Du coton et de la gaze stérile contaminés au glyphosate
Cet herbicide "cancérogène probable" du géant américain Monsanto, produit plus connu sous le nom commercial de Roundup, est présent dans 100% des cas pour les cotons et gazes stériles, selon une étude argentine.
L’étude réalisée par l’EMISA (Espace multidisciplinaire d’interaction socioenvironnementale) de l’Université argentine de La Plata s’est penchée sur la présence de cet herbicide, classé comme “cancérogène probable” en mars 2015, par le Centre international de recherche sur le cancer (IARC) et le bureau de l’Organisation mondiale de la Santé pour la recherche sur le cancer.
Des tests ont été pratiqués sur des serviettes et tampons hygiéniques, du coton et de la gaze stériles dans les points de vente argentin. Très loin de l’hexagone, certes, mais nous importons notre coton de pays où le glyphosate est utilisé !
La majorité de la production de coton dans le monde (68 %) et tout particulièrement le coton américain (96 %) et indien (95 %) est transgénique, résistant au glyphosate ou aux insectes. Le champ reçoit une fumigation de cet herbicide quand le cocon du coton est ouvert. Tous les herbes sont détruites mais le coton, résistant au produit est sauvegardé. Le glyphosate se condense donc dans le coton.
Des résultats inquiétants
“85% de tous nos tests sont positifs pour le glyphosate et 65% pour son dérivé, l’AMPA. Mais pour les cotons et les gazes, le pourcentage est de 100%”, explique le professeur de chimie Damian Marino, membre de l’EMISA.Selon leur étude, également 85% des tampons et serviettes hygiéniques contiennent cet herbicide puissant dont la ministre française de l’Ecologie Ségolène Royal disait, en juin dernier, vouloir interdire la commercialisation.
En termes de concentrations, dans le coton normal, l’AMPA est présent à raison de 39 parties par milliard (ou ppb /part per billion), le glyphosate à raison de 13 ppb, dans la gaze, le glyphosate est retrouvé à raison de 17 ppb.
“Les résultats de ces recherches sont très inquiétants. Quand on utilise des gazes et du coton pour guérir des blessures, où pour un usage intime, on croit qu’il s’agit de produits stérilisés et, en fait, ils sont contaminés avec une substance cancérogène”, affirme le docteur Medardo Avila Vazquez, référent du réseau des médecins des Peuples contaminés.
“Ce pesticide ne s’accumule pas dans l’organisme mais les expositions répétées peuvent perturber le métabolisme humain”, analyse, pour Ouest France, le docteur Laurent Chevalier, attaché au CHU de Montpellier et chef de l’Unité de médecine environnementale. “Nous nous sommes aperçus lors de tests urinaires que 43% des personnes examinées présentaient du glyphosate, au moins à l’état de traces”.
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