L’ARS Océan  Indien a tranché : l’hôpital de Cilaos ne fermera pas

Présentée par le CHU de la Réunion comme nécessaire pour contribuer à son plan de redressement financier, la fermeture de l’hôpital de Cilaos n’est plus à l’ordre du jour. Un soulagement pour la population mais aussi pour les professionnels de santé présents dans le cirque, situé à plus de deux heures de route du CHU Sud.


L’ARS Océan  Indien a tranché : l’hôpital de Cilaos ne fermera pas

© Mireille Legait

Cilaos, c’est une petite station thermale à 900 mètres d’altitude et de nombreux ilets (hameaux), enclavés dans un cirque de montagne. Pour y parvenir, il faut emprunter « la route aux 400 virages », telle qu’elle est baptisée dans la tradition orale locale, traverser des tunnels étroits où deux voitures ne peuvent pas se croiser, passer à flanc de ravins…

Régulièrement, notamment après de grosses pluies, la route est coupée quelques heures (et parfois jours) en raison d’un éboulement de rochers.

Dans ce contexte, la présence d’une quinzaine d’infirmiers libéraux, d’une sage-femme échographiste et de quatre médecins, sans oublier quelques cabinets de kinésithérapie, est cruciale. Actuellement, Cilaos n’est pas un désert médical. L’offre de soins en libéral est assurée. Mais l’hôpital n’en est pas pour autant inutile, même si, depuis quelques années, il a essentiellement vocation à proposer des lits médico-sociaux pour les personnes âgées. « C’est une bouffée d’oxygène pour les parents aidants, souligne Bertrand Fontaine, infirmier libéral à Cilaos. L’accueil ponctuel des personnes âgées et/ou handicapées permet de prendre en charge certains soucis de santé des personnes âgées mais aussi de permettre à leurs aidants de se reposer un peu quand ils sont eux-mêmes souffrants. »

Dans ce contexte, l’annonce de la fermeture, lors de la présentation du plan santé 2018-2022 de l’ARS OI, avait été plutôt mal accueillie.

Un besoin sanitaire reconnu

Vue sur Cilaos. © Mireille Legait

Finalement, la roue a tourné : « La direction de l’ARS Océan Indien a pris le parti, de sa propre initiative, et depuis plusieurs mois à présent, de remettre en cause le principe de la fermeture de l’hôpital local, bien que celle-ci était présentée par le CHU comme une orientation à retenir dans le cadre du plan de redressement financier soumis à validation du COPERMO », explique Martine Ladoucette, Directrice générale de l’ARS OI.

Et d’en préciser les raisons : « Nous avons considéré, en parfaite harmonie de vue avec le maire déjà consulté à ce sujet, que l’importance des besoins à satisfaire, tant dans le champ sanitaire que médico-social, justifiait le maintien et l’évolution d’un hôpital de proximité. »

Si la décision de la fermeture n’est plus à l’ordre du jour, le projet de l’hôpital de Cilaos est en cours de réflexion, sous la conduite de l’ARS : « L’idée est de permettre sur le site le maintien de quelques lits de médecine, la mise en service de lits médico-sociaux pour personnes âgées, l’ouverture d’une maison de santé, le développement d’une offre de télémédecine et d’autres solutions pour améliorer l’offre au bénéfice des personnes âgées et handicapées tout particulièrement. »

La télémédecine déjà en cours à Cilaos

La cabine de télémédecine est déjà installée. Lors de son passage à Cilaos en mai 2018, le président de l’Ordre national des Infirmiers, Patrick Chamboredon, avait pu apprécier l’apport de cette technologie à la pratique infirmière par une démonstration en direct.  « Dans un contexte d’enclavement comme celui de Cilaos, la cabine de télémédecine est indispensable à la pratique des infirmiers libéraux. Pouvoir être en lien rapidement avec le CHU Sud pour un diagnostic ou un pilotage de soins est indispensable en cas d’urgence, quand la route est fermée. Mais c’est aussi un équipement respectueux du patient, en lui épargnant un trajet éprouvant alors qu’il est affaibli. Et un moyen de réduire les coûts en évitant un transport sanitaire quand l’urgence de ce transfert ne s’impose pas », nous a-t-il récemment expliqué lors d’une interview.

Condamné il y a encore peu de temps à une mort inéluctable, l’hôpital de Cilaos est en passe de retrouver une nouvelle vitalité, notamment grâce à la télémédecine.

Mireille Legait

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