Un infirmier forme des Étudiants relais-santé pour des actions de prévention

A l’Institut Catholique de Paris (ICP)1, Philippe Marc, l’infirmier de la structure, œuvre depuis septembre 2022, à la formation d’Étudiants relais-santé (ERS). Ces étudiants peuvent le seconder dans des actions de prévention, mais aussi porter eux-mêmes des projets plus globaux.

Philippe Marc, l’infirmier de la structure, œuvre à la formation d’Étudiants relais-santé (ERS)

© DR

L’initiative est récente, donc encore en cours de rodage notamment parce qu’avec toutes les missions relevant de son poste, Philippe Marc manque de temps pour la déployer à pleine amplitude. « Au sein de l’ICP,  j’ai quatre missions à remplir, explique-t-il. Je fais des soins, de l’accompagnement du handicap, de la formation aux premiers secours, et du conseil en santé notamment sur le champ de la prévention. »

Aujourd’hui, ils sont trois Étudiants relais-santé à remplir ce rôle à ses côtés. Médiateurs entre les étudiants et les services de santé étudiante, les ERS ont pour rôle de faciliter le quotidien de leurs pairs en les informant et en les accompagnant sur les questions de santé.

C’est lors des pré-rentrées et sur les réseaux sociaux, que Philippe Marc a sollicité les étudiants afin de les encourager à s’engager dans des actions de prévention santé auprès de leurs pairs.

Cinq se sont portés volontaires pour endosser ce rôle. « Idéalement, j’aurais souhaité qu’ils soient une dizaine car je sais que les missions sont lourdes à porter pour des étudiants, qui doivent également se concentrer sur leurs cours et leurs examens, fait-il savoir. Sans oublier qu’il y a environ 9000 étudiants à l’ICP. Les actions de prévention santé touchent donc un large public. »  

Les missions des ERS

Philippe Marc a pour habitude de mener, pendant l’année, deux enquêtes auprès des étudiants de l’ICP, l’une sur la santé mentale et l’autre sur la santé somatique, afin de prioriser les actions de prévention proposées sur le campus.

En fonction des attentes, il déploie des actions, en lien également avec les grandes causes de santé publique (mois sans tabac, Dry January, Octobre rose, etc.), avec parfois des partenaires associatifs.

« Dans ce cadre, je forme les ERS à des thématiques de prévention et de santé publique, quelques semaines avant la tenue de l’action, afin de travailler ensemble sur la sensibilisation et le repérage des étudiants de l’ICP », explique-t-il.

Le jour-J, ils sont présents, aux côtés de Philippe Marc, pour répondre aux questions des autres étudiants, pouvant se présenter aux stands afin d’obtenir des renseignements.

« Je les ai par exemple formés sur la prise en charge de l’arrêt du tabac et ils ont ainsi pu m’épauler pendant le ''Mois sans tabac" », précise l’infirmier.

Des journées de sensibilisation à la consommation du cannabis, de l’alcool ou encore des drogues licites et illicites, ont également menées dans l’enceinte de l’ICP.

En parallèle, les étudiants volontaires ont monté un projet complet sur le stress et tenu un stand pendant les "Journées bien-être", organisées fin mars, dans la cour de l’ICP, afin de sensibiliser leurs pairs aux exercices respiratoires et au lâcher prise.

« Prochainement, les membres de l’association Nightline France, qui agit pour la santé mentale des étudiants et leur offre un soutien psychologique, viendra former les ERS au repérage des signes d’alerte d’un étudiant en détresse pour qu’ils sachent l’orienter ou accueillir sa parole », rapporte Philippe Marc.

Les ERS devraient aussi bénéficier, avant l’été, d’une formation Prévention et secours civique de niveau 1 (PSC1).

Pendant les différentes actions, les ERS portent un sweat-shirt sur lequel est inscrit leur fonction afin d’être facilement repérables. « Certains le mettent plus régulièrement pendant l’année afin d’être identifiés par les étudiants, fait savoir Philippe Marc. Ils peuvent ainsi répondre aux sollicitations, si besoin et les orienter vers moi s’ils ne disposent pas des réponses aux questions posées. »

Des nouveautés pour l’année prochaine

Pour l’année prochaine, Philippe Marc a déjà identifié des axes d’amélioration, notamment offrir un meilleur encadrement aux ERS, s’engageant à ses côtés.

« J’aimerais aussi qu’on s’organise différemment pour attirer davantage d’étudiants dans cette mission, notamment en mobilisant les associations étudiants de l’ICP, les membres des bureaux des étudiants, souligne-t-il. Mais il est vrai que cela demande de l’implication et que la démarche est bénévole. »

L’année prochaine, l’organisation pourrait reposer sur un groupe informel composé d’étudiants votant entre eux un bureau. « Ils seraient plus libres dans les actions qu’ils souhaitent déployer, avec un fonctionnement en mode projet, explique Philippe Marc. Bien entendu, je continuerai de chapeauter les actions. »

L’implication des étudiants volontaires leur est toutefois reconnue dans le cadre d’une lettre de recommandation pouvant leur servir s’ils souhaitent notamment postuler à des Master. « Ce type d’action de prévention leur permet d’acquérir de l’empathie, de la bienveillance et une juste distance, qui doivent être valorisées », conclut l’infirmier.

Laure Martin

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1.Etablissement privé d'enseignement supérieur d'intérêt général, l’ICP comprend six facultés (théologie et sciences religieuses ; droit canonique ; philosophie ; lettres ; sciences sociales, économie et droit ; éducation), une unité de recherche en religion, culture et société ; quatre instituts spécialisés et dix écoles associées.

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