Le plan d’urgence pour l’hôpital “n’éteindra pas l’incendie”, estiment 150 directeurs médicaux et chefs de pôle de CHU

Dans une tribune publiée sur le site du quotidien Le Monde, plus de 150 directeurs médicaux de départements médico-universitaires de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et chefs de pôle des autres CHU de France, estiment que les mesures annoncées en faveur de l'hôpital "ne normaliseront pas la prise en charge des patients et n'éteindront pas l'incendie qui ravage l'hôpital".

Le plan d'urgence pour l'hôpital "n'éteindra pas l'incendie", estiment 150 directeurs médicaux et chefs de pôle de CHU

photo d'illustration. Manifestation infirmière à Marseille (2017). ©M.S / ActuSoins

"Médecins assumant les pus hautes responsabilités dans les hôpitaux universitaires, notre mobilisation a une valeur symbolique d’autant plus forte que notre parole est rare. Nous parlons ici en dehors de tout parti-pris syndical, parce que nous avons la passion du service public de santé", expliquent les signataires. 

"Mercredi 20 novembre notre attente était forte, à la mesure de la colère qui gronde. Le plan d’urgence pour l’hôpital public annoncé par le gouvernement n’est pas quantité négligeable : une réduction d’un tiers de la dette des hôpitaux publics sur trois ans, une augmentation de l’Objectif national des dépenses d’Assurance-maladie (Ondam) de 0,35 % et la stabilisation du tarif des séjours hospitaliers", poursuivent-ils. 

Les signataires considèrent néanmoins que "ces mesures ne normaliseront pas la prise en charge des patients et n'éteindront pas l'incendie qui ravage l'hôpital public". 

Accès aux soins " en situation critique", une situation actuelle qui "ne permet plus une prise en charge optimale de nombreuses catégories de patients en raison d'un nombre considérable de poste vacants de soignants" : les signataires alertent sur une situation devenue très critique. 

Ils listent une série des "plus graves conséquences" observées : nourrissons en détresse vitale quotidiennement refusés en secteur de soins intensifs, patients venant de faire un accident vasculaire cérébral parfois pris en charge avec retard, accès au bloc restreint "faute d'anesthésistes et d'infirmières", en psychiatrie, des patients à risque suicidaire élevé qui attendent un lit parfois plusieurs jours aux urgences, fermetures d'équipement en radiologie qui allongent les délais de rendez-vous...

Rythme insoutenable

"Pour pallier le manque de soignants, nous observons une multiplication insoutenable des heures supplémentaires, le recours habituel à du personnel intérimaire coûteux et souvent moins expérimenté. Mais cela n'empêche plus la fermeture de lits", poursuivent-ils. 

"Cette situation dégradée entraîne des conflits éthiques chez les soignants qui sont amenés par la force des choses à privilégier la prise en charge de tel ou tel type de patient faute de pouvoir répondre de façon optimale à tous. Si la qualité des soins semble encore très bonne pour la plupart des usagers de l'hôpital public, c'est souvent grâce au sacrifice quotidien des personnels restants qui s'épuisent"

Les signataires plaident ainsi pour une augmentation des salaires des infirmières et aides-soignantes. 

Ils appellent aussi à "lever temporairement l'étau financier imposé par l'Etat depuis plus de dix ans" et demandent un moratoire sur les mesures d'économie prévues par le gouvernement. 

Rédaction ActuSoins

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Note de la rédaction d'ActuSoins : Une nouvelle journée de mobilisation nationale pour "sauver l'hôpital public" est prévue le 17 décembre, à l'appel ,notamment, des collectifs Inter-hôpitaux, Inter-Urgences et d'une intersyndicale. 

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