Fatigués et stressés, les soignants apparaissent usés par leur travail

Les trois-quarts des soignants jugent leur métier fatiguant, alors que moins de la moitié de la population active est confrontée à cette difficulté. 

Fatigués et stressés, les soignants apparaissent usés par leur travail

© ShutterStock

La santé morale et physique des soignants est toujours au plus bas, pointe le dernier baromètre MNH-Odoxa, réalisé en partenariat avec la Chaire Santé de Sciences Po. 

L'enquête comparative, qui porte sur les conditions de travail, la santé et les attentes des personnels soignants indique en effet que trois-quarts des soignants jugent leur emploi fatiguant, alors que la moitié de la population active est confrontée à cette difficulté. 

Cette fatigue est encore plus prégnante chez les aides-soignants (87%) et chez les infirmiers (79%). 

Par ailleurs, un quart des professionnels pensent être en mauvaise santé, "c'est presque deux fois plus que les Français en activité professionnelle", pointe l'étude. 


"Le déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie privée du personnel de santé est un facteur jouant sur leur santé psychique", explique-t-elle.

Ces professionnels sont ainsi deux fois plus nombreux que les actifs à se dire mécontents de cet équilibre (46% d'insatisfaits chez le personnel soignant contre 23% chez les actifs) et 94% vivent "toujours" ou "souvent" une source de stress pas nécessairement liée à leur métier (concentration, masse de travail, difficulté à "couper" en rentrant chez soi, etc.)

Soigner la carrière des soignants

"Les soignants demandent avant tout des changements sur l'organisation et les conditions de leur travail", indique l'étude. 

Plus de huit professionnels de santé sur dix pensent que leur travail a une incidence sur leur sommeil. Un chiffre de 23 points supérieurs à l'ensemble des actifs. 

En conséquence, trois professionnels sur dix prennent des somnifères ou des tranquilisants, pointe le baromètre. 

Par ailleurs, l'étude relève que les personnels soignants sont confrontés à une charge de travail "importante" : en moyenne, ils travaillent 40h par semaine, soit 3 h de plus que le temps de travail contractuel, alors que les actifs sont en moyenne à 38h par semaine. 


Un quart d'entre eux travaillent plus de 45 h par semaine (plus de 10 points supérieurs au reste des actifs). 

Conséquence de cette quantité de travail : les professionnels de santé sont deux fois plus nombreux à avoir un arrêt de travail pour street que le reste de la population active (soit 12% pour les personnels soignants et 6% pour les actifs). 

Soigner la santé de la profession

L'étude indique aussi que si plus des trois quarts des Français sont satisfaits de leur travail et le sont de plus en plus, les personnels soignants, eux, le sont nettement moins (54%) et de moins en moins (-10 points en 3 ans). "Ces données illustrent la problématique liée à l'attractivité des métiers du soin", pointe-t-elle.

Pour y remédier, les soignants mettent spontanément en avant 4 axes de réflexion et de mesures à mettre en place : 35% souhaitent agir sur le travail lui-même (charge, condition, durée); 17% souhaitent agir sur l'humain (augmentation des effectifs); 13% souhaitent agir sur le temps consacré à la prise en charge des patients; 10% souhaitent agir sur la reconnaissance des métiers. 

Plusieurs pistes sont envisagées comme levier d'action pour répondre aux sources de stress, indique l'étude : soutien psychologique adapté, accès à des crèches disposant d'une amplitude horaire large, perspectives de carrière avec accès à la formation.

Rédaction ActuSoins


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