L’american dream d’une infirmière française

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Partir travailler aux Etats-Unis ? C’est adhérer à un système libéral mais aussi avoir la possibilité de gagner bien mieux sa vie. Claudie Ghalambor, raconte son expérience.

L’american dream d’une infirmière française

Claudie Ghalambor (2ème en partant de la gauche), au sein de l'équipe douleur du St Anthony Hospital dans l'Illinois - DR

Quand Claudie Ghalambor arrive aux Etats-Unis, suivant son mari iranien qui souhaite s’y expatrier, cette infirmière française a lancé ses démarches depuis 6 mois.

« En théorie, on peut tout faire de France », explique-t-elle.

« Tout » signifie la demande d’équivalence auprès du CGFNS, l’organisme américain en charge des infirmières étrangères, le test d’anglais (TOEFL), et une demande spécifique d’équivalence auprès du Board of Nursing de l’Etat où l’infirmière va exercer. En théorie.

Des démarches complexes

Dans la réalité, c’est souvent un peu plus compliqué et prend du temps, avec parfois des aller-retour indispensables pour des questions administratives à régler. Le couple vend donc tout en France, lui a déjà sa place comme interne dans un hôpital.

Reste à Claudie à finir de valider son diplôme d’infirmière. « En tout, ça m’a pris 3 ans ! », informe-t-elle. Mais « quand j’ai fait ma demande en Californie, au bout de six mois, j’ai décroché mon équivalence et j’ai commencé à travailler. » La rapidité de traitement des dossiers dépend des Etats, "il faut bien se renseigner avant de lancer ses démarches", conseille Claudie Ghalambor.

A l’époque, il y a 6 ans, le gouvernement américain sponsorisait encore les « green cards », ces fameux permis de travail, et un flot d’infirmières étrangères arrivaient. Mais depuis 2006, il est beaucoup plus dur de pouvoir s’installer et travailler aux Etats-Unis, à moins d’avoir un visa grâce à son conjoint. « J’ai été la dernière Française à bénéficier de ces conditions favorables », se réjouit Claudie.

Quand elle commence à l’hôpital, détentrice de sa « licence » (son diplôme américain), son anglais est bon, mais il lui manque le jargon. « J’ai été doublée pendant 6 semaines, se souvient-elle. Quand je ne connaissais pas un mot, je demandais. Au bout des six semaines, j’ai demandé deux semaines de plus de suivi, je ne me voyais pas prendre en charge mes 5 patients. Et on m’a accordé ça sans souci ».

La hiérarchie du personnel de santé est plus diversifiée qu’en France. Claudie explique qu’il existe des infirmières comme elles (registered nurse), mais aussi des charge nurse (cadres, ndlr), qui est la référente en cas de problème, des nurse assistant, de purs techniciens aussi etc.

«C’est beaucoup plus compartimenté, et chacun sait exactement ce qu’il a à faire», détaille la Française. Sur l’ordinateur mis à disposition dans les couloirs, elle a accès à tout le personnel en charge du patient, la coordination des soins peut donc se faire en toute transparence.

« une infirmière est payée trois fois plus qu’en France »

Côté salaire, « une infirmière est payée trois fois plus qu’en France », affirme Claudie Ghalambor. Elle cotise pour la retraite, assurance-vie, congés payés… Et elle n’hésite pas à dire que certaines années, avec les heures supplémentaires, les jours fériés travaillés payés plus, elle atteignait la coquette somme de 100 000 dollar annuels.

Les personnels soignants travaillent dans un système libéral. « L’hôpital manque cruellement d’infirmières donc personne n’a intérêt à nous licencier, cela nous procure une sécurité de l’emploi », affirme Claudie.

Pour sa part, elle n’avait pas de contrat.« Si je voulais partir, j’avais deux semaines de préavis, et si je voulais travailler tous les jours, c’était possible. Si jamais une faute est commise, la direction ne va pas licencier, mais plutôt pousser le personnel soignant à démissionner, parce que sinon, elle peut noter des choses négatives sur le dossier de l’employé, et ça peut rendre les choses plus difficiles par la suite pour retrouver un travail. » Une liberté qu’elle a appréciée.

Aujourd’hui, Claudie Ghalambor a arrêté de travailler, mais organise des évènements pour récupérer des fonds afin de prendre en charge les frais pour envoyer gratuitement aux femmes qui en ont besoin, une infirmière à domicile après leur accouchement. Avec un mari médecin, elle reste donc très connectée au monde de la santé. Et ne regrette en rien son expérience aux Etats-Unis, allant même jusqu'à dire qu'elle ne se "verrait pas retravailler en France".

Delphine Bauer

Pour aller plus loin :
Commission on Graduates of Foreign Nursing Schools (pour les démarches administratives)
NCSBN Learning Extension (pour travailler son examen d'équivalence)

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Réactions

14 réponses pour “L’american dream d’une infirmière française”

  1. Nicole dit :

    infimiere DE: nous pouvons vivre et gagner notre vie ou survrivre dans tous les pays du monde , merci au DE français qui vous apprends tout !! , une vielle IDE

  2. Chemissa dit :

    y t il une convention avec l algerie ds ce sens?

  3. Issam dit :

    wa b3aiiiida akhoya ztazane

  4. Iliasse dit :

    Limani Mouna tu fais stage et chomage hhh

  5. Yassir dit :

    wa hamza tahet 3liha hadi

  6. Boussad dit :

    je suis infirmier de sante publique algerien que je doit y faire pour y integer le groupe merci

  7. Limani dit :

    et quand on est marocain avec un diplome polyvalent qu’est ce qu’on fait admin ?!!

  8. Nathalie dit :

    a quand un salaire annuel a 77000 euros??????????????????????????

  9. Maxime dit :

    American dream… Bravo…!!!!

  10. Dalila dit :

    Elle a eut du courage , moi je rêverais d’aller en Espagne mais bon la barrière de la langue me fait peur

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