Évolution des métiers : une garantie aux droits des usagers

L’Ordre national des infirmiers a organisé le 2 février, un colloque « 20 ans après la loi Kouchner, où en sont les droits des usagers ». L’occasion pour la députée du Loiret, le Dr Stéphanie Rist, de faire un point sur les évolutions nécessaire à la prise en charge des patients, ainsi qu’un bilan du quinquennat. 

La députée Stéphanie Rist et le président de l'ONI, Patrick Chamboredon

La députée Stéphanie Rist et le président de l'ONI, Patrick Chamboredon.© capture d'écran colloque ONI

« Le premier droit des usagers est, selon moi, celui de l’accès aux soins, ce qui implique l’évolution des métiers », a soutenu la députée.

Une déclaration faite une semaine après que le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé, lors d’un autre colloque de l’ONI, le lancement des travaux sur la réforme du décret de compétences des infirmiers, avant la fin du quinquennat.

Depuis 20 ans, la prise en charge a évolué et le parcours de soins des patients peut, dans certains cas, s’être complexifié.

En parallèle, le système français a été frappé de plein fouet par la problématique de la démographie médicale associée à une perte d’attractivité de certains métiers. « Or, si pour moi, le premier des droits des usagers est celui de l’accès aux soins, cela ne veut pas dire, l’accès aux médecins uniquement, a soutenu le Dr Rist. Il s’agit plutôt d’obtenir une réponse à sa demande de soins, peu importe le professionnel de santé, du moment que la prise en charge est de qualité et qu’elle se déroule dans le cadre de soins coordonnés. »


Les actions du quinquennat

La députée a profité de son intervention pour rappeler les mesures qui ont été prises pendant le quinquennat, notamment pour davantage de coopération et de coordination entre les professionnels de santé, à commencer par les encouragements notamment financiers à la création de Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et de Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), ainsi que la labélisation des hôpitaux de proximité.

« Nous avons aussi simplifié, dans le cadre de la loi d’organisation et de transformation du système de santé de 2019, les protocoles de coopération, a-t-elle souligné. Les protocoles nationaux sont voués à être généralisés, et les protocoles locaux à être plus simples à mettre en place. Nous allons avoir accès plus facilement à des délégations de tâches, donc à des modes d’évolution des prises en charge des patients. »

Elle a en outre évoqué la réforme des études en santé, avec le décloisonnement des profils accédant aux études de médecine, la création du service sanitaire, permettant de faire travailler entre eux, les étudiants des différentes filières du champ de la santé - dont la mise en œuvre a toutefois été freinée par la crise sanitaire -, le retrait du concours d’accès aux Instituts de formations en soins infirmiers (Ifsi) et la poursuite de l’universitarisation de la formation.

En parallèle, des avancées sont à noter dans le secteur numérique, avec le déploiement de la téléconsultation pour laquelle « nous voyons l’intérêt d’une coopération entre les professionnels de santé, a-t-elle soutenu. Ces évolutions numériques vont permettre un parcours de soin amélioré. »

L’attractivité des métiers

« L’attractivité des métiers reste encore une question à traiter, notamment pour les professionnels non médicaux, a poursuivi Stéphanie Rist. Nous avons déjà agi, dans le cadre du Ségur, avec les revalorisations salariales pour les infirmiers. On peut certes discuter de savoir si elles sont suffisantes mais elles étaient nécessaires. »

L’attractivité, c’est aussi l’évolutivité des métiers, « ce qui permet de placer l’usager au centre de son parcours de soins, a soutenu la députée. Et la loi que j’ai portée visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification, va dans ce sens car l’objectif est de s’appuyer sur la confiance que l’on porte à nos professionnels de santé, pour augmenter les compétences, notamment dans le cadre de coopérations. » C’est le cas pour les sages-femmes ou encore avec les infirmières en pratique avancée (IPA).


« Toutes ces évolutions affichent la même finalité, à savoir, mieux prendre en charge les patients, a-t-elle ajouté. Et aujourd’hui, l’infirmière peut accéder à des formations de niveau Master, pour faire évoluer l’exercice de son métier et prendre en charge les patients différemment parce qu’elle en a l’envie. C’est un moyen de rendre attractif un métier. Et c’est important pour l’usager, notamment lorsque son accès aux médecins peut être difficile. Il peut ainsi gagner du temps en allant directement chez une IPA. Cela permet aussi de renforcer le travail de collaboration et de coopération, donc l’information de tous les professionnels autour de l’usager. »  

Laure Martin

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