Troubles du comportement alimentaire : prévenir, repérer et agir

En France, 600 000 jeunes adultes et adultes, principalement des femmes, sont touchés par les troubles du comportement alimentaire (TCA). Le 2 juin, une journée mondiale est dédiée à ces troubles pour les faire connaître et rappeler l’urgence à agir quand on y est confronté. Mais comment faire ? Nadine Satori, infirmière spécialiste clinique dans l’unité de soins des Troubles du Comportement Alimentaire du Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris Neurosciences et membre de la Fédération française anorexie boulimie (FFAB) nous éclaire.

Troubles du comportement alimentaire : prévenir, repérer et agir

© ShutterStock

Quelle est la finalité de cette journée mondiale des TCA ?

Cette journée est un moyen de communiquer sur ces troubles pour être plus réactifs et prévenir leur survenue. L’objectif est de parler de ces maladies, de faire connaître les difficultés liées à l’émergence des TCA, de dire qu’elles existent et d’inviter les gens à ouvrir les yeux sur une réalité.

C’est aussi l’occasion de rappeler qu’il existe des lieux de prise en charge dédiés.

Nous constatons une évolution de ces maladies au niveau mondial, de plus en plus de personnes sont concernées. Avec la crise sanitaire et les différents confinements, nous avons observé une hausse des TCA notamment parce que les gens étaient isolés chez eux ou parce qu’ils ont été nombreux à retourner dans leur cellule familiale, parfois source d’anxiété, ce qui se manifeste par des TCA. En 2020, la ligne d’écoute téléphonique Anorexie boulimie Info écoute a enregistré une hausse de 30 % des appels.

Est-il possible de définir une origine aux TCA ?

Il existe plusieurs hypothèses autour de l’origine et de la survenue de ces troubles. L’anorexie mentale et la boulimie ont toujours existé. Mais un constat est partagé : nous vivons dans un modèle sociétal qui prédispose aux TCA ou qui, du moins, ne les empêche pas.

Leur évolution est à mettre en lien avec nos modes de vie, le contexte sociétal, la dynamique familiale ou encore la société de consommation. Certaines mesures des pouvoirs publics vont toutefois dans le bon sens, notamment la loi qui impose aux mannequins un certificat médical attestant de leur bon état de santé global pour exercer leur métier.

Comment prévenir leur survenue ?

La première façon est de parler de ces pathologies, qui, dans 9 cas sur 10 concernent les femmes. Mais aussi un peu les hommes… Il faut le dire, échanger sur le sujet, à la maison, dans le collectif, à l’école notamment.

Il est nécessaire également de faire connaître la ligne d’écoute pour que toutes les personnes en questionnement pour elles-mêmes ou un proche, n’hésitent pas à appeler.

Comment repérer les TCA ?

La symptomatologie de l’anorexie mentale va être la perte de poids, la conduite alimentaire, l’hyperactivité ou encore l’exposition au froid en lien avec une volonté de perdre du poids. L’amaigrissement est souvent le premier facteur d’alerte.

Pour la boulimie, les symptômes peuvent être moins visibles. Néanmoins comme pour tout trouble psychiatrique, la personne est au centre de la démarche de soins, auprès de laquelle un travail motivationnel est nécessaire. 

Et si des symptômes sont repérés, comment agir ?

Si une personne constate de tels troubles chez une autre, elle peut avoir un rôle de conseil, de surveillance et de vigilance. Pour les professionnels de santé par exemple, en cas de doute par rapport à la boulimie ou à l’anorexie mentale, il faut procéder à une enquête, interroger la personne sur son quotidien alimentaire dans le détail. Il faut poser des questions très factuelles sur la quantité d’aliments mangés, à quelle heure, sur le fait qu’elle se fasse ou non vomir.

Les personnes atteintes d’anorexie mentale peuvent parfois être dans le déni de leur maladie et peuvent ne pas s’en rendre compte. Pour celles atteintes de boulimie, elles vont davantage éprouver un sentiment de honte ou de culpabilité par rapport à leur comportement.

Dans tous les cas, si un problème somatique est constaté, il faut être très réactif et encourager la personne à aller consulter son médecin traitant voire l’envoyer aux urgences pour effectuer un bilan sanguin. Car la dénutrition sévère peut entraîner une défaillance d’organes, de même que les personnes concernées par la boulimie, même à poids normal, peuvent être en carence de potassium, avec un risque d’arrêt cardiaque. Il ne faut donc pas ignorer l’urgence.

Il est aussi possible de les orienter vers la FFAB ou des centres experts dans les TCA, des lieux où des professionnels de santé effectuent une évaluation objective de la personne pour définir une prise en charge adaptée. Car toutes les personnes atteintes de TCA n’ont pas nécessairement besoin d’être hospitalisées.

Propos recueillis par Laure Martin

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Ligne d’écoute téléphonique « Anorexie, boulimie, info écoute »

0810 037 037 (0,06€/Min + prix d'un appel local)

 La permanence téléphonique est assurée quatre jours par semaine, de 16h à 18h, par :

- Lundi : des psychologues

- Mardi : des associations spécialisées TCA

- Jeudi : des médecins  

- Vendredi : tous les spécialistes, en alternance

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