que cette situation fait peur. »  

Laure Martin

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Réactions

1 réponse pour “Solidarité Ukraine : quand les soignants organisent des collectes de matériel”

  1. DOM 30 dit :

    ALES Dans le Gard 30, l’association AILBA Association des Infirmiers Libéraux du Bassin Alésien, récupère du matériel à pansement à perfusion médicaments produits d’Hygiène pour l’Association Occitanie Ukraine qui sont directement livrés à l’Hôpital de LVIV par des camionneurs Ukrainien déja 96 Palettes livrées 32 en cours de livraison, ON CONTINU

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