Eco-infirmier ou comment faire de la prévention en santé-environnement

L’, la promotion de la santé, la prévention : ces thématiques sont depuis toujours son cheval de bataille. , le seul et l’unique éco-infirmier de France, entend bien étendre cette fonction à d’autres.


Eco-infirmier ou comment faire de la prévention en santé-environnement« J’ai toujours été intéressé par le domaine de la santé et par l’environnement », raconte Philippe Perrin. D’ailleurs, dès le début de ses études en soins infirmiers en 1989 au Creusot (Bourgogne), il décide de créer en parallèle à Autun, une association de protection de l’environnement à une échelle régionale.

Objectif : la préservation de l’environnement local et la diffusion d’informations au grand public. « Quand j’ai créé cette association, on parlait encore peu de l’environnement », se rappelle-t-il.

Il mène cette action tout en terminant sa formation d’infirmier par un travail de fin d’étude qu’il intitule « , une autre voie ? ». Une fois son diplôme d’infirmier en poche, Philippe Perrin se lance dans la vie active et travaille pendant quatre ans dans différentes structures (cliniques, hôpitaux, santé au travail, santé scolaire). Mais il ne laisse pas pour autant de côté l’environnement et décide de suivre en même temps une formation d’éco-conseiller à Strasbourg en 1993/1994.

Puis, il choisit de mettre en partie de côté son activité d’infirmier « pour travailler au sein de collectivités avec pour mission d’intégrer la notion de développement durable dans ces structures, souligne-t-il. Cela m’a permis de faire le lien entre l’environnement et la santé. » Il travaille pendant trois ans en région Midi-Pyrénées en tant que conseiller en environnement dans les communautés de communes, tout en faisant des contrats de vacation en tant que formateur au sein des Ifsi.

Mais petit à petit, son activité d’infirmier au sens stricte du terme n’a plus de place dans son activité professionnelle puisqu’il décide de s’investir totalement dans l’environnement et passe un diplôme inter-universitaire de santé publique et environnementale à Grenoble en 1998. « Bien qu’à cette époque j’intervenais déjà en Ifsi sur le thème de la santé-environnement, je souffrais d’un problème de reconnaissance, explique-t-il. C’est pour cela que j’ai fait ce diplôme. »

 Un rôle de formateur

Après l’obtention de son diplôme, Philippe Perrin s’installe à Aix-les-Bains où il poursuit son travail de sensibilisation. « Je travaille dans toute la France ainsi que dans les DOM et les TOM », précise-t-il. Pour la formation initiale, il intervient dans une quarantaine d’Ifsi, mais aussi auprès des aides-soignantes, des sages-femmes, des puéricultrices. « Je dispense également de la formation continue dans les conseils de l’ordre des sages-femmes et des médecins », indique-t-il.

Parmi les thématiques traitées en cours : l’air et la santé, les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, les champs électromagnétiques, l’économie de la santé ou encore l’épidémiologie.

« Même si je ne dispense plus de soins, je me sens toujours infirmier car je fais de l’éducation à la santé, fait-il savoir. Pendant nos études, je trouve que nous sommes uniquement formés à être des professionnels des pathologies, des traitements. Notre formation est faible sur la prévention. Il faut vaincre les résistances pour faire accepter l’idée que l’on puisse être professionnel de santé et ne travailler que dans le champ de la prévention », explique-t-il.

 Création d’une formation

Soucieux de sensibiliser les professionnels de santé à ces problématiques, Philippe Perrin est actuellement en train de mettre en place une formation, à Saint Egrève (Isère), afin d’intégrer dans la pratique soignante la notion de santé-environnement. L’objectif est de donner aux soignants les clefs pour qu’ils puissent apporter à leurs patients des éléments de recommandations et une clarté sur la réduction des expositions.

« Il s’agit d’une formation indépendante, pas encore reconnue, dispensée dans un Institut de formation en santé environnementale (IFSEN), explique-t-il. J’avais ce projet dans les cartons depuis un moment et les structures avec lesquelles je travaille ont constaté une demande de la part des professionnels.» La formation, qui se déroule sur neuf mois, est essentiellement accessible aux professionnels de santé. Le premier module s’est déroulé fin septembre, avec 16 personnes inscrites. « A terme, l’objectif est de se rapprocher de la faculté pour mettre en place un diplôme universitaire », conclut-il.

Laure Martin

 Pour plus d’informations : http://www.ecoinfirmier.com/

 

 

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Réactions

3 réponses pour “Eco-infirmier ou comment faire de la prévention en santé-environnement”

  1. Oui dans le mien aussi ! Nous c’etait sur un apres midi

  2. Adeline Broc dit :

    il est intervenu dans mon IFSI ! très intéressant ! De mémoire ça avait duré une journée entière ce qui faisait long mais écologiquement il fallait rentabiliser le déplacement.

  3. Seb Ace Tien dit :

    je suis d’accord avec…quand j’étais infirmier militaire en Guyane française, j’avais intégrer une notion de lutte intégrée donc semi biologique pour éviter l’utilisation massive des insecticides pour lutter contre les moustiques et utiliser le BTI H14 pour détruire les larves de moustiques et ainsi éviter la prolifération des moustiques donc des risques de dengue et de paludisme…à bon entendeur…salut!!! c’était en 2000-2001 ce projet…mais va faire bouger des administratifs fainéants qui occupent des postes à responsabilités…les pantouflards en tout genre qui font c…r les autres qui bossent…

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