Hérault : une solution pour faciliter le maintien à domicile de seniors

À Saint-Jean-de-Védas (Hérault) une infirmière a créé l’an dernier une start-up qui propose un service clé en main pour aider les familles de personnes âgées souhaitant vieillir à la maison.

Caroline Gastaud, infirmière, est coordinatrice de vie pour la start-up qu'elle a co-fondée

Caroline Gastaud (à gauche), infirmière, est coordinatrice de vie pour la start-up qu'elle a co-fondée.

Globalement, près de 90 % des personnes âgées préfèrent vieillir chez elles.

La plupart du temps aussi, les familles ou proches aidants ne savent pas comment trouver un auxiliaire de vie pour assurer tous les gestes de la vie quotidienne, par exemple, qui appeler lors d'imprévus, comment gérer une sortie d’hospitalisation anticipée, trouver une aide-soignante...

« 75 % des aidants familiaux ne connaissent pas les outils à leur disposition pour prendre en charge une personne âgée », confirme Caroline Gastaud infirmière (IDE) depuis 20 ans. « Obtenir l’information est très souvent un parcours du combattant. »

 Les réalités de terrain – du premier confinement notamment -, ont poussé cette soignante à créer la start-up Autrement senior pour gérer tous les tracas petits et grands, du quotidien.

Coordinatrice de vie

Principe de la structure au sein de laquelle la professionnelle du soin intervient comme coordinatrice de vie : proposer des solutions pour maintenir une personne âgée à son domicile, en sécurité, et pérenniser la prise en charge en coordonnant tous les intervenants, professionnels de santé (infirmières, aides soignants...) auxiliaires de vie et prestataires de services...

« Pour que les choses fonctionnent il faut une coordination derrière », indique l’IDE. « Avoir une seule personne comme contact/ressource en cas de problème ou de demande permet à tout le monde, soignants et aidants, de retrouver son rôle. »

Première étape, avant de proposer un plan d’actions : établir un bilan gériatrique très complet, médical, cognitif, adaptation à l’environnement, etc.

Magali Gastaud, titulaire d’un DU ‘‘Vulnérabilité et fragilité de la personne âgée’’ s’en charge elle-même.

Elle intervient le plus souvent à la demande des aidants qu’elle rencontre au préalable, au domicile du parent âgé. Ainsi sont déterminés ses besoins en même temps que ceux de l’aidant. « J’utilise toutes les grilles professionnelles pour voir le patient dans sa globalité, selon le score de l’Organisation mondiale de la santé », indique Caroline Gastaud.

Alliance thérapeutique

Via son Audit sont aussi notés les contacts utiles (médecins, spécialistes, professionnels de santé…), et au final, se dresse la photographie complète de ce qui se passe à la maison.

« Cela me permet d’extraire les problématiques et de proposer un plan d’action en fonctionnant par priorités », ajoute la soignante. Les solutions et les alternatives amenées aux familles allègent la charge mentale des aidants.

« Ils nous délèguent tout », note la coordinatrice de vie, jusqu’au contrat de travail et à la création d’un compte Urssaf, parfois même la demande d’un plan d’aide (Allocation personnalisée d’autonomie).

C’est la coordinatrice de vie qui assigne les problématiques aux bonnes personnes, en surveille la résolution, et assure aussi les transmissions pour que tout le monde ait le même niveau d’information.

Les IDE qui interviennent, eux, travaillent à leur compte. « Nous nous chargeons d’en trouver pour les patients qui n’en ont pas », indique Caroline Gastaud.

Comme chaque professionnel de santé impliqué auprès des dix-sept patients actuellement pris en charge, les infirmiers aussi peuvent s’appuyer sur la structure, pour toutes leurs tâches administratives.

« Nous créons une synergie autour et avec le patient basée sur une alliance thérapeutique », confie la fondatrice de la start-up qui a obtenu l’agrément « Services à la personne ». Une synergie qui inclut les auxiliaires de vie.

Infirmiers en point d’orgue

« Il devient compliqué aujourd’hui de trouver un infirmier, pour des soins d’hygiène de base », explique la coordinatrice. Nous déléguons beaucoup à ces auxiliaires qui sont nos observantes. »

Pour une toilette ou des soins d’hygiène de base, « elles ont à disposition le cahier de route où sont consignés tous les piliers du savoir-faire et du savoir-être avec le patient âgé. »

Dans ce dispositif où s’appliquent les principes du management positif, l’infirmière a un rôle central. « C’est le point d’orgue, nous y tenons. »

Idée sous-jacente à moyen long terme : proposer aux infirmiers qui veulent faire évoluer leur travail, de créer ailleurs, des cabinets d’experts de la personne âgée équivalents. Et de les structurer.

Myriem Lahidely

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