Etre infirmier et formateur vacataire dans un IFSI

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Tous les font appel à des intervenants extérieurs pour compléter les enseignements des équipes pédagogiques déjà en place. Parallèlement, nombreux sont les infirmiers qui souhaitent s’essayer à la formation et partager leur expertise avec les étudiants. Témoignages et conseils de pros.


Etre infirmier et formateur vacataire dans un IFSI institut de formation en soins infirmiers

© IStock

« L’IFSI pour lequel j’interviens régulièrement a d’abord contacté le réseau d’éducation thérapeutique où je travaille. L’équipe pédagogique de l’IFSI cherchait une infirmière pour se charger d’enseigner aux étudiants le montage d’une éducation thérapeutique, puis pour développer le concept. Comme j’avais une certification en éducation thérapeutique et que je correspondais au profil recherché, le réseau m’a sélectionnée, puis m’a proposé ces interventions » explique Marie-Delphine Gensollen-Ambrosetti, infirmière en éducation thérapeutique dans les Bouches-du-Rhône.

Si les IFSI font souvent appel à leurs réseaux pour trouver des intervenants extérieurs, comme c’est le cas pour Marie-Delphine Gensollen-Ambrosetti, ils acceptent aussi les candidatures spontanées.

« Je reçois des Curriculum Vitae toutes les semaines. Ça va de la psychologue qui veut participer aux entretiens de sélection ou assurer des interventions en psychopathologie, à l’infirmière qui vient de passer son Diplôme Universitaire en Douleur ou en Hygiène, au médecin qui, à l’approche de la retraite se voit bien diversifier son activité » explique Thierry Joutard, directeur de l’IFSI de la CRF de Nantes.

Des propositions qui seraient « toujours » accueillies avec bienveillance et étudiées avec sérieux par ce directeur et son équipe de cadres.

« Par exemple, je n’ai pas, dans mon équipe de formateurs d’ expert dans le domaine des plaies et de la cicatrisation. Si une infirmière extérieure me propose son expertise, je la fais intervenir ! » ajoute Thierry Joutard.

Pour une complémentarité Cadre / Intervenant extérieur

 Au-delà de l’expertise dans un domaine précis, indispensable à toute intervention dans un IFSI, ce sont les qualités de terrain qui sont appréciées des cadres formateurs et des étudiants.

« Nous avons souvent une grande estime des intervenants extérieurs » témoigne Camille, une étudiante en soins infirmiers de deuxième année. « Ils nous apportent le côté pratique et le vécu. Si l’intervention pratique est bonne, elle facilite la compréhension de la théorie apportée par les formateurs permanents » ajoute la jeune femme.

Mais n’est pas compétent en pédagogie qui veut. « Il faut être à l’écoute des étudiants, être patient, proposer des interventions dynamiques en alternant les méthodes pédagogiques » conseille Stéphane Bretel, cadre infirmier formateur à l’IFPP de Dreux.

Ne pas être trop ambitieux dans les savoirs à transmettre, ne pas attendre des étudiants qu’ils deviennent experts dans le domaine abordé… Pour les cadres qui accueillent ces formateurs occasionnels, le cahier des charges doit être respecté. Le vacataire doit connaître et comprendre le projet de l’équipe qui l’a sollicité.

D’où « l’importance de soigner sa préparation » explique Hélène Chaput, cadre pédagogique. « Il faut tenir compte du temps imparti, de la place du cours dans le programme, des informations, des concepts ou processus de soins fondamentaux qui doivent être défendus ».

Une hétérogénéité des statuts et des salaires

Côté salaire, le formateur extérieur, qui intervient en dehors de son temps de travail serait payé environ 25 euros brut de l’heure et un peu plus s’il préfère facturer. Mais cela varie d’une région à l’autre, d’un IFSI à l’autre.

