Anglais obligatoire dans les IFSI : yes, we can ?

Anglais obligatoire dans les IFSI institut en soins infirmiers : yes, we can ?Dans le cadre de l'harmonisation de l’enseignement supérieur européen (réforme LMD), des cours d’ ont été intégrés au programme des IFSI depuis septembre 2009. Selon l’arrêté du 31 juillet, la nouvelle unité d’enseignement vise à donner des bases d’Anglais dans le domaine de la santé et des soins. Mais en pratique, que se passe-t-il dans les IFSI depuis la rentrée ?

S’il y a un domaine dans lequel ne brillent pas les étudiants Français par rapport à leurs homologues européens, c’est bien celui des langues étrangères. Le score au test d’Anglais TOEFL 2008 s'est révélé très moyen : 88 points sur 120. Seule l’Italie et la Grèce obtiennent de moins bonnes notes. Et pourtant, l’Anglais est la langue la plus parlée au monde, celle utilisée dans tous les écrits médicaux.

Un véritable atout sur le terrain

En plus de permettre une mobilité de carrière évidente et l’accès à la recherche, la maîtrise de l’Anglais médical constitue un réel enjeu sur le terrain. Marion Beligne, étudiante en troisième année, explique: “j’inventais des mots pour rassurer un patient en réanimation qui devait subir des soins invasifs et anxiogènes. C’est nous, pas le médecin, qui restons auprès des patients lors des soins“. Et il est clair qu’avec l’ouverture des frontières et l’amélioration des moyens de transport, les patients non francophones à l’hôpital sont de plus en plus nombreux. "Je regrette de ne pas avoir eu de d’Anglais car j’ai eu l’impression de négliger mes patients quand je ne pouvais pas leur parler. On fuit presque la chambre après avoir effectué les gestes techniques, de peur que le patient nous pose une question“ confie Marion.

A chacun sa méthode

En ce qui concerne la mise en œuvre des programmes, chacun s’organise à sa manière… Souvent, les cours ne sont pas intégrés dans les 35 heures de formation et ont lieu le soir. Certains étudiants bénéficient d'un intervenant anglais et sont répartis en groupes de niveaux (Niort, Sens, Cherbourg). Il y en a même qui apprennent avec une infirmière anglaise, en travaillant sur des cas pratiques (Caen, Blois).

Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne… A Nevers, il faut se rendre dans un organisme extérieur pour prendre les cours. Et d’autres IFSI (Laval, Marseille, Allones) ont choisi une solution pour le moins commode : le logiciel “Tell me more“. Les étudiants se connectent chez eux pendant un nombre d’heures déterminé. Une interface qui a certes bonne réputation pédagogique mais pas vraiment spécifique au métier d’infirmière

 

Il faut espérer, qu’avec le tableau de bord mis en place par la DHOS pour suivre la mise en place du LMD dans IFSI, les méthodes les plus efficaces seront identifiées et généralisées.

L’évaluation : last but not the least…

Ceux qui ont peur de redoubler à cause de leur niveau d’Anglais n’ont pas vraiment d’inquiétude à se faire. Tout d'abord, le coefficient est dérisoire. Ensuite, la première année, les crédits sont validés selon la présence et la participation active. On peut se demander quelle sera la valeur des résultats...

Stéphane Desmichelle

Pour aller plus loin : formation continue DPC pour infirmière et infirmier libéral

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Réactions

9 réponses pour “Anglais obligatoire dans les IFSI : yes, we can ?”

  1. aurel dit :

    bonsoir a tous,
    je viens de faire ma rentree a l’IFSI (sept 2010) je suis aide-soignante depuis 13ans et je vous avoue que l’anglais pour ma part est une catastrophe ! j’ai valide le 1er semestre juste parce que la prof est tres tres gentille ! mais comment vais je faire en 2eme annee ?
    je trouve cette reforme tres tres bizard , si on ne valide en fin de 3eme annee que se passera t’il ? pas de DE ?
    bref pour ce “nouveau ” DE je suis tres septique ;-(
    plus de pratique quel professionnel seront nous ? merci pour vos eclaircissement

  2. vé83 dit :

    Au-delà de n’y voir aucun intérêt (merci de confirmer ma position à Gayoute !), il s’agit d’en voir les conséquences sur l’apprentissage en soins infirmiers. D’abord c’est une sélection supplémentaire aux candidats, une sélection sans aucun rapport avec les compétences ou qualités requises pour l’exercice de cette profession. Ensuite ces heures grèvent le budget des IFSI au détriment de la rémunération d’autres intervenants sans doute plus en rapport avec notre profession. La solution pour remédier à ce trou supplémentaire dans le budget serait (ou sera ???) de recruter des cadres de santé ayant un niveau universitaire en anglais (merci pour les autres !), rendant ainsi ce recrutement encore plus difficile qu’il ne l’est déjà. Ces heures posent également le problème de la substitution horaire. Les heures d’enseignements n’étant pas extensibles, l’anglais va remplacer d’autres apprentissages ou pire encore des heures de tutorat ou soutien ou autre.
    Nos futur(e)s collèges apprennent l’anglais, est-ce un pas en avant pour favoriser l’intégration de nos nouvelles infirmières espagnoles …. ? (un peu d’humour !)
    Vouloir “universitariser” notre profession à tout prix n’est pas une bonne chose, ou alors il aurait fallu que nous passions par la 1ère année de médecine, comme les kinés et les sage-femmes, les ponts et équivalences auraient alors pu être envisageables. Actuellement, nous partons pour 3 années pour une licence en soins généraux qui, nous le voyons déjà, s’avère insuffisant donc il faudra un master en psy, un master en géronto,…. bref ce que nous exerçons en soins généraux et la polyvalence que notre métier nous offrent s’envoleront. Être infirmière demandera 5 ans voire plus et ce dans une branche sclérosante, le tout pour le salaire que nous connaissons…
    Pourquoi les réformes sont-elles faites en ne consultant que des universitaires et non issues de tables rondes de gens qui sont encore sur le terrain ? (Je connais l’une des instigatrices de ce programme, elle, elle prônait l’espagnole plus que l’anglais : mon directeur de mémoire, une infirmière diplômée il y a + de 30 ans qui a exercé UN an puis d’études en diplômes s’est retrouvée universitaire en master pro. Pour les ministères, c’est une infirmière mais elle ne connait pas grand chose du quotidien de notre profession). Le nez dans le guidon, on ne fait pas toujours les choix les plus judicieux, mais prendre du recul a des limites. Sortir du cadre OK mais pas à des années lumière du thème à étudier !

