Sylvie, infirmière d’éducation thérapeutique

Sylvie Hillion est référente au Centre Hépato-Biliaire de l’hôpital Paul Brousse à Villejuif. Chaque jour, elle conseille, informe et oriente les patients atteints par cette pathologie.

Sylvie Hillion, infirmière d’éducation thérapeutique

Sylvie Hillion, infirmière référente hépatite C à l’hôpital Paul Brousse - © M.Surbled

Elle est de celles qui ont lancé l’éducation thérapeutique comme activité infirmière. Sylvie Hillion en a d’ailleurs fait son métier. « Cela représente une véritable richesse sur le plan relationnel », se plait-elle à expliquer.

Au quotidien, son rôle consiste à s’entretenir avec les patients atteints d’hépatite C pour leur expliquer les répercussions éventuelles de leur traitement.

« Lors de la première rencontre, nous effectuons un entretien de 45 minutes environ. Il s’agit de nouer un contact avec le patient et de prendre connaissance de son contexte socio-économique, personnel et professionnel afin d’adapter notre discours. C’est un moment privilégié qui nous permet de savoir comment faire pour l’aider au mieux dans son accompagnement et dans son organisation ».

L’objectif de Sylvie est de donner le maximum d’informations recevables afin que le patient soit autonome chez lui. « Il ne s’agit pas de lui expliquer puis de le laisser se débrouiller. Il ne s’agit pas de lui faire peur non plus, mais de l’informer pour qu’il sache ce qui peut lui arriver. Par exemple, à la première injection d’Interféron, il y a un risque de faire un syndrome pseudo grippal avec 40°C le premier jour. Cela peut provoquer des inquiétudes chez les patients mal avertis. Avant la création de cette consultation, une patiente présentant ce symptôme a appelé le SAMU car elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait».

Outre son rôle informatif, Sylvie a la mission du suivi des résultats des bilans sanguins. Après avis médical, c’est elle qui prévient ses patients par téléphone lorsqu’il faut adapter le traitement. «  Un numéro spécial est réservé aux patients. Ils connaissent nos horaires de travail et peuvent nous appeler dès qu’ils en ressentent le besoin. Nous sommes toujours disponibles pour leur répondre ou pour les accueillir en entretien s’ils le souhaitent ». Sylvie et sa collègue assistent aussi aux consultations médicales et effectuent des fibroscans.

L’hépatologie comme passion

L’hépatologie, c’est un peu sa vie. Sylvie travaille au centre hépato-biliaire depuis qu’elle a obtenu son diplôme, il y a 22 ans. De service en service, elle est passée par l’unité de greffe hépatique ainsi que par l’hôpital de jour et l’oncologie hépatique.

« Je voulais travailler dans un endroit qui bouge. À chaque fois que j’ai ressenti le besoin de changer, il y avait une opportunité pour moi au sein même du centre hépato-biliaire». Elle admet que son activité actuelle lui procure une certaine satisfaction. « Je suis porteuse d’un message d’espoir car l’hépatite C se guérit dans la plupart des cas. Pour certains génotypes, on annonce 80 à 85 % de chance. Et en 2011, de nouvelles molécules arrivent sur le marché. Après être passée par la cancérologie, cela fait du bien d’être de nouveau dans la vie et de véhiculer ce type de messages», sourit-elle.

Pour Sylvie, c’est en 2004 que la roue a tourné. « La politique du chef de service était d’améliorer la prise en charge des malades. L’importance du binôme médecin-infirmière ayant déjà fait ses preuves par le passé, il lui a semblé important de créer un poste d’infirmière référente hépatite C. Au début, j’avais un mi-temps et je n’avais pas de bureau. Les patients appelaient dans le service et demandaient à me parler. Rien n’était centralisé. L’organisation était assez confuse. Rapidement, nous avons donc compris la nécessité d’un détachement à part entière et j’ai obtenu un poste à plein temps pour cette activité », se rappelle Sylvie.

Une promotion obtenue non sans effort et implication. Car Sylvie a pris sur son temps personnel pour se former. « Comme ce statut n’existait pas, je me suis inspirée du travail d’infirmières que j’ai rencontré lors de colloques. J’ai aussi suivi des médecins lors de leurs consultations pour apprendre et comprendre la maladie », se souvient-elle.

En bonne autodidacte, Sylvie a relevé le challenge qui lui tenait tant à cœur.  Pour y parvenir, elle n’a pas suivi de diplômante type D.U ou master. Son parcours est le fruit réussi de l’école de la vie.

Malika Surbled

Sylvie Hillion en 5 dates :

1989 : obtient son DE

1997 : formation interne d’enrichissement en soins infirmiers

2004 : devient infirmière référente hépatite C

2009 : formation interne de 8 jours sur l’éducation thérapeutique

2011 : Envisage de suivre un D.U en addictologie.

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Réactions

2 réponses pour “Sylvie, infirmière d’éducation thérapeutique”

  1. Christelle dit :

    BRAVO…Il en faut des personnes comme ça, pour tenir toutes personnes informées: elles sont toujours demandeuses et ça fait du bien d’avoir des explications claires et nettes sur la pathologie dont on souffre…

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