Dix milliards d’économies : l’hôpital privé répond au public

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La réaction était attendue. Alors que la FHF (Fédération hospitalière de France) a présenté ses pistes d'économies dans le cadre du pacte de responsabilité, la FHP (Fédération de l'hospitalisation privée) et pose la question : "faut-il fermer des hôpitaux ?" 

Pour les cliniques privées, le financement des établissements de santé doit être corrélé à l'activité de soins effective et aux missions de service public.

La Cour des Comptes recommandait ainsi en septembre 2011, la mise en place d'un tarif unique des prestations de soins entre l'hôpital public et les cliniques et hôpitaux privés, rappelle la FHP-MCO (Médecine Obstétrique) qui estime que ce tarif unique permettrait de rapporter 7 milliards d’euros d’économies puisqu’“une clinique est remboursée 22% de moins en moyenne que l'hôpital public pour une même prestation de soin.”

"Il est temps de reprendre et de terminer le processus de convergence des tarifs, processus qui a été achevé en Allemagne en 2009 et qui a permis à l'assurance maladie allemande d'être aujourd'hui excédentaire", relève le président de la FHP-MCO, Lamine Gharbi. Autre exemple : l'accueil d'un patient précaire fait l'objet d'un remboursement moyen de 11 euros dans le privé et 31 euros dans le public. “Pourquoi un tel différentiel de financement ? Qu'est-ce qui peut justifier cette iniquité de traitement ?”, interroge le président du syndicat.

Deuxième piste de réformes : le développement des recommandations de bonnes pratiques médicales."Le nombre d'appendicectomies a été ainsi divisé par trois en 20 ans en raison notamment de la mise en place de techniques cliniques et diagnostiques évitant ainsi les actes inutiles", rappelle Lamine Gharbi.

"Accélérer la mise en œuvre des pratiques de parcours de soins permettant une meilleure coordination, et donc éviter les actes inutiles, notamment dans le cadre des pathologies chroniques"
Il faut ensuite "accélérer la mise en œuvre des pratiques de parcours de soins permettant une meilleure coordination, et donc éviter les actes inutiles, notamment dans le cadre des pathologies chroniques, premier facteur d'évolution des dépenses." Rappelons que la FHF estime à un milliard d'euros le potentiel d'économies en réduisant le nombre d'actes inutiles. Les deux frères ennemis se retrouvent sur cet item.


Troisième volet : poursuivre la politique de réduction de la durée de séjour... Les cliniques et hôpitaux privés ne représentent que 27% de l'offre de soins et 34% de l'activité "mais 66 % de la ambulatoire au plan national. C'est dire à quel point notre secteur se révèle être un acteur efficient et responsable du système de soins, et ce en dépit d'une politique tarifaire qui reste insuffisamment incitative", souligne le président de la FHP-MCO.

En ligne de mire : les dettes du public

Ce dernier n’hésite pas à poser la question qui fâche en soulevant la question du parc hospitalier public excédentaire.

"La non-restructuration du secteur hospitalier public et l'accumulation des déficits des hôpitaux entraînent des conséquences qui ne sont plus supportables, notamment l'accumulation d'une dette de 30 milliards d'euros, selon le dernier chiffre publié par la Cour des Comptes. Qui va devoir régler la facture ? On ne peut plus continuer ainsi. Faut-il fermer des hôpitaux publics ? Tous les experts savent que ce sera inévitable", affirme Lamine Gharbi.

La fédération demande également que les missions de service public soient davantage partagées avec le secteur privé,"comme le réclament depuis des années les cliniques et hôpitaux privés"  et rappelle qu’une centaine de demandes d'ouverture de services d'urgences privés est toujours en souffrance, en plus des 132 services privés déjà existants.

La FHP-MCO accueille favorablement la proposition de la FHF de participer à l'accueil des urgences et aux missions de service public. "Nous sommes fortement demandeurs - c'est un point de consensus avec la FHF - et nous disons chiche ! Nous souhaiterions par exemple pouvoir développer la formation des internes et réaliser des greffes, activité que l'on nous interdit aujourd'hui", lance Lamine Gharbi.

Rédaction ActuSoins, avec Egora 


A relire : 10 milliards d’euros à économiser,  la potion amère de la FHF ; le compromis mi-figue mis raison entre la FHP et le ministère de la Santé qui a mis fin au boycott des stages infirmiers

 

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Réactions

1 réponse pour “Dix milliards d’économies : l’hôpital privé répond au public”

  1. Sachem Siouxx dit :

    Je suis peut être un peu bête mais le privé à but lucratif (donc la FHP) reverse ses dividendes aux actionnaires. Et d’ou vient l’argent sinon de la sécu? (et des mutuelles, mais nettement moins).
    Donc plus on donne de trucs à faire à ces gens là, plus on finance avec la sécurité sociale des dividendes à des actionnaires de structures à but lucratif.
    Les actionnaires de ce genre de structures sont des fonds de pension, des fonds d’investissement… attirés par des taux de rentabilité qui feraient pâlir pas mal de boites (pour certaines cliniques spécialisées dans des actes avec peu de risque et une hospit’ en ambulatoire comme les opérations de la cornée ou du canal carpien).
    Y’a un truc qui doit être dit et re dit: rentabilité pour un hôpital = un établissement qui fait cracher la sécu.
    Si on veut économiser des sous, faudrait déjà commencer à avoir des vraies politiques de prévention (comme au Canada par exemple). Faire moins d’actes inutiles serait aussi pas mal, mais va expliquer ça aux toubibs qui ont l’impression (parfois justifiée) qu’ils doivent se couvrir avec une batterie d’examen pour le moindre diagnostic.
    Ah, et recommander de fermer des hôpitaux, fallait oser…

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