Nouveau D.U en Sciences infirmières : un pas de plus vers la recherche paramédicale.

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Actuellement en France, il n’existe pas de cursus identifié en Sciences Infirmières comme au Canada ou en Suisse. L’université de Limoges, en partenariat avec l’Institut Universitaire de Formation et de Recherche en Soins de Lausanne, propose à partir de janvier 2013 un Diplôme Universitaire en Sciences infirmières et en recherche paramédicale. Cette formation devrait permettre de faciliter l’intégration progressive des diplômés infirmiers et paramédicaux dans un master puis dans un doctorat en Sciences Infirmières.

Nouveau D.U en Sciences infirmières : un pas de plus vers la recherche paramédicale.S’initier à la recherche

« Lorsqu’il y a 4 ans la question de la recherche a émergé, nous avons constaté beaucoup de timidité et de pudeur de la part des paramédicaux. Les soignants se demandaient s’ils seraient capables de faire de la recherche. On se rend compte maintenant que c’est tout à fait possible. Voire indispensable ».

Le Dr Marin est responsable pédagogique D.U en Sciences infirmières au CHU de Limoges. En janvier 2013, il ouvrira cette formation, inédite en France. Sans réel cadre conceptuel, la discipline des sciences infirmières reste en général très abstraite pour la communauté soignante.

Pour Pascale Beloni, cadre supérieure de santé et coordonnateur pédagogique associé, il s’agit d’apporter une légitimité et une crédibilité aux projets infirmiers. « Pour l’instant, les sciences infirmières n’ont pas de champ propre. Elles s’accrochent sur d’autres champs comme celui de la médecine, de la psychologie ou des sciences humaines en général. Nous essayons de construire cette discipline autrement à travers des projets de recherche et d’essayer d’identifier ce qui nous est spécifique » explique-t-elle.

Alors que depuis 2009, les infirmières ont la possibilité de se faire financer des programmes de recherche (avec le PHRI puis le PHRIP*, lancé par le ministère de la santé de l’époque), une centaine de dossiers sont déposés chaque année.

À Limoges par exemple, 3 projets sont en phase d’inclusion : une étude sur la forme d'assiette la plus adaptée pour les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, une mesure des bénéfices de la musicothérapie sur la douleur lors des changements de pansements et un projet de prise en charge des enfants porteurs de poches urinaires aux urgences pédiatriques. Ailleurs en France, de nombreux autres programmes initiés par des infirmières ou par du personnel paramédical ont été validés ces 3 dernières années.

« Pour en arriver là, il faut avoir de solides bases. Il faut savoir construire un projet. Le mûrir. Le présenter et se le faire financer – certains projets demandent un financement de plus de 50000 euros, ndlr - . Un Diplôme Universitaire pourra permettre aux infirmières d’acquérir ces bases, mais aussi, pour celles qui ont obtenu un D.E avant 2012, d’acquérir des crédits ECTS - unités d’enseignements - leur permettant d’intégrer un master, puis un doctorat » explique le Dr Marin.

Un programme accessible

Le D.U est ouvert aux infirmières justifiant d’une expérience professionnelle, mais aussi aux autres paramédicaux qui s’intéressent aux sciences infirmières et aux jeunes diplômés qui souhaitent évoluer sans avoir à sortir de leur champ propre.

« Les jeunes DE connaissent le système universitaire puisqu’ils font partie de la réforme LMD. Ce D.U leur permet de les mener vers un véritable cursus et non de se limiter à la psychologie ou à la sociologie» explique Pascale Beloni. L’enseignement dure 6 mois, à raison d’une session de 2 ou 3 jours par mois.

Au programme, les participants étudieront la méthodologie de recherche, le droit, l’éthique, la qualité des soins et la gestion des risques. En fin d’année, ils soutiendront un mémoire dans lequel ils devront expliquer une problématique de terrain et envisager une méthode à appliquer pour la résoudre.

Il est à noter qu’en France, il existe aussi un master en sciences cliniques infirmières. Proposé par l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) en partenariat avec l’Université de Marseille Méditerranée, l’enseignement est accessible en formation initiale et continue depuis 2009.

Malika Surbled  

*Le PHRI (Programme Hospitalier de recherche infirmière) s’est ouvert aux autres paramédicaux en 2010, devenant le PHRIP (Programme Hospitalier de Recherche Infirmière et Paramédicale).

Intéressés par le DU ?

Adressez une lettre de motivation et un C.V à la scolarité de la Faculté de Médecine de Limoges, à l’attention du responsable pédagogique du DU. Adresse : 2 rue du Dr Marcland 87025 Limoges. Les candidatures restent ouvertes jusqu'en janvier.

