Line, infirmière et sophrologue

Infirmière depuis plus de 25 ans, Line Agrario est aussi sophrologue. Pour elle, ces deux activités sont complémentaires.

 

Regard expressif, sourire chaleureux et air calme, dès le premier contact Line Agrario transmet son bien-être et sa douceur. Comme si une sorte d’aura bienveillante émanait de son être.

« La sophrologie m’a appris à profiter de l’instant présent, à être positive, mais aussi à me ressourcer », explique Line. « Je me sens bien dans  ma vie. Mon épanouissement professionnel a largement contribué à mon épanouissement personnel », enchaîne-t-elle.

Infirmière coordinatrice en charge d’adultes atteints de mucoviscidose, et depuis peu diplômée en sophrologie, Line est depuis toujours attirée par les médecines complémentaires et par la relaxation. « Tout a commencé quand je faisais des soins ou des nursings. Je prenais le temps de discuter avec les patients, de leur tenir la main ou de les masser pendant la toilette. On pourrait penser que c’est inutile ou superficiel lorsque l’on est débordé par le travail.  À mon sens, ces gestes contribuent au contraire à un gain de temps car ils permettent de détendre le patient. Tout devient ainsi moins compliqué à réaliser ».

Alors, depuis que Line est infirmière coordinatrice, elle a institué le massage de relaxation comme un soin parmi d’autres dans son quotidien. « Je vois beaucoup de patients en fin de vie, qui meurent parfois en s’étouffant. La plupart d’entre eux sont demandeurs de cette attention pour se sentir mieux. Je ne m’impose jamais, mais je me mets à disposition s’ils le souhaitent après  un entretien et une explication ». En service lorsque les patients sont hospitalisés, ou dans une salle qui juxtapose son bureau, lorsqu’ils viennent en consultation, Line pose ses mains bienfaitrices  sur ces personnes dont l’image corporelle est bien souvent détériorée.

Une organisation complexe

À 49 ans et comme toute infirmière expérimentée, Line a connu toutes sortes de services d’hospitalisation où les soins ponctuent le quotidien. Jusqu’à ce qu’on lui propose, il y a 13 ans, son poste d’infirmière coordinatrice. « C’était une création. Avant , les patients atteints de mucoviscidose atteignaient rarement l’âge adulte.  En conséquence, aucune formation n’était prévue pour moi. J’ai donc dû me débrouiller en autodidacte, pour savoir comment organiser mes journées et comprendre mon rôle ».

Depuis, elle gère son planning. Elle s’occupe entre autres de faire le lien entre le domicile et l’hôpital des 400 patients dont elle a la charge avec deux autres infirmières. Il s’agit de chercher les cabinets libéraux et les prestataires de service qui prendront le relais. Il s’agit aussi, si nécessaire, de former les patients aux gestes techniques. « C’est pour cette raison que j’ai décidé de garder la main et de continuer à pratiquer des soins au quotidien. Autrement, je ne pourrais pas expliquer objectivement aux patients comment changer leurs perfusions ou préparer leurs aérosols ».

Dans le cadre de sa mission, elle intervient également dans les IFSI et fait des études qu’elle présente lors de congrès ou de colloques. Elle est notamment à l’initiative de l’élaboration d’une étude concernant les médecines complémentaires. Aidée par ses collègues coordinatrices un peu partout en France, elle a épluché 700 questionnaires anonymes, distribués auprès des patients atteints de mucoviscidose. « Le résultat est sans équivoque. Une majorité  a recours à une médecine complémentaire en dehors d’un traitement conventionnel. Seulement, comme le sujet est un peu tabou et qu’il n’est pas toujours pris au sérieux, les malades ne s’aventurent pas à l’évoquer avec leur médecin », explique Line.

Elle, a osé en parler. Sa pratique est depuis admise dans son travail, même si elle n’est pas vraiment officielle. « Les médecins avec lesquels je coopère sont ouverts. Ils ont bien compris qu’il n’y avait que des bénéfices à de telles pratiques». Reste que Line souhaiterait pouvoir intégrer pleinement ses compétences de sophrologue à son métier d’infirmière. Elle aimerait aussi une meilleure reconnaissance de cette activité parallèle et pouvoir lui consacrer davantage de temps.

Dans un avenir proche et dans le cadre d’un protocole en cours, en collaboration avec un ostéopathe et 3 autres sophrologues, cela pourrait bien se concrétiser.  Il est question de mettre en place des séances de sophrologie à domicile, pour 30 adultes et 30 enfants atteints de mucoviscidose et souffrant de douleur chronique afin d’en évaluer l’efficacité. À suivre.

Malika Surbled

Line Agrario en 4 dates :

1985 : obtient son DE à Necker.

1985 / 1998 : exerce consécutivement aux urgences, en orthopédie, en chirurgie urologique au sein de l’AP-HP

1998 : devient la première infirmière coordinatrice en charge d’adultes à l’hôpital Cochin. Consacre son temps libre à se former au toucher-massage et aux approches de relaxation

2011 : achève son cursus de sophrologie (3 ans) mené en parallèle de son activité d’infirmière

 

La sophrologie en quelques mots :

La sophrologie est une science créée en 1960 par Alfonso Caycedo (médecin neuropsychiatre colombien qui étudie la conscience humaine), visant à favoriser la résolution de désordres physiques, psychiatriques ou physiologiques ou existentiels et à améliorer la qualité de vie.

Elle se situe au croisement de la relaxation occidentale et de la méditation orientale.

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réactions

15 réponses pour “Line, infirmière et sophrologue”

  1. Mandragore dit :

    La sophro n’implique pas une prise en charge plus gobale qu’autre chose. Et justement il n’y a aucune preuve qu’elle apporte un mieux être aux patients.

    Si des soignants ont le temps de s’adonner à cette discipline très contestable, tant mieux pour eux.

  2. Cilou dit :

    Bonjour,
    Je trouve la démarche de Line très intéressante. Cela rassure de voir que le système de soin commence à intégrer la prise en charge globale de l’individu.
    En plus d’apporter un mieux être au patient elle donne aux soignants un reel sentiment d’accompagnement.

  3. mandragore dit :

    Il n’y a aucun argument scientifique en faveur de la sophro autre que comme un adjuvant.

    Et encore …

    J’ai du mal à comprendre ce que peut être un “master de sophro” au vu de ce qu’est cette pratique et des postulats sur lesquels elle repose.

  4. @Mehdi tu as choisis quel institut de formation ? Bonne journée à tous et toutes

  5. Mehdi dit :

    Je commence mes études de sophrologie je suis persuadé de l effet positif de cette discipline

  6. Mandragore dit :

    Master en sophro ?

    La sophro n’est pas une discipline scientifique, c’est au mieux une méthode de relaxation.

  7. Nadine C. dit :

    Vous avez une belle carrière.
    Cette double compétence pourrait bien amorcer la réflexion sur des pratiques avancées (Master) en sophrologie pour les IDE dans le cadre d’une meilleure prise en charge de la douleur… en complément d’un D.U Douleur pourquoi pas (très théorique au final).

  8. Sabine dit :

    une autre approche de la profession..bravo!!

  9. Martin dit :

    je suis penchée vers les médecines douces et je crois que la sophro est idéale..

  10. Celine dit :

    J’ai travaille avec Line c’est une professionnelle accomplie de qui j’ai beaucoup appris.

  11. Philippe dit :

    Et ben chez Actu Soins, ils bossent tôt !

Il faut être connecté pour écrire un commentaire Se connecter

retour haut de page
256 rq / 1,741 sec