Les professionnels de santé cumulent les expositions susceptibles d’affecter leur santé

Les professionnels de santé - infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, professions paramédicales, médecins et assimilés - apparaissent comme une famille d'activité professionnelle particulièrement concernée par la polyexposition, décrit une étude menée par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), Santé Publique France et la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).

Les professionnels de santé cumulent les expositions susceptibles d'affecter leur santé

© ShutterStock

Travail de nuit, exposition à des agents biologiques ou à des substances chimiques, manque de moyens, rythme de travail soutenu, postures physiques difficiles, tensions... Au cours de leur carrière, les salariés peuvent être exposés simultanément à plusieurs contraintes susceptibles d'affecter leur santé à court ou à long terme. 

C'est le cas, notamment, des professionnels de santé qui cumulent des expositions caractéristiques à cinq catégories de contraintes identifiées par l'Anses (chimiques, biologiques, physiques, organisationnelles, relationnelles), pointe l'étude. 

Ces poly-expositions peuvent favoriser "la survenue de pathologies à court ou à long terme et accentuer la pénibilité au travail". 

Une étude d'ampleur

Au-delà des professionnels de santé, l'étude montre que tous les salariés sont concernés par des expositions, quel que soit leur métier ou leur secteur d'activité. 


S'appuyant sur l'analyse de plus de 26.000 questionnaires remplis par des médecins du travail avec des salariés tirés au sort, l'Anses, Santé publique France et la Dares ont construit 39 indicateurs d'exposition.

Ils ont ensuite dégagé des groupes homogènes d'individus poly-exposés et identifiés des secteurs d'activité et des métiers plus concernés. 

Le profil "Cumul de contraintes liées aux professionnels de santé" constitue 3% de la population de salariés et comporte une majorité de femmes (81%, contre 43,5% dans l'ensemble de la population enquêtée). 

Dans ce profil, la totalité des personnes est exposée aux agents biologiques, via un réservoir humain (contre 3,2% de la population enquêtée). L'exposition aux nuisances chimiques est également surreprésentée avec 66% de l'effectif soumis au moins à un agent chimique non classé (contre 24% dans la population enquêtée). 

Plusieurs contraintes organisationnelles sont aussi détaillées. Parmi celles des horaires de travail, le travail posté concerne 43% des professionnels de santé et le travail de nuit, 18%. Dans celles en lien avec le rythme de travail, l'interruption fréquente d'une ou l'obligation de se dépêcher touchent environ 50% des professionnels. 

Les contraintes posturales, le manque de moyens humains, l'exposition à des rayonnements ionisants ou encore l'existence de tensions régulières avec le public sont également surreprésentées dans ce profil. 


Prévention et recherche

"Cette approche globale par profils de polyexposition représente une réelle avancée en matière d'éclairage sur les expositions multiples, afin d'en permettre une meilleure prise en compte", indique le rapport. 

Elle pourrait ainsi fournir une base de réflexion invitant à ne plus penser les contraintes subies par les salariés  (et donc les professionnels de santé) de manière isolée mais dans leur ensemble, accentuant possiblement les risques professionnels associés. 

Suite à ces travaux, "la caractérisation plus précise des professions particulièrement polyexposées mériterait d'être réalisée, comme par exemple pour le personnels de santé", indique le rapport. 

"Il serait également utile de renforcer la recherche pour mieux comprendre comment l'interaction entre certaines contraintes peut conduire à une aggravation des effets pour la santé des travailleurs". 

Rédaction ActuSoins

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