Au vaccinodrome de Toulouse, étudiants et retraités infirmiers appelés en renfort

 A Toulouse, le vaccinodrome a ouvert ses portes mercredi 7 avril à 9 heures dans le hall n°8 de l’ancien parc des expositions de la ville. Objectif : vacciner 2000 personnes par jour, 7 jours sur 7 grâce à des étudiants en santé venus prêter main forte ainsi que des retraités, des bénévoles de la sécurité civile et du service de santé des armées.

Au vaccinodrome de Toulouse, étudiants et retraités infirmiers appelés en renfort

© ShutterStock

Manon, 21 ans, est étudiante en soins infirmiers en seconde année à Toulouse. Ce 7 avril, elle est arrivée à 7 heures précises au vaccinodrome de Toulouse pour prendre sa vacation jusqu’à 14 heures comme une centaine d’autres étudiants en santé, tous volontaires.

Au programme : accueil par les responsables du CHU et du SDIS 31 qui gèrent le vaccinodrome, explication du parcours de prise en charge des candidats à la vaccination et affectation à l’un des 16 box de vaccination…

Deux heures plus tard, briefée et équipée de sur-blouse, charlotte et masque, Manon est prête à vacciner et elle n’aurait manqué ce rendez-vous pour rien au monde. «Le CHU nous a contacté via Facebook et je me suis portée volontaire immédiatement, raconte la jeune femme car je voulais absolument participer à l’effort dans la crise que nous vivons. D’ailleurs je m’étais déjà engagée auprès du SAMU lors du premier confinement. »

Vacciner ? Manon sait faire, « lors d’un stage j’avais participé à une campagne de vaccination antigrippe dans un EHPAD. Mais pour ces vaccins spécifiques j’ai suivi une formation supplémentaire de trois heures au CHU avant de venir. »

Aujourd’hui cependant, elle est là en tant qu’étudiante en vacation, rémunérée 13 euros / brut de l’heure par le CHU de Toulouse.

«Dans cette année compliquée, où nous n’avons eu pratiquement que des cours en distanciel, je suis heureuse de venir ici, dit-elle. Même si c’est une entrée en matière inattendue, ça m’a permis de valider mon choix pour le métier d’infirmière. A l’inverse,  plusieurs de mes amies ont jeté l’éponge ces derniers mois, après avoir été confrontées à l’expérience de la première vague en mars 2020. »

Montée en charge jusqu’à 2500 vaccins par jour

Au vaccinodrome, les inscrits du jour se pressent devant la porte avant 9 heures.

Ils sont accueillis par des bénévoles de la sécurité civile et du service de santé des armées, des médecins du Samu 31, des infirmiers.

Après vérification du rendez-vous -le vaccinodrome est ouvert aux plus de 70 ans et aux plus de 50 ans avec comorbidités-, ils remplissent un questionnaire de santé et voient un médecin (en cas de possible contre-indication vaccinale) ; puis sont orientés vers l’un des 16 box de vaccination. « Bien que tous les étudiants aient été formés au CHU sur des bras en plastique, nous les assistons au moins pendant les dix premières injections et ensuite ils vaccinent en binôme ; mais au final chacun reste responsable de son geste », explique Patrice, infirmier au SDIS 31 et chargé de superviser que tout se passe bien en ce premier jour.

Calibré pour administrer jusqu’à 2500 doses quotidiennes, le vaccinodrome de Toulouse plafonne pour l’instant à 2000/jour faute de vaccins suffisant. « Et il reste encore des places pour aujourd'hui car seuls 1600 rendez-vous ont été pris, nous allons donc ouvrir des créneaux supplémentaires par téléphone dans la matinée », précise Vincent Bounes, le chef de service du SAMU 31 au CHU de Toulouse.

Vacciner au moins jusqu’à l’automne prochain

Selon lui, grâce à ce grand centre de vaccination, l’économie d'échelle est indéniable. « Nous fonctionnons en flux tendu grâce aux bénévoles et aux étudiants présents, et nous ne mobilisons qu’un minimum de titulaires. Aujourd’hui une centaine d’étudiants est présent pour seulement une dizaine de titulaires et la force de frappe est importante. D’ailleurs, nous espérons recruter 2000 étudiants ici sur le long terme car le vaccinodrome devrait rester ouvert au moins jusqu’à l’automne prochain. »

Dans une arrière-salle du hall, le poste de préparation des seringues a été installé et c’est l’effervescence. « Dans ce frigo, nous interposons les doses livrées quotidiennement sous bonne escorte par le CHU. Ce matin il y  en a pour 20 000 euros », montre l’urgentiste.

Autour de la table, une quinzaine de pharmaciens et d’infirmiers s’activent pour diluer le fameux vaccin Pfizer et  remplir les 7 seringues. Parmi eux, Nadine, infirmière retraitée depuis janvier dernier et membre de l’unité mobile de secours 31.  « Une fois les 7 seringues préparées et vérifiées par un autre bénévole, elles sont étiquetées et apportées aux équipes qui injectent », explique-t-elle.  

Dans ce centre où seul le Pfizer est administré, chez les personnes âgées la question du nom du vaccin revient en boucle, avant chaque injection. « Parmi les citoyens, le refus de l’Astrazeneca ne fait plus de doute » pointe François-Xavier Languille, infirmier sapeur pompier et libéral dans le Lauragais.

Il en a d’ailleurs fait l’expérience dans son propre cabinet. « Nous avons commandé et reçu début avril 20 doses d’Astrazeneca pour vacciner nos patients, mais ils ont presque tous refusé ce vaccin là quitte à devoir attendre. Résultat, on se bat pour renvoyer les doses à un centre qui pourra les utiliser ».

Béatrice Girard

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Réactions

1 réponse pour “Au vaccinodrome de Toulouse, étudiants et retraités infirmiers appelés en renfort”

  1. Sévry dit :

    Par temps de Covid, il faut vacciner dites vous ?
    Le Chili, les États-Unis, le Barrein ont énormément vacciné : De ce fait, ils re-confinnent. Le virus émergeant après cette vaccination de masse, atteint beaucoup plus de jeunes. Cette information est vérifiable, évidemment…
    Je suis infirmière mais j’ai une conscience.
    Merci de bien vouloir au moins INFORMER les soignants, nous sommes si peu nombreux à avoir des conflits d’intérêts, nous saurons au moins préserver ce critère loyal : agir en connaissance de cause.

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