Hospices civils de Lyon :  les infirmiers toujours en grève

Ce jeudi 1er août se tenait l’Acte 6 de la grève menée par les infirmières, infirmiers et personnels paramédicaux des Hospices Civils de Lyon (HCL). Leurs revendications, qui sont nationales, peinent à être entendues en plein été, dans un contexte d’effectifs tendus.

Hospices civils de Lyon :  les infirmiers toujours en grève

La mobilisation aux HCL prend différentes formes : die-in (ci-dessus), tractage, déploiement de banderolles, etc. © DR

Les infirmières et infirmiers de Lyon sont à bout. Partie de la grève des urgences à Paris, la grève journalière illimitée et reconductible s’est installée au sein d’un grand nombre de service

Ainsi, à Lyon Sud, une quinzaine de services sont désormais en grève, parmi lesquels la réanimation, l’urologie, la néphrologie, la gynécologie, l’oncologie, la chirurgie digestive, l’orthopédie, la médecine interne, la nutrition intensive, le déchocage, le bloc opératoire d’urgence, la radiologie, le PC sécurité, et les services de rééducation.

Les actions pour faire entendre leur voix sont multiples : tractage auprès des patients devant l’hôpital et à l’intérieur de l’établissement, déploiement de banderoles, slogans et messages sur les blouses, sit-in… Près de 900 courriers viennent d’être envoyés à la présidence de la République, au ministère de la santé et à l’ARS.

Mais il n’est pas si facile d’être gréviste en tant qu’agent des HCL, alors que les personnels se font « assigner » - réquisitionner – afin de répondre au flux tendu et l’obligation d’assurer un service public.

Toujours est-il qu’une centaine de soignants répondent régulièrement présents aux actions, ce qui, selon les chiffres de la direction de Lyon Sud, représente « entre 4,7 % et 5,2% » du personnel.

La mobilisation au sein de l’hôpital Édouard Herriot apparaît comme étant plus généralisée, comme l’observe un élu CGT, dont l’action est commune avec FO : « Plus de la moitié du personnel est en grève, mais souvent ils sont assignés, à cause du sous-effectif. D’autres services sont prêts à se lancer dans la grève. »

Manque de coordination, mouvement étouffé

© DR

D’ailleurs,le mouvement ne s’amplifie pas davantage. Benjamin Berthet, délégué CGT à Lyon Sud, le reconnaît : « Il faudrait créer un collectif qui réunirait les infirmières et les infirmiers – à l’image du collectif Inter-Urgences dont les organisateurs sont des paramédicaux, ndlr - , et  qui nous permettrait de mener des actions communes entre les établissements des HCL. Un acte 7 puis un acte 8 auront lieu, il n’y aura pas de répit tant que nous n’aurons pas obtenu ce que nous demandons», martèle-t-il.

D'autre part, la diffusion des revendications des grévistes n’est pas toujours aisée, comme le note un infirmier qui n’a pas participé au mouvement social« par peur de représailles » : « Chaque unité a confectionné une banderole pour une nouvelle fois, rendre visible la mobilisation soignante. À défaut d’être entendus, ils espéraient être vus. Face à cela, une cadre a arraché et jeté certaines banderoles, d’abord accrochées aux fenêtres de l’établissement le temps d’une photo par la presse locale. Elles ont été ensuite accrochées aux grilles de l’enceinte de l’établissement, mais moins de 24h après, la direction les faisait retirer et éliminer, une nouvelle façon d’étouffer un mouvement qui lui déplait ».

Ce à quoi le directeur adjoint de Lyon Sud, Fabrice Ormancey,répond : « Il n’y a pas de droit d’affichage sur la voie publique, nous avons laissé les banderoles un certain temps, après quoi nous les avons enlevées. Nous ne voulons pas afficher des messages qui pourraient être anxiogènes pour les patients. Certains slogans évoquent que leur vie est en danger, c’est faux. Si les lits sont ouverts c’est que nous sommes en mesure d’assurer le service. »

Et d’ajouter : « Contrairement à ce que les grévistes peuvent avancer, l’hôpital n’est pas en sous-effectif. En revanche, il est vrai que les salaires en France sont plus bas que dans la moyenne européenne, mais les montants des salaires ne dépendent pas de nous, notre marge de manœuvre est donc très limitée à ce niveau. Concernant les conditions de travail, nous avons consacré au mois de juin dernier une enveloppe de 27 000 euros pour Lyon Sud, somme plus ou moins à multiplier par cinq pour les autres établissements des HCL. Cela fait suite à un appel à projets porté par des soignants, comme par exemple la mise en place de salles pour faire du sport ou des fauteuils de massage. »

Si le mouvement de grève est plus édulcoré durant l’été, à l’instar de l’hôpital Édouard Herriot, qui a mis « en pause » le mouvement et les actions depuis début juillet, les syndicats et les grévistes promettent qu’il reprendra de plus belle en septembre.

Guillaume Bouvy

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Les grévistes des HCL demandent notamment

- une augmentation du nombre de lits

- davantage de moyens matériels et humains pour les patients

- un meilleur salaire

- une prime de nuit « décente »

- l’arrêt des retours sur repos et le paiement des heures supplémentaires

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