
« La loi ORE s’applique à tous les étudiants de l’enseignement supérieur, comme les étudiants des instituts paramédicaux sont de grade licence, la loi s’applique à eux également », explique Florence Girard, présidente de l’Association nationale des directeurs d’école paramédicale (Andep). Les candidats aux études de soins infirmiers doivent désormais s’inscrire sur la plateforme d’affectation Parcoursup, pour effectuer leur orientation.
Un modèle plus adapté ?
« Cela fait longtemps que nous décrions le concours d’entrée aux études en soins infirmiers en raison de la sélection sociale qu’il instaure, rapporte Ludivine Gauthier, présidente de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi), satisfaite de cette nouvelle organisation. Nous voulons aussi être considérés comme des étudiants de l’université à part entière. »
La Fnesi a suivi de près la mise en place de Parcoursup, et après avoir décrypté l’outil, « nous considérons que le modèle devrait fonctionner pour les étudiants en soins infirmiers », précise-t-elle. « Peut être que dans sa forme actuelle, le concours a trouvé ses limites », s’interroge Florence Girard avant d’ajouter : « De nombreux étudiants préparaient ce concours dans des classes préparatoires, ils étaient parfois un peu formatés à force d’être entraînés, ce qui avait conduit à baisser l’intérêt des tests. Idem pour l’entretien. Déceler l’aptitude des candidats en vingt minutes, ce n’était pas une valeur sûre. » D’ailleurs, pour les étudiants inscrits en classe préparatoire pour préparer le concours d’entrée en IFSI qui n’existe plus, cette année va néanmoins être valorisée dans leur dossier.
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Une information à mettre en place
Des groupes de travail, chapeautés par Stéphane Le Bouler, chargé de la mission sur l’universitarisation des formations paramédicales, dans le cadre du comité de suivi du processus d’universitarisation, planchent actuellement sur la mise en œuvre du dispositif afin de veiller à son opérationnalité à la rentrée 2019. « Désormais, les futurs étudiants vont devoir remplir leur vœux dès la Terminale, cela suppose de mettre en place les outils d’informations pour l’Education nationale, souligne Florence Girard. Les professeurs principaux vont devoir se positionner sur le choix de leurs élèves, et sur leur aptitude à entrer dans la filière. Ils doivent donc savoir ce qui est attendu en termes de compétences comme cela a été fait dans les autres filières. »
Le comité de suivi va également devoir travailler sur une fiche présentant le métier d’infirmier, le cursus de formation et la carrière afin que les étudiants sachent dans quoi ils s’engagent. « L’ensemble de ces informations ne peuvent pas être uniquement transmis par des documents écrits, estime la présidente de l’Andep. Nous allons devoir travailler au plus près de nos partenaires de lycées et organiser des journées portes ouvertes. » « A notre échelle, nous allons présenter la formation dans les lycées, fait savoir Ludivine Gauthier. Ce qui est intéressant dans notre maillage, c’est que les Ifsi peuvent avoir des contacts avec les lycées, notamment dans le cadre du service sanitaire. »
Des limites à surveiller
Mais attention, comme pour le concours, ce système peut présenter quelques limites. « Dans les dossiers actuels de Parcoursup, les étudiants doivent écrire une lettre de motivation, indique Florence Girard. Tout le monde peut l’écrire à leur place. Il va falloir croiser les informations pour faire une étude du dossier au plus juste. » Les quotas au sein de chaque Ifsi restent identiques mais il va falloir veiller à ce que l’ensemble des Instituts de formation soient « fournis » en candidats, en fonction du nombre de places disponibles pour la formation. Un modèle commun de sélection va par ailleurs être établit afin que l’étude des dossiers des élèves soit mutualisée.
