Infirmiers anesthésistes: du gaz et des coups, aucune négociation

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Nouvelle journée d’action pour les qui poursuivent la lutte pour l’obtention de véritables négociations. Après avoir envahi les Champs Elysées, les infirmiers anesthésistes ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre sur le trajet qui conduisait le cortège au Ministère de la Santé.

 

 

Infirmiers anesthésistes devant le ministère de la santé Crédit: Jiémel

 

Infirmier est un métier à risques. C'est ce que les IADE ont montré lors d'une nouvelle journée d'action, vendredi 1er octobre. Après avoir envahi, entre autres, la gare Montparnasse au mois de mai, la place de l'Etoile en juin, les infirmiers anesthésistes ont cette fois bloqué la circulation sur l'avenue des Champs Elysées, au niveau du Fouquet's. Encerclé par de solides cordons de policiers, le cortège de 2000 IADE a fini par renoncer au très chic restaurant où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire, le soir des résultats aux élections. Mais les Champs Elysées n'étaient que le début d'une immense partie de chat en plein cœur de la capitale entre les forces de l'ordre et les infirmiers anesthésistes.

C'est ainsi que vers 13h30, une heure à peine après s'être installé sur l'avenue, le cortège a effectué une percée surprise dans le cordon latéral des gardes mobiles. Les centaines d'IADE, vêtus de leurs tenues de blocs, sont donc descendus en trombe sur l'avenue de George V. Objectif: l'Elysée.

C'était sans compter sur la détermination des policiers, bien décidés à empêcher les blouses bleues de passer. Visiblement dépassés par les événements et par les changements de direction incessants du cortège, les forces de l'ordre perdent pied. Un groupe de CRS, devant notre caméra, n'hésite pas à matraquer et bousculer deux infirmières, les jets de gaz lacrymogènes se multiplient sur le trajet, déclenchant l'éclatement du défilé.

Mais les CRS n'apprécient visiblement pas d'être filmés en train de jouer de la matraque, ils attrapent notre caméraman par derrière, essayant de se saisir de sa caméra. Stéphane refuse de lâcher son outil de travail, les policiers le jettent sur le sol, lui écrasent le visage sur le trottoir tout en lui donnant quelques coups de matraques (dont il porte encore les traces sur le visage). Notre cadreur est finalement menotté et installé manu militari sur le trottoir, son matériel et ses lunettes délibérément cassés par les CRS zélés. Les policiers commencent à se rendre compte qu'ils s'en sont pris à un journaliste, ils finissent par lui dire: "vous pouvez porter plainte, seulement c'est vous qui nous avez agressé". Ils prennent ses papiers et lui affirment qu'il sera convoqué.  Ils ignorent que notre caméra a continué de tourner pendant l'interpellation et montre clairement l'absence d'agressivité de notre cadreur, mais aussi qu'une autre caméra, celles de TF1, filmait la totalité de la scène un peu plus loin.

Pas de négociations

Les gardes mobiles ayant réussi à disperser superficiellement le cortège, les infirmiers décident de se rendre en civil et en métro, devant le Ministère de la Santé. Vers 16 heures, les IADE arrivent au compte-goutte avenue de Ségur. Slogans, chants et pique-nique, les IADE attendent patiemment sous la pluie que leur délégation soit reçue par le cabinet de Roselyne Bachelot.  Mais vers 17h30, les négociateurs IADE informent par SMS que les discussions ne peuvent s'ouvrir en raison de l'absence de mandat des membres du cabinet. Il n'en fallait pas plus pour déclencher le foudres des infirmiers anesthésistes, fatigués par six mois de lutte. Une dizaine d'entre-eux commencent à secouer les barrières métalliques installées devant les cordons de CRS.

 

 


Crédit: Jiémel

 

La réaction ne se fait pas attendre, les policiers casqués, sortent les bombes de gaz lacrymogènes. Il ne les rangeront plus beaucoup pendant les heures qui suivront. Quant à la délégation, elle refuse de sortir du bâtiment ministériel tant que les négociations ne s'ouvrent pas. Vers 20 heures, un groupe d'intervention cagoulé est envoyé pour évacuer les élus IADE qui ont utilisé le mobilier de la salle de réunion pour fabriquer des barricades. La fin de cette journée d'action s'est donc finie comme elle avait commencé : pas de négociations, du gaz et des coups.

Leila Minano


Pas de négociations, du gaz et des coups
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