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Réactions

14 réponses pour “Nouveau D.U en Sciences infirmières : un pas de plus vers la recherche paramédicale.”

  1. quichou13 dit :

    pk pas de mention du master en sciences cliniques infirmières?

  2. bergerdascia dit :

    Je rejoins tout à fait notre amie Brésilienne. Dans beaucoup de pays ou la discipline infirmière existe le cursus universitaire est installé avec le Master et le doctorat en sciences infirmières. En France, notre profession est aujourd’hui dans un tournant qui je l’espère verra très vite la création de la discipline infirmière. Alors en attendant, il est important de se former aux méthodes de recherche et de se questionner sur nos pratiques pour développer nos savoirs et nos compétences pour des soins reposant sur les connaisses acquises par la recherche. Limoges a donc eu l’initiative de ce DU mais aussi Bordeaux qui ouvre dès janvier 2013 un DU recherche en Sciences Infirmières sous la responsabilité de l’Institut de Santé Publique de d’Epidémiologie de L’université Bordeaux Ségalen et en partenariat avec la faculté des Sciences Infirmières de MONTREAL..

  3. Ti dit :

    bravo à tous ceux qui, par le biais de leurs recherches améliorent le quotidien et ce, dans tous les domaines !

  4. pinho dit :

    Je suis infirmière de nationalité brésilienne et je vis en France depuis un an. Je suis en parallèle un master en sciences infirmières au Brésil. Au contraire de ce qu’on peut penser, l’exercice de la recherche n’est absolument pas écarté de la pratique de soins. En effet, le quotidien de soins fait émerger de questionnements, et la recherche sert justement à les répondre, en produisant des données probantes à notre pratique professionnelle. Si la pensée des infirmiers français n’évolue pas vers l’appropriation d’un savoir scientifique, la profession n’évoluera pas non plus. Bas salaires, surcharge de travail, pauvre reconnaissance de nos compétences. C’est vraiment dommage. Il faut regarder plus loin, le monde nous présente d’expériences réussies de travail infirmier liées à la recherche infirmière. Bravo à l’initiative de Limoges! J’espère que le master et le doctorat infirmier arriveront vite en France.

  5. mandragore dit :

    Des t^tes pensantes ?

    Parce que les IDE ne sont pas capables de penser ?

    Et des t^tes pensantes qui vont nous dire quoi ? Ce dont on manque dans les services c’est avant tout de personnel soignants. Il y a suffisamment de gens payés grassement pour penser à notre place et nous pondre tout un tas de stupidités inapplicables.

  6. Annaig dit :

    dans une équipe ,il faut toujours des têtes pensantes pour ceux qui sont sur le terrain!!

  7. Mathieu dit :

    moi non plus je n’y vois aucun intérêt, c’est pas ça qui fera avancer le schmilblick, des DU il y en a déja à la pelle et ça nous coûte plus au final que ce que ça nous rapporte… et la recherche infirmière ça permet de payer des gens à rien foutre au lieu d’être dans les services à faire du vrai boulot.

  8. Mathieu dit :

    moi non plus je n’y vois aucun intérêt, c’est pas ça qui fera avancer le schmilblick, des DU il y en a déja à la pelle et ça nous coûte plus au final que ce que ça nous rapporte… et la recherche infirmière ça permet de payer des gens à rien foutre au lieu d’être dans les services à faire du vrai boulot.

  9. Anonyme dit :

    Je plaisante ! c’est mon snobisme d’ex parisienne qui remonte parfois !
    Hamida, dans ta pratique, jamais tu te dis: ” Mais bordel, ça, ça n’a pas été pensé par des infirmiers, sinon ce serait mieux foutu”? La recherche infirmière c’est pour que ce soit des infirmiers qui pensent leur pratique, dans tout les domaines.

  10. Cédric dit :

    pourquoi? Limoges c’est une super ville… lol!! non sans rire c’est un cadre super et la bas au moins adieu les turbulences de la vue parisienne…. hihi. Sinon pour etre sérieux c’est génial ce DU les infirmiers commencent enfin a être considérer à l’égal de leur confrère du milieu médical. Vivement la mise en place d’un Master en science infirmière et soyons fou le doctorat par la suite…

  11. Hamida dit :

    Ok, mais je vois pas l’intérêt ??

  12. Anonyme dit :

    Très bien de se diriger vers la recherche infirmière ! Par contre, c’est Limoges qui me tente moins.

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