Semaine européenne de la réduction des déchets : Et si l’hôpital s’y mettait ?

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Les établissements de santé génèrent plus de 700 000 tonnes de par an. Pour limiter les conséquences économiques et environnementales de cette production, certains hôpitaux s’impliquent dans une démarche de développement durable. Les infirmiers et soignants, eux aussi, peuvent agir.

Semaine européenne de la réduction des déchets : Et si l’hôpital s’y mettait ?

© njgphoto - iStock

« L’exemple type d’incohérence que l’on trouve dans les services, c’est l’usage d’une unique poubelle DASRI au pied d’un lavabo quand on se lave les mains » analyse Philippe Perrin, éco-infirmier formateur engagé dans le développement durable.

« Les soignants ont une marge de manœuvre plutôt limitée car la réduction des déchets se joue plutôt au niveau de la politique des établissements, mais dans cet exemple précis, le soignant peut faire remonter l’incohérence pour, peut-être quelques jours plus tard, avoir une double poubelle à sa disposition », note-t-il.

Faire remonter les informations, trier les déchets, non pas pour les réduire mais pour participer à une meilleure valorisation et un recyclage éventuel, limiter les impressions de papier, s’organiser de façon à utiliser le matériel dans sa quantité nécessaire : voici une partie des recommandations aux soignants formulées par Philippe Perrin.

Des actions concrètes

Nombreux sont les établissements qui s’investissent dans une démarche de réduction des déchets. C’est le cas par exemple du CHU d’Amiens, qui a opté pour un recyclage des outils métalliques à usage unique à la sortie du bloc opératoire.

Au lieu de jeter le matériel dans la filière d’élimination des DASRI, celui-ci est récupéré, stérilisé, broyé et revendu à une filière d’inox.

Autre exemple, la FHP (Fédération des cliniques et hôpitaux privés) Ile de France s’investit actuellement dans une étude et une réflexion autour du recyclage du verre médicamenteux. Car celui-ci, jusqu’à présent en France n’est toujours pas recyclé, mais bien jeté avec les DASRI.

Avec 45 types de déchets hospitaliers identifiés et des filières de tri bien moins conséquentes, l’axe d’amélioration est donc encore important pour les établissements.

Des hôpitaux limités dans leurs possibilités d’action

« Il y a beaucoup d’incohérence en France. Actuellement, on dit qu’en termes de coût, il vaut mieux payer une pince métallique à usage unique chinoise plutôt que de payer la main-d’œuvre française pour la stériliser. C’est absurde d’en arriver là d’autant qu’il existe des solutions pour que le recyclage soit aussi rentable financièrement » regrette Olivier Toma, président du C2DS (Comité pour le développement durable en santé).

Plus que les pinces métalliques, jetées à la poubelle pratiquement partout en France, c’est l’usage unique en général qu’Olivier Toma remet en question, hors raisons avérées infectieuses.

« On est, poursuit-il,  face à des lobbys industriels très puissants qui ont intérêt à ce que l’on achète puis l’on jette. Mais tout cela mérite une réflexion de l’Etat sur le sujet. Les allemands effectuent du re-processing, c’est à dire qu’ils recyclent ».

Pour Olivier Toma, la solution économique au gaspillage et à l’impact environnemental des déchets résiderait dans la mutualisation inter établissements des déchets qui n’intéressent personne.

« Si un établissement de santé produit 200 kg de déchets métalliques, aucun prestataire ne voudra venir les récupérer, ce n’est pas suffisamment intéressant pour eux. Alors que si tous les établissements d’une région ou d’une ville organisent une collecte le même jour pour un recyclage via autoclave, cela deviendra intéressant" , explique-t-il.

Plusieurs initiatives de ce genre sont en cours en France pour dans un premier temps identifier et mesurer les déchets, puis dans un deuxième temps les recycler.

Malika Surbled

 

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Réactions

1 réponse pour “Semaine européenne de la réduction des déchets : Et si l’hôpital s’y mettait ?”

  1. On fait remonter, et ensuite c’est le cadre sup qui nous remonte les bretelles pour avoir chercher des poux “au trucs institutionnelles qu’il ne faut surtout par remuer”. Un peu comme les vieux tapis…

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