La Fnesi dénonce le bizutage des étudiants en sciences infirmières lors des stages

Des situations de bizutage d'étudiants en sciences infirmières (ESI) pendant leurs stages sont dénoncées depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. 

Une vidéo de la Tiktokeuse Sam.interesse, dénonçant le bizutage sur les lieux de stage des ESI

Une vidéo de la Tiktokeuse Sam.interesse, dénonçant le bizutage sur les lieux de stage des ESI, a été vue plus de 424 000 fois.

"En premier stage infirmier, on m'a demandé d'aller féliciter une maman qui venait d'accoucher. C'était mon premier jour. En fait, elle avait perdu son bébé"; "En stage de formation, on m'a demandé d'aller prendre la température à [une personne] en fin de vie, sans me prévenir que la personne était déjà morte depuis 4 heures"; "Dans un stage on m'a dit que quand un patient décède, on fait la blague au stagiaire de lui  faire prendre la tension et on regarde à quel moment le stagiaire se rend compte que la personne est morte.". 

Depuis quelques jours, les témoignages accablants sur les réseaux sociaux d'étudiants en soins infirmiers bizutés ou témoins de bizutages, font réagir. 

"Nous souhaitons dénoncer ces comportements et le bizutage encore trop présent sur le terrain, bien qu'il soit illégal", indique la Fnesi dans un communiqué. 

Le bizutage est considéré comme un délit par le Code pénal, rappelle-t-on. 


#Balance ton stage

En 2020 déjà, un hashtag #BalanceTonStage avait été lancé pour dénoncer les conditions "intolérables" des étudiants en stage, observe la Fnesi. Une grande majorité des tweets et des publications sont depuis réalisées par des étudiants en sciences infirmières. 

Au-delà du bizutage, ce hashtag dénonce le harcèlement subit en stage par certains étudiants. Et les témoignages pleuvent. "Deux infirmières faisaient le concours de qui arrivait à faire arrêter la formation de l'étudiant en premier"; "Une infirmière s'est présentée à moi comme l'infirmière qui faisait pleurer les étudiants", peut-on lire ici et là.

Les enquêtes, menées par la Fnesi, confirment que ces témoignages correspondent à la réalité vécue par une grande partie des étudiants sur le terrain. Ainsi, en 2017, 33,4% des ESI déclaraient avoir été harcelés par un soignant. 

Les résultats d'une enquête plus récente (2020), intitulée "Covid-19, pas de retour à la normale" sont consternants. "Les dysfonctionnements déjà présents dans les terrains de stage ont fortement été accentués engendrant une mise en danger des ESI : sentiment d'insécurité, détresse psychologique, dévalorisation et démotivation rythment désormais [leur] quotidien", indique la Fnesi. 

Vers une évaluation systématique des lieux de stage ?

Pour l'amélioration de la qualité et des conditions de formation des étudiants en sciences infirmières, la Fnesi demande le développement d'une évaluation systématique et obligatoire des lieux de stage. 

"L'objectif est de mettre en place une plateforme nationale qui permettrait aux étudiant.e.s d'évaluer leurs stages afin d'observer les améliorations notables à mettre en place au sein des établissements accueillant des ESI ", précise la fédération étudiante. 


A l'heure où, la perte de sens et le manque d'attractivité à l'hôpital sont des thématiques centrales, "agir face à ce genre de problématiques est indispensable et serait un levier parmi d'autres, face aux démissions des étudiant.e.s en sciences infirmières". 

Un stage qui se déroule dans de bonnes conditions, "c'est un ESI qui croit en son futur métier et en sa formation". 

Rédaction ActuSoins

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Réactions

9 réponses pour “La Fnesi dénonce le bizutage des étudiants en sciences infirmières lors des stages”

  1. Redonan dit :

    J’ai honte. Je ne peux plus être associée à ce métier, rien n’évolue! Ni les ide qui dysfonctionnent avec leur petit pouvoir sur les jeunes (on vient de reprocher à un stagiaire que je connais, d’être trop poli!) ni les conditions de travail, ni les salaires, ni la reconnaissance et même le respect et la politesse envers nous. Je ne Veux plus être ide! C’est un désastre. J’ai 58 ans, je me sens mal, triste, dégoûtée.

