Nous publions, ci-dessous les principaux extraits d’un article complet sur le procès du Dr Nicolas Bonnemaison paru dans le Quotidien du Médecin. Dans le prochain magazine ActuSoins (fin juin), retrouvez un reportage d’ActuSoins auprès d’infirmier(e)s face à la fin de vie.
Le Dr Bonnemaison accusé d’avoir empoisonné 7 patients en fin de vie entre mars 2010 et juillet 2011 dans l’Unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) de l’hôpital de Bayonne. Le procès, s’est resserré autour de la loi Leonetti, avec les témoignages de nombreux médecins et personnalités médicales.
Plusieurs collègues de l’urgentiste lui ont rendu hommage, saluant ses qualités humaines ou professionnelles, face à des situations de fin de vie extrêmement douloureuses. Le Dr Emmanuel Muller, réanimateur et chef de pôle à l’hôpital de Bayonne, s’est dit « surpris et secoué » par la mise en examen d’un médecin qui remplissait parfaitement sa mission.
Une collégialité délicate
(…) À travers ses témoignages, se dévoile la non-évidence de la mise en œuvre de collégialité, obligatoire en cas d’arrêt des traitements, non en cas de sédation, bien que la loi Leonetti demande d’informer la personne concernée et son entourage et de consigner la décision dans le dossier.
(…)Un autre médecin anesthésiste réanimateur, au CHU de Toulouse, leDr Kamran Samii, a livré son interprétation de l’esprit de la loi, lorsqu’il a poussé la seringue sans l’expliquer ouvertement aux proches, qu’il avait accompagnés : « J’ai interprété la collégialité comme moi + les informations que j’ai recueillies ».
(…) D’autres professionnels ont insisté sur les situations d’agonie qui passent à travers les mailles de la loi Leonetti. « C’est un aspect occulté ces dernières années. Si on décide l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielle, le compte à rebours s’enclenche. La personne va mourir de déshydratation. Ce temps d’attente peut être très éprouvant », a expliqué le Dr Pierre Brillaxis, médecin coordonnateur de l’équipe mobile de soins palliatifs de Bayonne.
(…) « Cette affaire n’est pas celle de l’euthanasie, mais celle de l’aide à l’agonie, ce passage de quelques heures où les patients ne sont plus encore vivants, pas encore morts », a résumé le Pr Jean-Étienne Bazin, anesthésiste réanimateur.
Jusqu’où peut évoluer la loi ?
Le député Jean Leonetti a lui même reconnu les limites de sa loi face à un patient inconscient, pour lequel on manque d’éléments objectifs permettant d’évaluer les doses d’antalgique à donner. Il a admis que les agonies qui se prolongeaient posaient question. La loi devrait évoluer vers un renforcement de l’opposabilité des directives anticipées et un recours facilité à la sédation, a-t-il dit.
Selon le père de la loi de 2005, Nicolas Bonnemaison a violé le droit pénal en donnant la mort à des malades qui ne le demandaient pas, et s’est rendu coupable de pratiquer une médecine d’une autre époque, solitaire, où les soins palliatifs étaient rares. « Mais il n’est pas un assassin. Il est un médecin qui de bonne foi a fait ce qu’il pensait devoir faire », assène Jean Leonetti.
Deux anciens ministres (Michèle Delaunay et Bernard Kouchner) ont aussi réfuté le qualificatif d’« assassin »pour Nicolas Bonnemaison. Bernard Kouchner a défendu les « illégalités fécondes » des médecins pour accompagner la fin de vie. « Se détourner de la fin de vie est facile et appliquer la loi c’est plus facile que de la transgresser », a-t-il déclaré
Rédaction ActuSoins, avec Le Quotidien du Médecin
L’Actu : Le gouvernement a chargé les députés UMP Jean Leonetti et PS Alain Claeys, de proposer des aménagements à la loi sur la fin de vie. Ils devront remettre avant le 1er décembre 2014 leurs propositions, a indiqué le 20 juin le ministère de la Santé dans un communiqué. A lire dans ActuSoins
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