Le parcours de soins coordonné plus plébiscité par les infirmières que par les généralistes

Le parcours de soins coordonné, mis en place en 2005, a une meilleure image chez les patients et , côté professionnels de santé, les infirmières en ont une vision plus positive, indique un sondage réalisé par Ipsos pour MSD France en collaboration avec l'association Coopération santé.

Capture d’écran 2015-10-21 à 13.09.32Cette enquête est diffusée à l'occasion d'un colloque sur le parcours de soins du patient organisé  par Coopération santé. Cette association, présidée par Alain Coulomb (ancien directeur de la Haute autorité de santé -HAS), se fixe pour objectifs de promouvoir les coopérations entre les professionnels de santé, les pouvoirs publics et les associations de malades.

Le sondage a été réalisé auprès du grand public (1.008 répondants) et de professionnels de santé (PDS) : 151 médecins généralistes (MG), 151 médecins spécialistes, 101 infirmiers et 111 pharmaciens.

Ce parcours de soin coordonné, rappelons-le, "consiste à confier à un médecin traitant l'orientation et les différents échanges d'un même assuré avec des professionnels de santé". Le dispositif législatif de 2004 a été transposé dans la convention médicale de 2005,

Au sein du "grand public", 80 % à 87 % jugent qu'il a permis d'améliorer le suivi médical des patients, la coordination des soins, la qualité des soins et la sécurité des soins, et de mieux informer les patients sur les risques pour leur santé.

Améliorer le suivi médical mais aussi la qualité des soins

Les infirmier(e)s sont 92 % à estimer que le parcours de soins "permet d'améliorer le suivi médical des patients" (81 % des MG, 89 % ensemble des PDS). En outre, 90 % des infirmier(e)s estiment qu'il permet "d'améliorer la qualité des soins prodigués" (80 % chez les MG), 89 % "d'améliorer la qualité de ces soins" (70 % chez les MG), 87 % d'en "améliorer la sécurité" et 80 % que ce parcours de soins permet de "mieux informer les patients sur les risques pour leur santé" (60 % chez les MG).

Point négatif, seulement 57 % des infirmier(e)s et 62 % de l'ensemble des PDS pensent qu'il permet des économies pour le système de santé.

Seulement 64 % du "grand public" juge qu'il permet un meilleur remboursement des dépenses de santé. Chez les professionnels, le taux se situe même entre 37 % chez les généralistes et 57 % chez les infirmiers.

Le parcours de soins : utile mais chronophage

Ipsos observe également que 86% des patients le trouvent "utile", contre 78% des généralistes (mais 93% des infirmiers). Le "grand public" le juge "chronophage" à 45 % (37 % pour les patients chroniques), contre 72 % chez les généralistes et 64 % chez les infirmiers..

La majorité des Français interrogés (70 %) estiment qu'avec le développement du parcours de soin coordonné, le médecin généraliste occupe une place plus importante dans leur prise en charge qu'avant et que le rôle de l'infirmière libérale n'a pas évolué (55 %).

Huit sondés sur 10 pensent qu'il faut désengorger les urgences de l'hôpital en développant les médecins de garde en ville, ainsi que 84% des spécialistes, 93% des infirmiers, 88% des pharmaciens, mais seulement 69% des généralistes.

Les infirmiers pour le travail en équipe, les MG contre

Plus de la moitié des infirmiers (57 %) et des pharmaciens et 49% des spécialistes sont "plutôt d'accord" pour passer d'un exercice isolé à un travail en équipe, mais ce n'est le cas que de 27% des généralistes.

Six patients sur 10 (62%) jugent "nécessaire et prioritaire" de développer le DMP dossier médical partagé, de même que 75% des infirmiers et 65% des pharmaciens. Mais seuls 41% des médecins généralistes et 53% des spécialistes partagent cet avis.

Incitations financières ou pénalisations : non merci

Ipsos note par ailleurs que 31 % des infirmier(e)s estiment qu'il est nécessaire de "développer les incitations financières pour les professionnels de santé qui s'engagent dans le parcours de soins" (41 % des MG). 21 % estiment qu'il serait nécessaire de "pénaliser financièrement les professionnels de santé qui n'acceptent pas de s'engager dans le parcours de soins" (10 % des MG).

Cyrienne Clerc

 

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