Travailler à Noël ou au Nouvel an : entre continuité des soins et priorités personnelles

| 2 545 vues | | mots clefs : , , , , 1 réaction

Covid ou pas, les infirmiers qui travaillent à l'hôpital sont très nombreux à devoir travailler à Noël ou au nouvel an, en faisant des compromis entre collègues. Certains travaillent le jour J avec un pincement au cœur, d'autres sans états d'âmes particuliers, d'autres encore se consolent de ne travailler qu'un seul de ces deux jours.

© CRAFT24 / ShutterStock

Nicolas, infirmier (depuis deux ans) en réanimation

« Comme on travaille en 12 heures, on alterne une petite et une grande semaine alors mécaniquement, on travaille une fête mais pas l'autre. Cette année, je travaille au nouvel an. Cela ne me dérange ni plus ni moins. Ce qui m'ennuie le plus, c'est de travailler à Noël car c'est un rituel familial, avec le sapin, l'ouverture des cadeaux, avec mes grands-parents qui ne sont pas éternels.

J'ai toujours travaillé au nouvel an, même avant d'être infirmier, comme secouriste avec la protection civile de Paris, aux alentours des Champs-Elysées ou là où des feux d'artifices étaient organisés. Le nouvel an, en revanche, je le vois plutôt comme une beuverie entre potes pour faire semblant de fermer une mauvaise année et d'en commencer une meilleure. Alors que les années se suivent sans vraiment être meilleures... Vers minuit, c'est l'heure où on fait le tour des patients. Si on voit qu'ils ne dorment pas, on va les voir pour qu'ils ne soient pas seuls devant le décompte des secondes avant minuit à la télévision. »

Gwenaëlle, infirmière depuis 20 ans, travaille en soins intensifs cardiologiques

« Cette année, je travaille à Noël. C'est mon choix car mes sœurs fêtent Noël dans leur belle-famille alors tant qu'à faire, je préfère travailler ce jour férié-là.

De toute façon, avec la crise sanitaire, on n'aurait pas fait la fête de la même manière. Ça fait 20 ans que je suis infirmière, et malheureusement, peut-être, j'ai pris l'habitude de travailler à Noël, un an sur deux. Cela ne me fait pas de pincement au cœur, ça fait partie de la profession. Mon conjoint était sous-marinier, il connaît bien cette problématique de passer les fêtes au travail, et nous n'avons pas d'enfant. On fêtera Noël en décalage avec mes neveux et nièces. Et au moins je ne travaille pas pour les deux fêtes. Dans le service, ce sera un peu spécial cette année, car les visites sont interdites. Pour les patients, c'est plus dur... »


Harrald, DE de 2020, infirmier dans le service de cardiologie d'un hôpital de proximité

« Dans le service, il y a une trame, si une année on travaille à Noël, l'année suivante on travaille le jour de l'an et l'année d'après aucun des deux. Cette année, je travaille le 24 et le 25 décembre. Ça me convient : tant qu'on me laisse la possibilité de faire la fête au nouvel an ! Même avant d'être infirmier, je n'ai encore jamais passé le réveillon du nouvel an au travail.

Les semaines qui précèdent Noël, je ne pense pas du tout que je vais travailler ce jour-là. C'est quand j'y suis que je me rends compte que c'est Noël. Il y a moins de monde, les cadres ne sont pas là. On sent que c'est particulier.

En cardio je vais travailler comme d'habitude. Mais on va faire un repas de Noël avec les collègues après notre poste. Je trouve ça bien, ça casse la routine.

Même si je n'y accorde pas trop d'importance et que je préfère laisser la possibilité à mes collègues qui ont des enfants de ne pas travailler ces jours-là, ça fait quand même un peu quelque chose. On se sent un peu à l'écart. Ma mère aurait aimé que je sois là pour Noël, ça l'embête un peu mais elle sait ce que c'est, elle est infirmière aussi ! »

Hélène, infirmière en pneumologie

« Je travaille pour le nouvel an. On s'est arrangés entre collègues et on a tous réussi plus ou moins à ne pas travailler le jour qu'on souhaitait. On a l'habitude de travailler pour les fêtes, on nous y prépare dès notre formation. C'est moins difficile pour moi de travailler au nouvel an qu'à Noël, qui est une fête familiale. Et depuis que ma fille est née, j'avoue que cela me tient plus à cœur de ne pas travailler à Noël pour le fêter avec elle. Surtout que cette année, c'est son tout premier Noël ! Quand on travaille pendant les fêtes, on essaie d'apporter un petit quelque chose en plus. Surtout cette année, car les visites sont interdites dans le service, qui est passé entièrement en unité Covid. Pour le nouvel an, on essaiera de faire quelque chose, ce qu'on pourra, pour les patients... Entre collègues, on prévoit une demi-heure pour manger tous ensemble, après nos tours. C'est compliqué de le faire en réa ou aux urgences mais nous on arrive plus ou moins à le faire.

On s'est réparti ce qu'on apporte pour le dîner. C'est compliqué de le faire en réa ou aux urgences mais on arrive plus ou moins à le faire. J'ai de la chance, je m'entends bien avec mes collègues et ce sont toujours de bons moments. »


Propos recueillis par Géraldine Langlois

Je m'abonne à la newsletter

Lire aussi, sur ActuSoins.com 

Lettres d’infirmiers au Père Noël (2019)

Nöel chez les infirmiers : « Passer les fêtes à travailler, cela fait partie de notre métier » (2018)

Un réveillon aux Urgences (2018)

Noël : un jour de soin singulier pour les soignants (2017)

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réactions

1 réponse pour “Travailler à Noël ou au Nouvel an : entre continuité des soins et priorités personnelles”

  1. baba dit :

    c est interressant de voir comment les autres vivent les fêtes , moi je choisis de travailler noel car mon mari est en vacances jusqu en février comme ca je suis avec lui apres je travaille en 12 h et en réa j ai les 2 fêtes tous les 4 ans environs mais en échange on travaille plein pot entre les 2 . Avec le covid c est plus difficile pour toute l équipe et un peu sur les rotules car la charge de travail est plus importante

Réagir à cet article

retour haut de page
302 rq / 1,216 sec