Retards de diagnostic, arrêts des traitements et reports de dépistages : la dangereuse dégradation de la situation des personnes concernées par le cancer

La ligue contre le cancer alerte sur "la dangereuse dégradation" de la situation des personnes concernées par le cancer. 

Retards de diagnostic, arrêts des traitements et reports de dépistages : la dangereuse dégradation de la situation des personnes concernées par le cancerLa situation tendue des établissements de soin, la fermeture de plusieurs services (radiologie, scanner, etc.) et la hiérarchisation des prises en charge engendrent "des retards de diagnostics mettant en péril de nombreuses vies", alerte la ligue contre le cancer dans un communiqué. "Une réalité qui aura également pour corolaire des traitements plus lourds et plus couteux à l'avenir". 

"Nous savons déjà par exemple que des personnes qui constatent l'apparition d'un grain de beauté ou une boule au sein ne feront pas actuellement la démarche de consulter", explique le Professeur Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, cité dans le communiqué. 

"Cette situation ne peut durer éternellement : un diagnostic tardif c'est évidemment un processus de soin tardif, donc beaucoup plus lourd avec des chances de rémissions inférieures. C'est une réalité concrète terrible pour ces personnes et une difficulté supplémentaire qui se profile pour notre système de santé", ajoute-t-il. 

La Ligue contre le cancer demande que les personnes atteintes de cancer ou nécessitant un dépistage ou une vaccination, intégrant un parcours de soins "rassurant, efficace et disponible". 


Dialogue impossible

Pour les personnes déjà diagnostiquées, la Ligue contre le cancer pointe aussi des problèmes de stress engendrés par les reports, décalages, modifications, voire par l'arrêt temporaires des traitements et l'interruption des soins de support. 

Parmi les changements constatés et souvent problématiques : reports de traitements, substitution de médicaments par voie orale, limitation voire interruption de l'aide à la toilette de certaines personnes seules et âgées, arrêt des soins de kinésithérapie et de la prise en charge de la douleur, interruption du suivi psychologique lorsque les structures n'ont pas mis en place des consultations à distance, impossibilité d'accès à certains soins palliatifs pour les personnes en fin de vie à domicile avec difficulté de ré-hospitalisation en cas d'urgence. 

"Ces situations engendrent de l'incompréhension et des inquiétudes de la part des personnes malades, qui redoutent une moindre efficacité du protocole engagé, la progression ou la récidive de leur cancer. Elles craignent des pertes de chance liées aux reports et modifications des protocoles de leur traitement ce qui déclenche parfois une angoisse de mort", souligne la Ligue contre le cancer.

Quand les aidants deviennent soignants

Les proches aidants sont des victimes collatérales de cette situation et font face à une gestion forcée des soins à domicile, soins curatifs (voire palliatifs) de leur proche malade, constate la Ligue contre le cancer. 

"A cause du confinement, ces aidants sont isolés quand la fin de vie est organisée à domicile. Ils ne disposent pas toujours de matériel médical et de l'accompagnement humain nécessaires, ce qui rend cette expérience traumatisante et douloureuse", explique la Ligue. 

Pire, les aidants doivent parfois remplacer les soignants, y compris pour dans leur rôle technique. "Aujourd'hui, comme tout le monde est en confinement, l'infirmière qui faisait mes soins a passé le relais à mon mari qui a changé mon pansement plusieurs fois", témoigne dans le communiqué, une femme ayant subie une mastectomie. 

La Ligue constate aussi que certaines personnes isolées, souvent âgées, ont dû faire appel à une solidarité non conventionnelle de proximité pour les assister. 

Les malades se sentent isolés...voire abandonnés

Qu'il s'agisse de l'équipe de l'hôpital, du médecin traitant, des infirmiers libéraux ou des aides à domicile, la Ligue constate que les personnes malades souffrent "d'une solitude extrême et d'un sentiment d'abandon."

"Du fait de l'épidémie, certains hôpitaux sont saturés et ne sont pas en mesure de maintenir le lien avec les personnes atteintes d'un cancer. Le médecin traitant, parfois très difficile à joindre, n'est pas forcément en mesure d'identifier et de gérer les effets indésirables des traitements contre le cancer. Au-delà de l'organisation des soins à domicile, les personnes malades du cancer peuvent rencontrer de particulières difficultés dans leurs activités de la vie quotidienne."

Rédaction ActuSoins

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La Ligue contre le cancer demande aux pouvoirs publics la mise en place un plan d'accompagnement pour tous les malades du cancer, notamment :

- Organiser des correspondances régulières avec l'hôpital, par téléconsultation s'il est impossible de faire autrement, afin d'assurer une communication efficace des informations importantes aux personnes malades ; favoriser la bonne observance des traitements ; rompre l'isolement des personnes soignées à domicile et de leurs proches aidants

Former les professionnels ambulatoires (médecins généralistes, professions libérales, etc.) aux spécificités de la prise en charge de la maladie cancéreuse, pour permettre l'accès à des soins curatifs, de support et palliatifs adaptés

- Aux personnes malades, la Ligue transmet un message  « ne vous résignez pas, prenez soin de votre santé, appelez votre médecin et soignez-vous ! »

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