Black Friday et grève des infirmières libérales : les hôpitaux craignent l’affluence

A l'appel de tous les syndicats représentatifs (CSMF, FMF, SML, MG FRANCE et Le BLOC), bon nombre de de médecins, mais aussi d'infirmières libérales ont annoncé une grève massive des soins, vendredi 13 novembre. Du côté de l'hôpital public et des ARS, l'inquiétude monte.

Une affiche qui ne risque pas d'apaiser le conflit public-privé

Une affiche qui ne risque pas d'apaiser le conflit public-privé

Le point de la FHP - 13 novembre - Environ deux tiers des cliniques et hôpitaux privés sont touchés à des degrés divers par le mouvement de grève des médecins et praticiens hospitaliers libéraux. « Les cliniques sont ouvertes et assurent la continuité des soins sur l'ensemble du territoire, notamment dans les services d'urgences et les maternités, où des réquisitions ont eu lieu de la part des Agences régionales de santé (ARS) », explique Lamine Gharbi, président de la FHP. « Toutefois, dans de très nombreux établissements, nous constatons que le mouvement est fortement ou très suivi, parfois à 100%, comme à Toulouse.  Les opérations qui n'étaient pas urgentes ont donc été déprogrammées depuis plusieurs jours et ont été reportées à une date ultérieure », précise Lamine Gharbi.

Tous entendent témoigner leur opposition au projet de loi de Santé et notamment à la généralisation du tiers payant prévue pour 2017.

Dernier ralliement en date : la Conférence nationale des présidents de conférence médicale d'établissement (CME) de l'hospitalisation privée a appelé les médecins libéraux travaillant dans les cliniques à cesser leur activité à compter de vendredi, afin de marquer leur opposition à certaines dispositions du projet de loi de santé.

La grogne du privé...

De son côté, la Fédération de l'hospitalisation privée soutient ce mouvement et dénonce "le caractère destructeur de ce projet de loi" qui a pour but, selon elle, de "tuer, sous le prétexte de la 'réformer', la médecine libérale en la mettant sous la coupe réglée de l'Etat" et de "marginaliser le secteur hospitalier privé, à travers un lent processus d'éviction des missions de service public".

"Seules les cliniques, dont les médecins ne pratiquent pas de compléments d'honoraires, pourront intégrer le futur service public hospitalier (SPH)", s'indigne la fédération.

"Mais les cliniques n'ont aucun moyen de réguler cette pratique des médecins libéraux que l'Etat lui-même autorise depuis 1980 par le biais de la convention médicale", souligne-t-elle.

Elle rappelle également que le projet de loi prévoit que seules les cliniques disposant de services d'urgences privés pourront aussi faire partie du SPH. "Or, des menaces très concrètes pèsent dans plusieurs régions sur de nombreux établissements privés qui risquent de se voir retirer brutalement leurs autorisations de services d'urgence", s'inquiète-t-elle.

La colère gronde aussi face aux mesures financières accordées au public : plan d’action de 250 millions d’euros pour soutenir l’activité médicale dans les hôpitaux publics, déblocage de 80 millions d’euros pour les urgentistes il y a quelques mois,...

... et la réponse du public

En réponse, la Fédération Hospitalière de France (FHF) indique que « les hospitaliers publics seront sur le pont pour prendre soin des Français ». « Ils répondront présents et assureront leurs obligations malgré les difficultés, malgré le plan d’économies qui les frappe de plein fouet et malgré les injonctions contradictoires des pouvoirs publics qui leur demandent chaque jour de faire plus avec moins. Ils répondront présents car telle est leur mission et telles sont leurs valeurs », rajoute-t-elle.

« Les Français constateront que décidément, non, un hôpital ce n’est pas la même chose qu’une clinique, car un hôpital, lui, ne ferme pas ses portes ni ne sélectionne ses patients au gré des humeurs de ses dirigeants ! », conclut la FHF qui invite les hôpitaux à placarder qui mettra certainement de l'huile sur le feu : " A l'hôpital, c'est une journée comme une autre et nous seront là pour vous. Votre santé, c'est notre priorité. C'est d'abord cela le service public".

Quant aux ARS, elles annonçaient prévoir des réquisitions à la chaîne...

Cyrienne Clerc, avec Pourquoidocteur.fr, APM

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Réactions

4 réponses pour “Black Friday et grève des infirmières libérales : les hôpitaux craignent l’affluence”

  1. Morgan Ou dit :

    Ils peuvent venir les patients y’a pleins de lits a l’hôpital!!

  2. Bien heureuse d’être de repos ce vendredi car lors de la dernière grève c’était absolument l’affluence , et aucune envie de vivre cela.

  3. Mais c’est bien le but dans un sens. Je suis désolée pour les services d’urgences qui vont se retrouver surcharger, mais notre seul moyen de pression est là ! Par chez moi, les services d’urgences ont déjà pris les devants en augmentant les effectifs. C’est pourtant illégal…

  4. Master Thief dit :

    La FHF…quelle démagogie, dans les propos….

    “Votre santé, c’est notre priorité.”

    Ouais, j’en parlerais à mon cheval.

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