Le SNPI appelle les infirmiers à la mobilisation le 17 septembre

Le Ségur n’a rien changé  : la colère, le mécontentement et l’incompréhension sont toujours présents au sein de la profession, selon le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI CFE-CGC)  qui appelle les infirmiers à la grève le 17 septembre.

Le SNPI appel les infirmiers à la mobilisation le 17 septembre

Lors de la mobilisation du 14 juillet 2020 à Paris. Cette fois, les actions seront locales © M.S / ActuSoins

« Nous appelons les infirmiers, tous secteurs et tous exercices confondus, à une journée de mobilisation afin de faire entendre notre mécontentement par rapport à nos conditions de travail et notre déception face au Ségur de la santé, fait savoir Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI CFE-CGC. Nous souhaitons effectuer une démonstration dans la rue, sur le terrain, afin d’alerter la population sur nos conditions de travail et faire connaître nos revendications. »

Et les revendications sont nombreuses. Parmi elles : une hausse des salaires, car le Ségur de la santé n’a pas répondu aux attentes.

Avec l’augmentation de 183 euros net par mois pour le public et 160 euros pour le privé lucratif, « le gouvernement estime faire un effort… alors certes, les infirmiers salariés vont être un peu moins exploités mais ils sont toujours sous-payés, dénonce Thierry Amouroux. Nous sommes encore loin de la moyenne européenne. »


Le syndicat revendique une rémunération conforme aux responsabilités et aux compétences de la profession avec une juste rémunération des contraintes (prime de nuit, indemnité weekend), soit 300 euros supplémentaires par mois – en ce basant sur le salaire d’avant Ségur – afin d’atteindre la moyenne européenne.

L’Europe en exemple

Le syndicat plaide également pour des créations de postes afin d’avoir des effectifs proportionnels à la charge de travail et pour une ouverture des lits afin de répondre aux besoins de la population.

« Nous constatons un réel décalage entre la France et l’Allemagne par exemple », pointe du doigt Thierry Amouroux. Dans l’Hexagone, nous disposons de 5.9 lits pour 1000 habitants, alors qu’outre-Rhin, ils en ont 8 pour 1000 habitants. De même qu’en France, le ratio est de 10 infirmières pour 1000 habitants alors qu’en Allemagne, il est de 13 pour 1000.

« Déjà, nous avons un ratio plus bas, mais comme en plus, nos conditions de travail sont dégradées, les infirmiers préfèrent s’installer en libéral et de nombreux postes restent vacants à l’hôpital, ce qui aggrave les sous-effectifs », regrette le syndicaliste, qui s’insurge également contre la reprise des plans d’économie des établissements hospitaliers.

« Les tutelles ne semblent pas avoir tirées les leçons de la crise sanitaire, s’étonne-t-il. Bientôt, nous allons avoir moins de lits qu’en début d’année. »

De même que les soignants sont rationnés sur les gants de protection alors même que la France n’est plus en période de pic épidémique, de son point de vue. « Si demain nous sommes confrontés à une nouvelle crise, nous n’aurons pas de protection, c’est totalement irresponsable de la part du gouvernement, soutient-il. Nous sommes inquiets car nous constatons que la situation risque de nous échapper encore une fois. Nous voulons bien combattre l’épidémie mais nous ne voulons pas avoir à lutter contre un manque de protection en raison d’un gouvernement incapable de gérer la crise. »

Pour toutes ces raisons, le syndicat appelle à des actions locales au niveau des établissements hospitaliers, afin de peser dans les territoires en alertant directement la population et les élus locaux et en comptant sur eux pour faire pression sur le gouvernement.

Laure Martin

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