Rapport de la DREES : la profession infirmière en chiffres

Intitulé « La profession  : situation démographique et trajectoires professionnelles », le rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques fournit un état des lieux sur la situation démographique de la profession et le comportement des infirmiers sur le marché de l’emploi.

L'infirmière de 2009 "ne vieillit pas"

Les 502 500 infirmiers actifs en France représentent la première profession de santé, devant les médecins (209 000) et les pharmaciens (73 000). Le taux de croissance annuel moyen (+ 3,1%) explique un accroissement de la densité.

La profession, essentiellement féminine (à 88%), ne vieillit pas, l’âge moyen étant stabilisé à 40 ans. La plupart des infirmiers (71%) exercent à l’hôpital, très majoritairement dans le public.Par ailleurs, ils se spécialisent de plus en plus. En 2009, 8,5% des infirmiers le sont, la majorité en puériculture.

Le temps de travail déclaré (moyenne temps plein et temps partiel) des infirmiers est passé de 37 heures en 1993 à 35,5 heures en 2008, avec une baisse légèrement plus prononcée après le passage aux 35 heures.


Les effectifs sont inégalement répartis sur le territoire. Les régions du Nord, moins attractives, sont moins bien dotées que celles du Sud. Les régions les mieux pourvues (Limousin, Midi-Pyrénées, Auvergne, PACA et Alsace) comptent près de 1 000 infirmiers pour 100 000 habitants contre moins de 700 dans les régions Ile-de-France, Picardie, Haute-Normandie, Centre et les DOM. Les mesures de régulation pour inciter les infirmiers à s’installer dans les zones sous-dotées cherchent à garantir une meilleure répartition. Néanmoins, les auteurs précisent que « d’autres facteurs influencent la répartition géographique des professionnels (flux de formation, migration…) et peuvent aller à l’encontre de ce phénomène ».

Infirmiers en formation : des quotas non atteints

Depuis la réévaluation des quotas en 2003, on constate un écart moyen de -8% entre les nouveaux entrants en IFSI et le quota national, malgré la hausse des inscriptions en première année (+ 28% entre 2000 et 2008).

Environ 80% des primo-inscrits obtiennent le diplôme 3 ans plus tard. Cette déperdition peut s’expliquer, selon les auteurs, par une baisse de sélectivité du concours : en augmentant les quotas, on sélectionne des étudiants qui n’ont pas les pré-requis.

Après avoir fortement augmenté entre 2000 et 2005 (+ 52%), le nombre de titulaires du diplôme d’Etat est stable avec environ 21 000 diplômés par an.

Trajectoires professionnelles des infirmiers

Le délai de recherche du premier emploi est très court : en moins d’un mois, 3 infirmiers diplômés sur 4 ont trouvé un emploi. Ils sont très peu confrontés au chômage (2%)

2,6% des infirmiers changent chaque année de mode d’exercice. Les libéraux sont moins nombreux à changer que les salariés (1,4% contre 2,8%) et ce sont les infirmiers non hospitaliers salariés d’un établissement pour personnes âgées qui ont la plus forte propension à le faire.

Les infirmiers changeant de région d’exercice entre deux années consécutives sont assez peu nombreux (1,1%) et l’Ile-de-France est la région la plus quittée par les infirmiers.

Les sorties du secteur d’activité sont les plus précoces à l’hôpital public. Cela peut s’expliquer en partie par la possibilité pour les fonctionnaires de prendre leur retraite au bout de 15 ans s’ils ont élevé trois enfants et, ainsi, de cumuler avec un emploi dans le privé ou l’exercice libéral.

Les infirmiers salariés hospitaliers du public cessent leur activité en moyenne à 56 ans, contre 59 dans le privé. L’âge moyen d’entrée dans la profession étant de 26 ans, la durée de carrière des salariés du public peut s’estimer à 30 ans. Une durée de carrière toutefois appelée à augmenter, de façon plus ou moins importante en fonction du choix entre catégorie A ou B.

De leur côté, les infirmiers libéraux quitteraient l’exercice en moyenne à 61 ans. La durée de leur carrière peut s’estimer à 35 ans.

La majorité des éléments chiffrés de ce rapport provenant des fichiers Adeli, dont la mise à jour sont loin d'être exhaustive, plusieurs éléments sont impossible à quantifier, comme l'interruption ou l'abandon de carrière. De même, beaucoup de professionnels ne font pas modifier leur dossier Adeli lorsqu'ils se spécialisent ou changent d'exercice. Des informations à prendre avec prudence, donc, même si les grandes tendances qui se dessinent restent probablement proches de la réalité.

Stéphane Desmichelle

Pour aller plus loin:

La trajectoire infirmière : situation démographique et trajectoires professionnelles. Rapport de la DREES, novembre 2010.

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Réactions

5 réponses pour “Rapport de la DREES : la profession infirmière en chiffres”

  1. cedr1c dit :

    Il est vrai que l’ordre avait été présenté comme capable de remplir cette fonction démographique. or, on voit qu’il s’agit là d’un doublon.
    Pour le reste, cela ne fait que confirmer les constats faits sur le terrain.

  2. cohen dit :

    mais toutes ces ressources statistiques qui permettent courbes, projection, statistiques me disent que nous n’avons pas besoin d’ordre pour nous comptabiliser…..

  3. enfin moi je dit chapeau bas auX FUTUR IDE ET IDE !!!!!!! ils encaissent lourd !!!!

  4. ça ne m’étonne pas !!!! en tant qu’as j’ai pas envie de faire une école d’inf !!!!!

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