Les infirmières libérales au coeur d’un “Prado” plaies chroniques

L'inclusion des premiers patients dans le programme d'accompagnement du retour à domicile (Prado) "plaies chroniques" doit commencer en décembre, a indique le Dr Odile Rames, de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts).

Les infirmières libérales au coeur d'un "Prado" plaies chroniquesMédecin référent des programmes Prado au sein du département de la coordination et de l'efficience des soins de la Cnamts, elle s'est exprimée lors d'un colloque sur les escarres organisé par le Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem).

La Cnamts a déjà lancé des programmes Prado pour la maternité (en 2010), l'orthopédie (2011), l'insuffisance cardiaque (2013) et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), mai 2015. Un Prado "personnes âgées" est en cours de lancement.

Ce nouveau Prado porte sur trois types de plaies : les escarres, les ulcères veineux de jambe et les plaies du pied diabétique.

Le principe est le même que dans les précédents programmes. L'équipe médicale de l'établissement de santé décidera si le patient est éligible ou non au Prado. Un conseiller de l'assurance maladie proposera au patient, en vue de sa sortie, de lui organiser de premiers rendez-vous avec des professionnels de santé libéraux de son choix.

Parcours de soin recommandé

Pour les plaies chroniques, il s'agira du médecin traitant et d'une infirmière libérale. Le "parcours de soins recommandé" comprendra, dans la semaine suivant la sortie, une consultation avec le médecin traitant et une visite de l'infirmier, puis une visite "bilan" avec le médecin traitant au cours du deuxième mois. Le suivi au titre du programme pourra durer jusqu'à six mois, a détaillé Odile Rames à l'APM en marge du colloque.

Le Prado "plaies chroniques" a été développé par la Cnamts en association avec la Société française et francophone des plaies et cicatrisations (SFFPC), des diabétologues, ou encore des médecins vasculaires, a-t-elle indiqué.

L'une des principales nouveautés sera l'organisation d'un "recours optimisé à l'expertise" pour "tous les patients qui le nécessitent". Pour les trois types de plaie, des experts, principalement hospitaliers, ont été identifiés.

En fonction du type de plaie et de critères d'évolution défavorable ou de gravité, l'équipe hospitalière peut décider de faire intervenir l'expert dès la sortie de l'établissement. Si ce n'est pas le cas, le médecin traitant et l'infirmier libéral pourront aussi le solliciter ultérieurement.

De plus, des outils d'aide à la prise en charge et de diffusion des bonnes pratiques ont été conçus pour ce programme, et dématérialisés. Ils sont en cours de validation par la Haute autorité de santé (HAS). Les professionnels peuvent notamment télécharger une application mobile pour téléphones et tablettes intitulée "E-mémo plaies chroniques". Un document équivalent sera mis en ligne sur le site de l'assurance maladie Ameli.fr.

Une formation en "e-learning" sur la prise en charge des plaies chroniques sera proposée par la SFFPC. Des outils d'éducation pour chaque type de plaie ont également été développés pour les patients et les aidants.

Le réseau de l'assurance maladie a commencé à préparer l'expérimentation avec des établissements de santé et des professionnels libéraux. Les premières inclusions de patients sont attendues en décembre, a précisé Odile Rames à l'APM.

Une dizaine de sites pour démarrer

La liste des établissements de santé participants n'est pas définitive, mais pour l'heure, elle compte une dizaine de sites:

- les CHU de Grenoble, Montpellier, Nancy, Strasbourg et Toulouse, les Hospices civils de Lyon (HCL; Edouard-Herriot, Lyon Sud) et l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP; La Pitié-Salpétrière, Tenon, Rothschild)
- les centres hospitaliers de Cayenne, Compiègne et Paimpol
- la clinique Pasteur de Toulouse.

A terme, la Cnamts envisage l'inclusion d'environ 200.000 patients par an. Parmi les objectifs figure une réduction de 10% des durées de cicatrisation les plus longues.

Si les résultats sont atteints, cela doit permettre des économies de l'ordre de 100 millions d'euros d'économie par an sur les seuls soins de ville (sans compter les hospitalisations ou les transports).

Source APM

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Réactions

9 réponses pour “Les infirmières libérales au coeur d’un “Prado” plaies chroniques”

  1. avec les programmes prado on ne se fait pas payer par la sécu..il faut envoyer par courrier des feuilles de soins spécifiques directement au programme prado (impossible de télétransmettre). Encore une usine à gaz.

  2. Marie Hivert dit :

    Encore un truc qui va coûte cher à la communauté et qui ne sert à rien. j ai eu des patients du prado orthopédie. La patiente à été outre de la façon que cela a été fait. Surtout qu’elle était capable de se débrouiller toute seule !!

  3. Je me demande pourquoi j ai fais les DU plaies et cicatrisation et paramédical de diabetologie….

    Bientôt des logiciels sur les portables .. Tu prends la photo, décris les signes tout seul et le logiciel te dis quoi faire…..
    Ça existe déjà sur les courses en solitaire transatlantique… Vous savez la ou il y a des bateaux construis et payés par de grandes mutuelles

    • ça existe déja. Cela dit c’est plutôt pratique des fois quand il s’agit de prescrire d’autres pansements. ça permet d’avoir un mémo sur les produits existants, taille et puis bah le nom. J’ai participé à une formation sur les plaie par l’OGDPC, et la formatrice nous avait recommandé un logiciel et bon, bah finalement sans être “exhaustif” il est utile parfois. Plus que les fascicules des labos.

  4. une facon détournée de pratiquer du salariat déguisé et de détourner la collaboration médecin traitant-infirmier libéral.

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