Réforme des retraites : prise en compte de la pénibilité et fin de carrière aménagée pour certains soignants

Une prise en compte de la pénibilité et une mise en place d'une fin de carrière aménagée pour des infirmiers et des aides-soignants du public ont été annoncées hier par le premier ministre, Edouard Philippe, lors de sa présentation des grandes lignes du projet de réforme des retraites. 

© M.S / ActuSoins

"Nous allons étendre et améliorer la pénibilité selon des critères qui seront les mêmes pour tous", a annoncé Edouard Philippe, lors de sa troisième grande intervention sur cette réforme. En donnant l'exemple des infirmiers en catégorie A qui travaillent la nuit, il a assuré que 25% des professionnels AS et IDE pourront partir jusqu'à 2 ans plus tôt, comme le reste des des Français ayant "un métier usant". 

Le hic? Aujourd'hui, les aides-soignants dans le public peuvent partir en retraite à 57 ans, sous conditions. Or, les deux années de remise se calculeraient à partir de l'âge légal universel de départ à la retraite, c'est-à-dire, 62 ans. Les soignants concernés devraient donc poursuivre jusqu'à 60 ans minimum. Soit trois années de plus qu'à présent.

"C'est totalement inacceptable. On ne peut pas être d'accord avec ça", a réagi Patrick Bourdillon, secrétaire général de CGT Santé, dans un entretien accordé au site du quotidien Le Parisien.  


"Le départ anticipé ne se calcule pas uniquement sur ces critères. Les aides-soignants ont des horaires instables et sont mobilisables 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le fait qu'ils soient confrontés à la maladie et à la mort doit aussi être pris en compte", a-t-il ajouté. 

Patrick Bourdillon s'interroge aussi sur le dispositif de financement d'un temps partiel en fin de carrière pour ces personnels, sans perte de revenu. "C'est une bonne chose dans l'absolu, mais qui va être choisi? Et comment?"

Les générations nées avant 1975 pas concernées

Pour l'ensemble de la réforme (voir encadré), le premier ministre a indiqué que les jeunes générations qui entrent sur le marché du travail à partir de 2022 "intégreront directement le système". 

Pour les actifs, "rien ne sera changé pour ceux qui sont à moins de 17 ans de leur retraite, c'est-à-dire sont nés avant 1975 qui auront 50 ans en 2025", a-t-il assuré. 

Pour les autres actifs, la transition "sera très progressive". "Toute partie de carrière effectuée jusqu'à 2025 donnera lieu à une retraite calculée sur les ancienne règles. Seules les années travaillées à partir de 2025 seront régies par le système universel". La première génération concernée est celle de 1975 qui prendra sa retraite "vers 2037". Elle aura "encore 70% de sa retraite calculée selon l'ancien système". 

Rédaction ActuSoins (avec le Parisien et APM)

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Les grandes lignes du projet de réforme des retraites

- Fin des régimes spéciaux : les régimes spéciaux seront supprimés. Le système sera donc universel, commun à tous. Le futur dispositif se fondera sur un système par "points" et non plus sur des trimestres "ce qui fera que le travail paye davantage puisque chaque heure travaillée ouvrira des droits", a estimé Edouard Philippe. Selon le premier ministre, "pour des millions de fonctionnaires la réforme sera une avancée majeure puisque leurs primes leur permettront d'acquérir des droits". 

- Pension minimale à 1000 euros : pour une carrière complète au SMIC. Le minimum de pension "sera garanti par la loi à 85% du Smic dans la durée et évoluera comme celui-ci". Des dispositions seront également prises en faveur des "Français qui ont des carrières heurtées" avec des points alloués pour compenser les périodes de chômage et de maladie ainsi que pour "chaque heure travaillée". Le gouvernement entend compenser la maternité à 100% et accorder à la mère 5% de points supplémentaires pour chaque enfant, ce, dès le premier enfant, ou encore "maintenir et améliorer le système de réversion pour celles qui ont perdu leur conjoint". 

- Départ anticipé : les professionnels qui ont commencé à travailler avant l'âge de 20 ans pourront continuer de partir deux ans avant les autres. Certaines professions "pénibles" sont aussi concernées. 

- Âge "d'équilibre" de 64 ans : si l'âge légal de départ à la retraite est maintenu à 62 ans, le gouvernement compte instaurer un âge d'équilibre de 64 ans en 2027, avec un système de bonus-malus au-dessus de l'âge légal de 62 ans. 

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