Infections liées aux soins : des outils disponibles pour les infirmiers

La mission PRIMO* a mené en 2021 une enquête auprès des infirmiers travaillant au domicile des patients afin de répondre le plus efficacement à leurs besoins et les aider à prévenir les infections pouvant survenir au décours des soins. 

Infections liées aux soins : des outils disponibles pour les infirmiers

Dans le périmètre de ses actions, la mission nationale PRIMO a proposé au cours de l’année 2021, une enquête aux infirmiers pratiquant des soins à domicile, pour évaluer leurs besoins en termes de prévention des Infections Associées aux soins (IAS). Cette évaluation s’est déroulée sous la forme d’un questionnaire en ligne.

Peu d’infirmiers y ont répondu (131), « en raison principalement de la crise sanitaire », fait savoir le Dr Karine Blanckaert, médecin de santé publique au Centre d'appui pour la prévention des infections associées aux soins auprès des établissements de santé et médico-sociaux (Cpias) Pays-de-la-Loire, co-coordinateur de l’analyse des résultats de l’enquête et du rapport. Néanmoins, cela n’a pas empêché la mission d’en tirer des enseignements.

L’identification des risques infectieux

« Nous avions déjà mené des enquêtes locales et régionales sur les attentes des infirmiers concernant les Accidents d’exposition au sang (AES) ou les voies veineuses centrales mais nous voulions connaître leurs besoins à l’échelle nationale. »

La mission PRIMO a donc proposé plusieurs sujets dans l’enquête et parmi les difficultés pointées du doigt par les infirmiers : celles liées à l’architecture et à l’hygiène au domicile et celles associées aux Dispositifs médicaux à disposition en ville (manque de référence/défaut de remboursement).

Pour eux, le risque infectieux est principalement perçu comme élevé pour les soins de chambres implantables (58%), les soins de Mid-line (60%), les soins de PICC Line (66%) et dans le cadre d’un contexte de soins aux patients porteurs de BMR et BHRe.


« Ce dernier point nous a plus particulièrement surpris, reconnaît le Dr Blanckaert. Les infirmiers estiment que la réalisation de soins à une personne colonisée ou infectée par une bactérie résistante aux antibiotiques peut être générateur d’un plus grand risque d’infection, une perception qui est cependant erronée. »

En revanche, concernant les PICC Line par exemple, la demande des soignants est davantage justifiée, notamment parce que « ces dispositifs médicaux sont récents, complexes et variables, et les infirmiers ont conscience que le risque est réel pour les patients en cas d’infection du cathéter », précise le médecin.

Les réponses à apporter

L’enquête a également été l’occasion de sonder les infirmiers sur le type de documents qu’ils souhaitent avoir à disposition pour les accompagner dans les soins.

S’ils n’ont manifesté aucun intérêt pour l’organisation de webinaires, ils aimeraient en revanche avoir accès à de fiches professionnelles techniques consultables en ligne sur tablette et smartphone. Les fiches techniques sont particulièrement plébiscitées pour trois sujets : 73% pour l’entretien du matériel et la désinfection, 66 % pour les accès vasculaires (Picc Line et chambre implantable) et 69 % pour les soins de trachéotomie. En revanche, les outils de formation et/ou les ateliers pédagogiques étaient peu plébiscités pour les soins sur les dispositifs vasculaires (35%) et les sondes urinaires (6%).

Ils ont par ailleurs manifesté des attentes concernant des outils d’information à destination des patients : 54 % pour les soins de trachéotomie, 53% pour les soins de stomie et plus de 60% pour les BMR/BHRe. « Nous ne nous attendions pas à une telle demande, fait savoir le Dr Blanckaert. Pour les soins de stomie par exemple, il ne s’agit pas pour nous d’une situation à fort risque infection.»

Les perspectives pour la mission PRIMO sont de développer des supports visuels, éventuellement sous forme de capsules vidéo courtes, consultables en ligne sur smartphone. « Notre objectif est de guider les infirmiers à mieux utiliser et manipuler les DM », indique le médecin. Les supports devraient être rendus disponibles d’ici la fin du premier semestre 2022, date de fin de la mission PRIMO avant un nouvel appel d’offre.


Laure Martin

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* Surveillance et Prévention de la Résistance aux antibiotiques et des Infections associées aux soins en soins de ville et secteur médico-social (PRIMO)

Des outils déjà disponibles

Des outils répondants aux attentes des infirmiers exerçant en ville sont déjà disponibles :

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