Retraites. Les femmes s’inquiètent : ont-elles raison ?

Selon une étude CSA-CECOP publiée en 2014, 75 % des femmes disent s’inquiéter pour leur retraite, contre seulement 55 % des hommes ! Pourquoi cette différence ? Les femmes ont-elles raison de s’en faire ? La réforme des retraites de 2014 ne les a pas rassurées, au contraire !
Léa, comme 75 % des femmes se dit « inquiète » face à la retraite. Une inquiétude que l’on retrouve chez les hommes mais dans des proportions moins importantes puisqu’ils ne sont que 55 %. Seulement un sur deux. « Ces 20 points d’écart sont spectaculaires », commente Jérôme Jaffré, le directeur du CECOP, « d’autant qu’il est désormais de plus en plus rare de voir des différences de réponses très marquées entre hommes et femmes dans les enquêtes d’opinion... » Pour les retraites, la différence de perception entre hommes et femmes est donc très nette !

Les pensions des femmes plus basse de 40 % en moyenne à celles des hommes !

retraite_en_chiffresIl ne s’agit pas seulement d’une « impression », mais bien d’une réalité ! La situation économique des femmes face à la retraite est beaucoup moins enviable que celle des hommes. « Leurs pensions sont 40 % inférieures en moyenne à celles des hommes », résume Philippe Crevel, le secrétaire général du Cercle des Épargnants. Tous régimes confondus, la pension mensuelle moyenne de droit direct s’élève en moyenne à 1 600 euros pour les hommes, contre 932 euros pour les femmes. Une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) souligne que « seulement 50 % des femmes retraitées bénéficient d’une retraite à taux plein, contre 75 % chez les hommes… ». Ces différences de pensions s’expliquent d’abord par les écarts salariaux pendant la période d’activité. En cause notamment : les inégalités salariales hommes/femmes qui persistent à emplois comparables, les temps partiels souhaités ou subis, les évolutions de carrières ralenties par les congés maternité et parentaux. Ce sont des choix de vie plus ou moins contraints : bon nombre de femmes décident de passer à temps partiel ou de renoncer à des postes de responsabilité pour privilégier leur vie de famille... sans pour autant mesurer les conséquences pour leur avenir. Ce que confirme Virginie, aide-soignante dans le Bas-Rhin : « J’ai 3 enfants de 9, 12 et 15 ans, je me suis arrêtée de travailler à chaque naissance pour les élever à temps plein les premières années. Pour mon aîné, j’ai dû m’arrêter un peu plus longtemps et reprendre seulement à mi-temps car il était dyslexique et il a fallu le faire travailler à la maison... Je n’avais pas d’autre choix : mon mari est routier, il n’était pas question qu’il reste à la maison pour prendre le relais... Je sais qu’un jour, je subirai les conséquences de ces interruptions à répétition, je ne m’attends pas à une retraite exceptionnelle... ». Mais en cas de séparation, ces femmes peuvent ensuite le regretter. C’est le cas de Céline, ambulancière dans les Pyrénées Atlantiques près de Biarritz : « Pendant des années, j’ai fait de nombreux sacrifices et renoncé à un temps complet à l’hôpital pour être plus présente à la maison... C’est mon mari qui me l’a demandé... Mais quand il a voulu divorcer, personne n’a tenu compte de mes sacrifices pendants des années, je ne pourrai jamais rattraper le temps perdu, j’aurai une petite retraite alors que mon mari aura une retraite complète, c’est vraiment injuste ! »

les femmes sont les plus vulnérables face à la retraite

La Réforme 2014 des Retraites n'a pas rassuré les Femmes

La dernière réforme des retraites de 2014 n’a manifestement pas rassuré les femmes. Il faut dire qu’elle ne s’attaque pas frontalement aux écarts de pension.

Temps partiel. Pour les agents de la Fonction publique qui travaillent toute une année à temps partiel (au minimum à 50 %), cette année compte pour une année de service entière (4 trimestres) dans la validation des trimestres d’assurance retraite. Une disposition plutôt favorable aux agents. En revanche, pour le calcul du montant de la pension de retraite, les périodes à temps partiel sont prises en compte au prorata de la durée de services effectués. Autrement dit, un agent hospitalier ayant travaillé pendant des années à temps partiel validera ses trimestres aussi rapidement que ses collègues qui sont à temps plein mais il aura une pension très inférieure.

Congés de maternité. Avant la réforme de 2014, un accouchement permettait de valider un trimestre, quelle que soit la durée réelle des congés de maternité pris par la mère. Avec la réforme, pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2014, chaque période de 90 jours de maternité donne droit à un trimestre. Dans la pratique, cette réforme n’apporte rien de plus aux mères d’un premier ou d’un deuxième enfant. Leur congé de maternité égal à 16 semaines (soit 112 jours) leur permet de valider un seul trimestre comme par le passé. Seules les femmes qui accouchent de leur 3e enfant (ou plus), ou de jumeaux, peuvent bénéficier de deux trimestres au lieu d’un, leur congé de maternité étant plus long. Bon nombre d’associations estiment que le changement est trop timide. Elles auraient préféré une grande réforme des majorations familiales, ces bonus de pensions dont bénéficient les parents de trois enfants et plus (+10 %). Ces majorations sont critiquées car elles sont proportionnelles : elles profitent plus aux pensions élevées, donc aux hommes ! Elles tiennent compte de l’effet des enfants sur la durée de cotisation mais ne jouent pas sur le niveau des revenus.

Pension de réversion.  La réforme des retraites de 2014 semble l’avoir totalement ignorée. Ce système permet de verser au conjoint survivant une partie de la pension du conjoint décédé (50 % de cette pension pour les agents ayant travaillé dans la Fonction publique). Seul problème : ce système ne concerne que les couples mariés. Il ne s’applique pas aux couples ayant vécu en concubinage ou aux couples pacsés. Des femmes ayant partagé toute leur existence avec leur compagnon, mais qui ne se sont pas mariées, peuvent ainsi se retrouver privées d’une grosse partie de leurs ressources au moment du décès de leur conjoint… L’espérance de vie moyenne se situant à 79,2 ans pour les hommes, et à 85,4 ans pour les femmes, ces dernières ont donc statistiquement plus de chances de vivre plus longtemps que leurs compagnons.
Voilà pourquoi il est tellement important pour les femmes aujourd’hui de se préoccuper le plus tôt possible de leur retraite pour trouver des solutions permettant de compenser la perte de revenus au moment de la retraite.

Cette information vous est proposée par le C.G.O.S

Complémentaire retraite des hospitaliers CGOS

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Réactions

3 réponses pour “Retraites. Les femmes s’inquiètent : ont-elles raison ?”

  1. Alain Verse dit :

    Oui leurs maris les quittent pour des plus jeunes …

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