Urgences médico-psychologiques : des volontaires épuisés

« La cellule d’urgence médico-psychologique(CUMP) du SAMU de Paris vient de vivre une situation de crise sans précédent", explique au Quotidien du Médecin le Pr Didier Cremniter, son directeur, qui est également le référent national du réseau d’urgence médico-psychologique. 

Urgences médico-psychologiques : des volontaires épuisés

©Wikimedia Commons

« Une quarantaine de permanents du SAMU et de volontaires de l’EPRUS, des psychiatres pour un tiers d’entre eux, des psychologues et des infirmiers, ont été envoyés sur les différents sites, soit la totalité des effectifs de la CUMP75, renforcés par les CUMP des départements franciliens ».

« Jusqu'à 200 victimes le premier jour »

« D’abord prises en charge dans l’immeuble de Charlie Hebdo, les personnes pouvant présenter un traumatisme psychologique ont été regroupées sur une plateforme à l’Hôtel-Dieu, un établissement choisi pour sa proximité avec la Préfecture de Police ainsi que pour la disponibilité des urgences psychiatriques", rappelle ce médecin.

Le premier jour (attentat contre Charlie Hebdo), la cellule a reçu jusqu'à 200 personnes.  « Le nombre s’est encore accru le lendemain et le surlendemain, en particulier à Dammartin-en-Goële, où deux écoles accueillaient un effectif de 1 000 élèves, dont les parents étaient en état de choc", explique-t-il au Quotidien du Médecin.

Des volontaires frappés d’épuisement

 "Pour la première fois depuis la création des CUMP, des intervenants frappés d’épuisement ont dû être contraints à une pose de 24 heures, certains ont même été jugés trop éprouvés pour reprendre le travail », constate le patron de la CUMP. 

Pour l’heure, ses équipes continuent à traiter de nouveaux patients, au rythme d’une quinzaine de personnes qui téléphonent encore chaque jour, notamment au retour des enterrements, en France et en Israël. « Aucune victime ne doit rester sans soin, avec des risques d’enfermement post-traumatique, souligne le patron de la CUMP. Nous ne lèverons l’alerte que lorsque les appels s’interrompront. »

Rédaction ActuSoins, avec Le Quotidien du Médecin

 

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