  2. Elisabeth Moreno dit :

    Suis IDe depuis 1987, j’ai été maltraitée pendant mes stages, donc hors de question de le faire à un étudiant..
    Mais il serait bien que l’étudiant se présente et dise bonjour, n’abuse pas de son portable pendant le stage. Certes, je finis ma carrière en EHPAD mais on peut apprendre si on veut
    Car pathologie ++ pec fin de vie etc et les relations…

  3. anonyme dit :

    Ayant travaillé comme cadre en EHPAD pendant quasi 3 ans après 15 ans d’excercice dans les soins, je suis navrée de voir tout çà.

    J’ai mis ma pierre à l’édifice en luttant contre, en accueillant TOUJOURS les étudiants avant leur arrivée en stage, toujours essayé de communiquer au mieux, nommer des « tuteurs », travailler sur les objectifs perso et institutionnels… parfois même tirer les vers du nez ! j’ai même « preté » mes bras et mon nez ces dernières années ! car en effet on a tous été stagiaire un jour !

    dans ma structure, j’ai même travaillé sur un livret d’accueil avec un questionnaire d’évaluation sur différents points (dont mes missions). et bien je peux vous promettre que sur le nombre, même à posteriori du stage, je n’ai eu que 2 retours. tout n’est pas parfait, mais la communication est possible de part et d’autres. il n’est pas question de pointer le mal pour le mal mais d’améliorer les pratiques. le non jugement est possible si chacun se base sur des faits. c’est aussi à force d’allumer le feu que l’édifice brule. chacun doit balayer devant sa porte… combien d’étudiants, de salariés, d’encadrants, de visiteurs… passent ne serait-ce que sans dire juste BONJOUR ! les valeurs se perdent, le respect… c’est bien dommage ! ce qui est sur c’est que le monde du soin va mal mais doit-on en rajouter ? arretons de voir le négatif, avançons ensemble vers le PRENDRE SOIN !

  4. emmanuel dit :

    les étudiants peuvent aussi si les faits sont prouvables ou prouvés saisir le conseil départemental de l’ordre des infirmiers,comme tout particulier..
    une infirmière, fonctionnaire ou pas,si sanctionnée par l’ordre pour ce genre d’actes,risque d’avoir des soucis a continuer a exercer en cas de suspension…

  5. emmanuel dit :

    ahh le mystérieux virus du chefaillon…petit bonapartiste du service,tortionnaire de l’étudiant..
    on a tous eu un moment où un stagiaire nous as énervé par son manque de répondant ou sa passivité…et s’être dit…celui-là j’en veux pas comme futur collègue..
    et c’est humain…le traduire en saloperies est plus discutable…mais aussi les IFSI doivent être plus a l’écoute des services et aussi plus intégrés…la réforme des études a produit du bon…mais aussi beaucoup de distances entres professionnels de terrain et étudiants..

  6. Herisse dit :

    Je suis ff Cadre ,j invite tous nos futurs collègues de faire remonter au cadre de proximité ainsi qu’à votre formatrice référente.
    Vous pouvez dans un deuxième temps faire un déclaration d harcèlement psychologique et saisir le conseil de l ordre.

  7. Bourennane dit :

    Eh bien il faut croire que ses idiots ont juste oublies qu’ils ont été èleves auparavant.
    Après le système etc parceque fonctionnaire on peux rien ben non c’est en se taisant qu’on contribue à ça.
    Sinon il est possible de leurs dires directement aussi qu’ils abusent et aller voir le supérieur cadre ou directeur .

  8. Elo dit :

    Mauvais souvenirs de stage, formation que j ai arrêté à cause des infirmières méchantes qui ne cessent de rabaisser, traité d incapable, rire en choeur avec d autres infirmières lorsque je n arrivais pas à piquer, deshumanisés parfois face aux patients qui éprouve de la douleur »vous faites chier »j ai entendu pendant ce temps le patient gémis de douleur… La liste est longue. Une dégoûtée du milieu infirmier. Plus jamais

  9. Izotop dit :

    La plupart des stages sont effectués à l’hôpital public autrement dit ces infirmiers/infirmières que vous dénoncez sont des fonctionnaires titulaires et donc quasiment indeboulonables
    Désolé c’est le systeme

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