« Une grille nationale avec des critères et des attendus nationaux va être définie, ensuite, les dossiers seront examinés par territoires universitaires », indique Ludivine Gauthier, précisant que la Fnesi a été attentive à ce que les étudiants n’aient pas à payer des frais de dossier. La Fnesi insiste aussi sur la nécessité de maintenir la pluralité des profils dans les Ifsi « car il arrive que nous entendions des discours élitistes dans les groupes de travail, met en garde Ludivine Gauthier. Les futurs étudiants doivent venir de toutes les filières. »
Ce travail devrait être terminé vers le mois d’octobre pour qu’à la suite des premiers conseils de classe de novembre, les professeurs de Terminale puissent informer au mieux les futurs candidats.
Laure Martin











ON est dans la merde
N’importe quoi…
Ah ! Parcours sup ! on en rajoute sur un concept qui dysfonctionne à 100 % ! Contrairement à ce que prétendent les médias ” aux ordres ” ! Bon courage les futurs étudiants infirmiers ! grr
Bonjour
Bien que cet article date de quelques années, en tant que membre d’une association accompagnant des personnes atteintes de maladies chroniques, je me questionne sur le recrutement des futurs professionnels de santé. En effet, que ce soit le métier d’IDE, de psychomotricien, d’ergothérapeute, d’AS, d’orthoptiste, de plus en plus de formations font l’objet d’un recrutement via PARCOURSUP.
Cette décision est scandaleuse pour la sécurité du patient. En effet, comment peut-on sélectionner des aspirants professionnels de santé à l’aide d’un algorithme ? Un algorithme est-il capable de déceler :
– des troubles psychologiques d’un candidat pour ne pas dire psychiatrique (Bipolarité, perversité)
– la motivation du candidat et ses qualités humaines (empathie, capacité de supporter la souffrance)
– les capacités cognitives du candidat.
Aussi, avec PARCOURSUP, il y a un risque de générer un homogénéisation dans le choix des candidats avec une volonté de rapprocher davantage la formation d’IDE vers l’Université (Bac S, 1re année de médecine ; ils ont leur place en IFSI mais ce qui fait la richesse d’une formation, peu importe le métier d’ailleurs, c’est la richesse des parcours)
Je prône une sélection drastique pour tout métier lié aux soins, du médecin en passant par l’AS, à l’instar des policiers & enseignants. Les policiers sont sélectionnés à l’aide de psychologues, idem du côté de l’éducation nationale. C’est la moindre des choses !
Espérant que la sélection via PARCOURSUP soit définitivement supprimée pour les professionnels de santé. Merci aux professionnels de santé en exercice de se battre pour exiger le retour au concours (Épreuve écrite + test psychologique à effectuer dans un centre habilité + épreuve orale de motivation + demande de casier judiciaire, je pense notamment à un IDE à Paris qui a pu faire des études à l’IFSI alors qu’il était un ex-terroriste = mentor des frères Kouachi, voir l’article dispo sur Actusoins !!!)
Bonjour,
Tout à fait. C’est une catastrophe notamment pour les professionnels de santé chargés du tutorat.
Je les plains vraiment. L’absence de concours va accroître le taux d’abandon (qui était de 20 à 30% dans certains IFSI, même avec le concours !)
Je vous laisse imaginer pour des étudiants venant de PARCOURSUP. Si beaucoup sont, j’en doute pas, motivés, il est certain que beaucoup d’ESI venant de Terminal et n’ayant pas fait de stages d’observations, n’ayant pas travaillé dans des lieux de soins vont avoir énormément de difficultés.
Le milieu hospitalier est devenu malheureusement très malveillant à cause de plusieurs facteurs, voir le dossier T2A, loi HPST de 2009, suppression de lits etc…. (Lire Omerta à l’Hôpital, suicides d’internes, IDE, AS, cadre de santé et j’en passe malheureusement).
Parcoursup va donc accroître le taux d’abandon. J’espère qu’un audit sera effectué pour évaluer la qualité de recrutement des ESI Post-Parcoursup et qu’on puisse comparer avec les ESI post-concours. Croyez-moi, ce qui est accessible a moins de valeur. Ce qui est rare ou difficile d’accès à de la valeur.
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Nous attendions depuis de nombreuses années que les études en soins infirmiers soient intégrés dans le cursus universitaire. C’est chose faite. Bien entendu, les modalités restent à définir et à préciser.