Prévention des addictions : le rôle singulier de l’infirmier

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Le Réseau de prévention des addictions (RESPAAD) a organisé début décembre, en collaboration avec la Fédération addiction une conférence portant sur l’infirmier face aux addictions. L’occasion de rappeler son rôle fondamental dans la prévention de la dépendance aux drogues.

 RESPADD addiction infirmière« La société est aujourd’hui addictogène et il y a une grande banalisation de cette addiction, signale Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération addiction. Il y a une hyper sollicitation de la pulsion, de la culture de l’excès, de la sensation forte qui est de plus en plus proche de la culture de la défonce. On parle de processus d’individualisation de la pulsion. »

Selon lui, la profession infirmière est celle qui peut mener le plus grand travail dans ce domaine notamment parce que l’addiction interroge la fonction éducative et que l’infirmière est l’un des interlocuteurs qui relaye le plus cette fonction.

La profession infirmière, qui est également au sein du dispositif de soins, est le témoin de l’addiction et intervient également dans la fonction thérapeutique.  Enfin, « sa fonction de réduction des risques est essentielle avec des équipes qui vont au contact des usagers », précise Jean-Pierre Couteron.

Et d’ajouter : « Ces trois fonctions peuvent se compléter pour donner une bonne prise en charge du patient. » « L’infirmière est en première ligne face à des populations vulnérables », poursuit Karim Mameri, secrétaire national de l’Ordre des infirmiers. "La prévention par l’éducation à la santé reste l’une des priorités essentielles de notre société. Ce rôle fait partie du décret de compétences des infirmiers et leur rôle dans le premier recours doit être davantage reconnu. »

Une formation indispensable

D’après les différents intervenants, pour accomplir ce rôle fondamental, les infirmiers doivent pouvoir bénéficier de formation afin de mieux prendre en charge les addictions et les prévenir. « Les savoir-faire pratiques de la prévention secondaire peuvent être complexes, signale le Dr Philippe Michaud, directeur de l’Institut de promotion de la prévention secondaire en addictologie. Je milite pour que les personnes déjà confrontées à la pratique clinicienne puissent avoir, dès leur formation initiale, des apprentissages sur ce savoir-faire. »

Le recours à l’entretien motivationnel par les infirmiers prenant en charge des personnes atteintes d’addictions semble également faire l’unanimité. « Il s’agit d’une méthode de communication participative orientée vers des objectifs précis notamment renforcer la motivation personnelle plutôt que privilégier le changement imposé », rapporte Jacques Dumont, infirmier tabacologue clinicien en Belgique.

Cette technique semi-directive est centrée sur la personne à aider. Il s’agit d’un échange entre deux experts, l’infirmier, expert sur la santé, et le patient, expert de sa vie et de son addiction. Le respect de l’autonomie découle de cette technique qui nécessite une formation adaptée.

Laure Martin

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