Les infirmières anesthésistes lancent un préavis de grève

Les infirmiers anesthésistes s'impatientent de la non-reconnaissance officielle de leur nouvelle formation au grade master. Le Snia (Syndicat national des infirmiers anesthésistes) réclame également la création d'une grille spécifique Iade et la prise en compte de la pénibilité du métier. Un préavis de grève a été deposé pour le 5 juin.

Le mouvement de contestation des infirmiers anesthésistes en 2010 a été massivement suivi et médiatisé. ©Jiémel

Le mouvement de contestation des infirmiers anesthésistes en 2010 a été massivement suivi et médiatisé. ©Jiémel

En février dernier, le Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia) avait fait planer la menace d'une grève si ses demandes n'étaient pas entendues. La menace est aujourd'hui mise à exécution. Le syndicat a déposé un préavis de grève nationale pour le jeudi 5 juin.

Dans la lettre recommandée qu'il a adressée au ministère des Affaires sociales et de la Santé le 24 mai dernier, le Snia précise que ce préavis concerne l'ensemble des Infirmiers anesthésistes diplômés d'État (Iade), les cadres et cadres supérieurs infirmiers anesthésistes et les étudiants en cours de formation.

Les revendications du Snia sont triples : la parution du décret officialisant le grade master pour la formation des infirmiers anesthésistes, la revalorisation indiciaire pour la profession avec la création d'une grille spécifique Iade et la prise en compte de la pénibilité du métier.

Master bloqué

Pour rappel, en février, le Snia déplorait que l'officialisation du grade master soit suspendue au conventionnement de toutes les écoles d'Iade avec leurs universités de rattachement. À l'époque, "seules 15 écoles sur les 28" étaient conventionnées ou en processus de finalisation".

Dans un courrier adressé le 5 mai à Benoît Hamon, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le Snia, la CGT Santé et Action sociale et Sud Santé sociaux précisent  que depuis 2010, toutes les composantes de leur profession ont collaboré avec les pouvoirs publics "pour mettre en œuvre une nouvelle maquette de formation et l'adosser aux exigences universitaires".

"La totalité des écoles d’infirmiers anesthésistes a réussi à mettre en œuvre cette formation rénovée en un temps record sur tout le territoire national", ajoute ce courrier qui était encore sans réponse, le 28 mai. D

Les syndicats déplorent par ailleurs : "le parcours type financé qui devait être proposé aux Iade déjà diplômés, dont la formation initiale était reconnue extrêmement proche du niveau master, est balayé de la main par les directions ministérielles, les tutelles poussant le cynisme à inviter ces professionnels à obtenir un niveau master en passant... un master !" 

Multiples soutiens syndicaux

Le mouvement des Iade est soutenu par la Coordination nationale infirmière (CNI). "La promotion 2014 doit obtenir la reconnaissance universitaire attendue", écrit-elle dans un communiqué le 28 mai. La Fédération FO Santé et le SNPI apportent également leur soutien aux Iade.

"La seule revendication du mouvement IADE de 2010 qui était entérinée, se trouve remise en cause. De toute évidence, nous nous retrouvons une fois de plus bernés !", s'insurge le SNPI qui ajoute deux revendications : l'élargissement de l’exclusivité d’exercice des IADE et le retrait de l’article 51 de la loi HPST avec ses transferts d’actes et la déqualification des soins.

 "En parallèle, la profession I.A.D.E. attend toujours une véritable reconnaissance de ses compétences par une grille salariale de niveau BAC+5, et non la sous-catégorie A attribuée à l’ensemble de la filière infirmière", ajoute la Fédération Santé Social CFE CGC .

Rédaction ActuSoins

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