Les agents de la fonction publique hospitalière, eux, peuvent être amenés à prodiguer des enseignements sur leur temps de travail et dans l’IFSI de leur CHU, et donc être libérés une journée pour cela, sans contrepartie financière. Dans le privé, cela arrive aussi, mais moins fréquemment.

« Cela reste négociable et les pratiques sont très hétérogènes» explique Thierry Joutard. « Quand vous avez un expert dans un domaine donné extrêmement précieux et rare, il peut y avoir négociation. Ce n’est pas la pratique la plus répandue mais elle existe. Nous avons un budget à tenir et ne pouvons pas nous permettre de faire n’importe quoi ».

S’il avait un conseil à formuler, le directeur de l’IFSI de la CRF de Nantes, dirait simplement aux infirmiers qu’il faut « oser prendre contact ». « Je ne refuse jamais un entretien avec une personne qui mène un projet de formation » conclut-il en guise d’encouragement.

Malika Surbled
Article paru dans ActuSoins Magazine (n°19)

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Martine Sommelette, présidente du CEFIEC

Alors que certains professionnels souhaitent simplement intervenir ponctuellement, d’autres envisagent d’intégrer pleinement une équipe pédagogique.

Entretien avec Martine Sommelette, présidente du CEFIEC (Comité d’Entente des Formations Infirmières et Cadres)

Quelles sont les conditions pour intégrer une équipe pédagogique dans un IFSI et donc devenir cadre formateur ?

Pour être formateur dans les IFPP, la réglementation impose que l’on soit cadre de santé et issu de la filière dont on assure l’enseignement. Néanmoins, dans certains cas et lorsqu’aucun cadre ne se présente ou n’est disponible, les directeurs sont amenés à recruter des professionnels qui s’inscrivent dans un Institut de formation des cadres de santé (IFCS) et s’engagent à le devenir dans les deux ou trois années suivantes.

Certains professionnels préfèrent suivre des parcours universitaires plutôt qu’une formation en IFCS. Pourraient-ils trouver leur place dans une équipe en IFSI ?

À l’heure actuelle, si ces personnes n’ont pas le projet d’intégrer un IFCS, et même si elles sont titulaires d’un master voire d’un doctorat, cette embauche n’est pas conforme à la réglementation. Avec l’ouverture de ces filières parallèles aux infirmiers, nous nous interrogeons néanmoins sur l’évolution des structures de formation.
De quelles équipes et de quels formateurs a-t-on besoin dans les IFSI ? Les courants de pensées, les raisonnements et les réflexions à ce sujet sont très variés.

Quel est votre positionnement ?

Au niveau de la formation en IFSI, il me paraît essentiel de garder l’aspect professionnalisant de la formation des futurs infi rmiers. Il est important que les formateurs soient issus de la filière infirmière. L’intérêt des cadres de santé, c’est qu’ils sont à la fois compétents dans l’accompagnement des étudiants et dans l’ingénierie pédagogique. Plutôt que de viser un master différent pour ensuite enseigner, notre association revendique depuis plusieurs années la réingénierie de la formation de cadre avec une validation Master. Cela attirerait peut-être davantage les personnes qui s’orientent différemment mais qui visent pourtant la même fonction.

Propos recueillis par Malika Surbled

 

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Réactions

11 réponses pour “Etre infirmier et formateur vacataire dans un IFSI”

  1. moi aussi ça m’interrese je fais partie des jury pour les mémoires médecin étranger et IDE , j’aimerais être formatrice mais sans passer le dîplome de cadre , c’est dommage que je ne puisse pas faire ce que j’aime , je suis aussi référente des élèves IDE dans mon équipe en psy ! c’est bénéfique et enrichissant !

  2. Noé Mie dit :

    Ce n’est pas possible partout! Beaucoup d ifsi demandent le diplôme de cadre pour être formateur… à la limite on peut dispenser un cours sur un sujet donné mais pas plus, même avec une expérience de formateur paramédical ailleurs….

  3. solange granier dit :

    Le CEFIEC c’est pas le truc qui gère la formation IDE de A à Z ?

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