  3. gayoute dit :

    Moi je suis très capable de me débrouiller en anglais, et il ne m’est d’aucune utilité au travail… Personnellement j’ai mon DE, les cours d’anglais dans notre profession je n’y vois aucun intérêt….

  4. vé83 dit :

    OK, l’anglais est obligatoire, on ne peut rien y changer ! Mon DE remonte à 1986, un bail ! Heureusement pour moi, à l’époque, qu’il n’était pas au programme car j’avais passé mon bac avec allemand en LV1. Aujourd’hui quasiment tous les collèges imposent anglais en LV1 en 6ème. Travaillant en PACA, je peux vous dire que certains gros groupes proposent (facultatif) des cours pour pouvoir communiquer avec les patients, mais c’est l’italien. En 24 ans de services, j’ai plus eu l’occasion de devoir “bidouiller” mes discussions en italien et en russe, seulement 4 ou 5 fois en anglais, à méditer !
    Je crois qu’il aurait fallu introduire une langue, mais laisser les régions choisir, selon les besoins locaux. Je pense, par exemple, qu’en Alsace, il y a plus de patients allemands qu’anglais,… Et nous quand nous allons en vacances, les hôpitaux ont-ils des soignants formés à notre langue ? Non !
    Quant à apprendre l’anglais pour la recherche, pour mon Master, j’ai trouvé une très forte majorité d’écrits concernant mon sujet, en allemand. Pour sa publication, j’ai du faire un résumé, en 4ème de couverture, en anglais. Cela m’a coûté de le faire traduire.
    Je ne crois pas que ce soit une amélioration, j’aurais privilégié l’apprentissage des techniques de soins car les étudiants arrivent en service et c’est à nous de leur expliquer certains soins, y compris sur la théorie, l’objectif, les risques, les effets. Tout cela nous l’apprenions avant. Nous n’avions pas le droit d’effectuer un soin en service tant que nous ne l’avions pas vu en IFSI. Avec le recul depuis 1992, je maintiens que c’est une régression car tous les soignants de terrain ne le font pas, pour diverses raisons. L’arrivée du programme psy (en n’augmentant que de quelques mois) et maintenant de l’anglais (cette fois-ci, en diminuant de quelques mois la formation) ont contraint les IFSI à remanier l’organisation. Les cours étant souvent incompressibles, ce sont les TP qui ont été sacrifiés.
    Notre DE est européen, rappelons-le !
    Introduire l’anglais en formation AS me semble utopique quand on voit le niveau scolaire de certains élèves, pourtant excellents soignants, ce serait une sélection sur l’intellect et non plus sur les valeurs humaines.

  5. bao44 dit :

    Personnellement je n ai aucun niveau en anglais et j aurai aimer avoir des cours pour pouvoir prendre en charge les patients correctement. Ceux qui disent qu’il n aime pas l anglais doive se dire que cela rentre dans le soin et que maintenant l anglais est obligatoire surtout dans les chu ou les centre de soins privés. De plus je pense que cela est bien de rendre l anglais obligatoire mais il faudrai aussi que cela se fasse pour les études d’ aide soignante, qui sont encore plus présent auprès des patients que nous IDE. Stéphanie IDE depuis 1 ans.

  6. Or.L dit :

    Oui et le probleme est que beaucoup n’ont pas le bac, il y a 20% de la promo qui sont des aides soignants, et il faut penser aussi que certains ont passé leur bac il y a plus de 15 ans et pour qui l’anglais est très très loin, certains bac pro n’avaient eux aussi aucune formation en langues étrangères.

  7. eve dit :

    bon , il est vrai que nous sommes pas toutes formées aux langues étrangères , mais il est vrai que quand nous avons un bac , nous devons quand meme pouvoir communiquer avec les patients,. mais il est vrai que dans les cours d’ifsi nous devons maintenant savoir communiqué en anglais il est impératif maintenant de parler anglais et de savoir le langage médical en anglais d’ou peut etre , la réforme du bac ou du bepc sanitaire et sollllciale en anglais se serait vraiment préférable au concours à l’entrée de l’ifsi.

  8. Or.L dit :

    je cite : “Ceux qui ont peur de redoubler à cause de leur niveau d’Anglais n’ont pas vraiment d’inquiétude à se faire. Tout d’abord, le coefficient est dérisoire. Ensuite, la première année, les crédits sont validés selon la présence et la participation active. On peut se demander quelle sera la valeur des résultats…”

    Faux les IFSI entrent leurs propres critères pour l’évaluation. A noter que certains IFSI de la région PACA n’ont pas validé le premier semestre de certains étudiants. Nous avons été nombreux à etre évaluer sur des oraux, alors que les oraux ne rentrent normalement en compte quand seconde année comme criteres d’évaluation.

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