Mobilisation du 16 juin : les infirmiers libéraux solidaires

L’appel à la mobilisation du 16 juin est principalement hospitalier. Mais les syndicats d’infirmiers libéraux sont solidaires des revendications. Il s’agit aussi d’un moyen de dénoncer la faible représentation des infirmiers au Ségur de la santé.

Mobilisation du 16 juin : les infirmiers libéraux solidaires

« Nous sommes solidaires de cette mobilisation », font savoir les trois syndicats représentatifs des infirmiers libéraux.

Lancée à l’initiative de plusieurs collectifs et syndicats paramédicaux et médicaux salariés, cette journée du 16 juin est l’occasion de porter les revendications des personnels soignants des établissements sanitaires et médico-sociaux.

« Nous n’avons pas appelé à la mobilisation nationale mais au niveau local, nos collègues vont y participer », fait savoir Catherine Kirnidis, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), le syndicat se retrouvant parfaitement dans la revendication d’une vraie reconnaissance des professionnels soignants ainsi que dans l’exigence de mesures garantissant l’accès, la proximité et l’égalité de la prise en charge pour la population sur tout le territoire.

Du côté de Convergence infirmière également des infirmiers vont être présents à la manifestation car « soignants libéraux, salariés du privé, hospitaliers, nous connaissons les mêmes problématiques, le même manque d’écoute, la même absence de réponse à nos légitimes revendications », soutient le syndicat.


« Il est clair que le personnel hospitalier, notamment les infirmières doivent obtenir une revalorisation au regard des revenus moyens de la profession, indique pour sa part Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers (Fni). C’est tout à fait légitime d’autant plus avec la crise que nous avons traversée. »

Néanmoins, pour le président de la FNI, le socle de la mobilisation est large et hétéroclite. « Nous avons donc estimé qu’il n’était pas nécessaire, en termes d’actions, de mobiliser la FNI sur le sujet surtout dans ce contexte sensible », ajoute-t-il.

Dénoncer le Ségur de la santé

Pour deux des trois syndicats, cette journée est aussi l’occasion de faire connaître leur mécontentement au regard de l’organisation du Ségur de la santé.

« Certes, il ne faut pas tout mélanger car la mobilisation a été décidée avant même que nous connaissions les détails de l’organisation de cette consultation, rappelle Catherine Kirnidis. Mais il est vrai que nous faire un lien. »

Et de poursuivre : « Cette journée de mobilisation est aussi l’occasion de dire que cela valait bien la peine de nous porter en héros pendant autant de semaines pour que finalement, en dehors de l’Ordre national des infirmiers (Oni) et de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), les organisations infirmières soient absentes des discussions. »

Pour le moment, aucune explication précise n’aurait été donnée aux infirmiers sur leur manque de représentation au Ségur. « Soi-disant que cela ferait beaucoup trop de monde autour de la table, tente Catherine Kirnidis. Les tutelles ont donc préféré passer par l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) et la Fédération française des professions de santé (FFPS). Nous sommes face à une négation de toutes les professions non médicales. Pourtant, il y a quand même des professions de santé autre que les médecins qui font marcher le système de santé ! »

Même constat du côté de Convergence infirmière. « Avec 700 000 infirmières sur le territoire, nous estimons que le Ségur est trop médico-centré », fait savoir Ghislaine Sicre. Et de poursuivre : « Au regard de la crise que nous avons traversée, nous avons démontré que les infirmiers tenaient une place fondamentale dans le système de santé mais pourtant, nous ne sommes pas pris en compte. C’est dommage. »

Convergence Infirmière aurait souhaité des tables rondes par professions avant une mise en commun des solutions proposées car « si on écoute uniquement ce que veulent les médecins, on ne va pas y arriver », ajoute la présidente. Convergence infirmière craint une énième loi sans changement de paradigme, « quelque part cela nous inquiète », soutient Ghislaine Sicre.

Daniel Guillerm ne partage pas ces points de vue. « Que les organisations infirmières ne soient pas représentées au Ségur de la santé nous a, nous aussi, interrogés et le médico-centrisme est fâchant, reconnaît-il. Mais les modalités de concertation permettent à chaque organisation de contribuer aux discussions. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas mélanger la journée du 16 juin avec les questionnements autour du Ségur car les problématiques ne sont pas les mêmes. » 

Laure Martin

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