Infirmière puéricultrice en France, elle a suivi un programme doctoral en sciences infirmières à Montréal (Canada)

Depuis décembre 2018, Nicole Tanda est titulaire d’un doctorat en sciences infirmières. Pour pouvoir suivre un troisième cycle d’enseignement universitaire dans cette filière, elle s’est rendue à Montréal, au Canada. Tout en continuant à exercer, en alternance, en qualité de cadre de santé en établissement de santé puis en IFSI.

Nicole Tanda Infirmière puéricultrice en France, elle a suivi un programme doctoral en sciences infirmières à Montréal (Canada)

Nicole Tanda, titulaire d'un doctorat en sciences infirmières. © DR

Nicole Tanda a de quoi être fière. « Nous ne sommes vraiment pas nombreux à suivre ce chemin. D’après ce que j’ai compris, je suis la première femme infirmière française à avoir franchi le cap du doctorat en sciences infirmières dispensé à Montréal. Avant moi, un infirmier français avait également obtenu ce doctorat », explique-t-elle.

Il faut dire qu’en France, le doctorat en sciences infirmières n’existe pas encore. Les candidats – à l’instar de Nicole Tanda – doivent donc se rendre dans d’autres pays pour parvenir à leurs fins.

Et le parcours est long, dense, "avec de nombreux contenus en anglais", et rigoureux.  « Cela m’a pris 6 ans, mais ça en valait la peine », analyse Nicole Tanda. Six années d’allers et retours entre la France et le Canada. Six années de travail intensif et de persévérance. Six années d’alternance aussi. « Je n’avais pas de financement et le coût des études est assez élevé. Au début, j’ai pu prendre une période de détachement, mais très vite, il a fallu que je reprenne le travail », poursuit-elle.

Pendant ces six années, Nicole Tanda a étudié la philosophie des sciences infirmières, appris à réaliser des devis de recherche, à analyser de façon critique des concepts. Elle a aussi écrit plusieurs articles scientifiques, et est passée par de nombreuses épreuves de présentations de travaux : jury du comité de synthèse, jury du comité d’approbation, jury du comité d’éthique. Enfin, elle a soutenu – avec brio – sa thèse intitulée « description du processus réflexif de l’étudiant en soins infirmiers de premier cycle, à partir de l’expérience de la réalisation du travail d’initiation à la démarche de recherche », un processus « jamais travaillé ni présenté dans le cadre d’une recherche en sciences infirmières », explique-t-elle.

A présent, Nicole Tanda espère pouvoir poursuivre son partenariat avec les chercheurs de l’Université de Montréal ou avec une université française qui souhaiterait développer un département en sciences infirmières et publier des articles scientifiques de façon à ce que ce travail soit transmis aux professionnels. Elle aimerait aussi contribuer à faire évoluer la filière infirmière française, de façon à faire avancer les écoles de pensées, les philosophies en sciences infirmières et la recherche.

Il s’agit aussi d’émanciper davantage la filière du domaine médical. « Au Canada, la filière infirmière est totalement autonome. Dans les universités de sciences infirmières, là où se déroulent les premiers (licence), deuxièmes (maitrise, l’équivalent de nos masters en France), et troisièmes cycles (doctorat), les enseignements ne sont dispensés que par des pairs. Tous les intervenants sont des docteurs en sciences infirmières ou des vacataires titulaires d’une maitrise en sciences infirmières. Ils font de nombreuses recherches et retransmettent leurs savoirs aux étudiants. Cela n’empêche pas les étudiants de travailler sur des situations avec des étudiants d’autres filières. Ainsi il existe une réelle interdisciplinarité», souligne Nicole Tanda.

Un fil conducteur : l’amélioration de la qualité des soins

Nicole Tanda n’est pas arrivée au doctorat par hasard. Animée par un « immense besoin d’apprendre », elle a toujours eu à cœur d’étudier. « Dès que j’ai eu mon diplôme d’infirmière puéricultrice en 1990, j’ai voulu mettre en place des projets, j’ai voulu créer, j’ai voulu m’améliorer », explique-t-elle.

Inscrite en licence en ingénierie de la santé, elle a rapidement compris qu’il fallait aller plus loin. Maitrise en ingénierie de la santé, diplôme d’Ingénieur en recherche clinique, Master 2 en sciences de l’éducation, mention recherche… Si son parcours universitaire ne s’est presque jamais interrompu, son parcours professionnel est tout aussi riche. Puéricultrice, coordinatrice dans une école de puériculture, cadre de santé dans des services de pédiatrie et de néonatologie, attaché temporaire de recherche, elle a aussi été rapporteure au PHRIP au ministère de la santé (DGOS). « J’ai toujours aimé mon métier et il s’est transformé au fil du temps. Maintenant, ce qui me plaît, c’est la transmission des savoirs et surtout l’idée que l’on peut contribuer au développement des connaissances et à l'évolution de la discipline et de la profession, lui donner davantage de sens encore ».

Malika Surbled

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