Ehpad : le Comité national d’éthique recommande que les assouplissements de mesures soient “adaptés” à chaque établissement

Dans un avis publié hier, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et la Conférence nationale des espaces de réflexion éthique régionaux (CNERER) recommandent que l'assouplissement des mesures de confinement dans les Ehpad soit adapté à chaque établissement, afin que les résidents et leurs familles retrouvent une dose de liberté supplémentaire. Pour lever les contraintes, les instances prônent une décision collégiale entre famille, structure et soignants. 

Même si la couverture vaccinale est très large en Ehpad (90,6% des résidents avaient reçu, au 21 mars dernier, au moins une première dose), elle reste incomplète et la protection collective n'est pas garantie.  

Ce qui pose  la question de la conduite à tenir en matière d'assouplissement des mesures, car il faut respecter ces libertés individuelles, tout en considérant que les mesures de restrictions sociales temporaires engendrent des souffrances psychosociales et affectives, consécutives à l'isolement et à la rupture des liens affectifs et sociaux, pointent le CCNE et la CNERER. 

Casse-tête

"D'une part, les résidents qui ont fait le 'choix' de ne pas se faire vacciner ne doivent pas, par leur décision, limiter les libertés des personnes vaccinées. D'autre part, les personnes vaccinées à qui l'on accorderait plus de possibilités de circulation et de rencontres ne doivent pas faire courir de risques à celles qui ne sont pas vaccinées. ", explique leur document.  

Dans cette situation, la recherche d'une protection absolue, " impossible à atteindre, ne peut justifier une restriction de libertés appliqué à l'ensemble des résidents. D'un point de vue éthique, le traitement différencié des résidents selon leur statut en matière de vaccination ne doit pas entraîner de discrimination", estiment les instances. 

Communication transparente

Elles soulignent "l'importance d'une communication transparente et du dialogue" pour expliquer les différentes situations qui seront constatées à l'échelle du territoire, plutôt qu'à imposer une approche normative générale. 

"Toute décision devrait être préparée et discutée en fonction de l'environnement épidémique et des souhaits des résidents eux-mêmes et ceux de leurs proches, dont les personnes de confiance. Il s'agit en effet d'une éthique de responsabilité, mobilisant notamment les conseils de vie sociale, instances de dialogue au sein des établissements médico-sociaux, pour exposer les réalités (ce que l'on sait) et nommer les incertitudes", appuient-elle.  

Avec l'éclairage des soignants et de ces conseils de vie sociale, les responsables de ces établissements pourraient in fine, "dans un souci de bienveillance et de liberté, prendre localement les mesures d'assouplissement les plus adaptées."

"Ce processus discursif et délibératif éviterait de fait une décision qui ferait peser sur les seuls directeurs d'établissement la responsabilité des mesures d'allégement ou de maintien des contraintes", soutiennent le CCNE et la CNERER. 

Cette forme d'appropriation "responsable et collégiale" devrait également permettre, pointent les instances, de réduire l'hétérogénéité locale des décisions entre établissements au sein d'un même territoire. 

 

Rédaction ActuSoins

 

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Réactions

1 réponse pour “Ehpad : le Comité national d’éthique recommande que les assouplissements de mesures soient “adaptés” à chaque établissement”

  1. Julie dit :

    Depuis cet article pas grand chose ont changé dans l’EHPAD des Cordeliers Beaumont de Lomagne 82! visites sur RV pas en chambre!Impossibilité d’aller nettoyer le balcon de ma maman(jamais nettoyé par le personnel depuis 4 ans c’est toujours moi qui l’ai fait, en dernier juillet 2020!maman est vaccinée depuis février 2021 2 fois. Tout le personnel n’a pas été vacciné(on nous impose à nous familles tant et tant de contraintes…. Alors? Maman va avoir 100 ans ALZHEIMER mais semi autonome,Comme elle déambule la nuit”Cela gène le personnel”(ce sont les termes exact de son médecin,aussi administration de reivotril….Sans même demander à son neurologue….Qui l’a supprimé car 4 chutes en 15 jours l’an dernier poignais cassés! Cette année re chute sans casse… Nous famille nous nous opposons à ce traitement,ainsi que son neurologue….Le frigo de maman n’a pas été dégivré depuis…Septembre….§ refus total que j’aille faire de la relaxation sophrologie depuis un an à maman….ARS ,ministère de santé,député, direction, médecins,psy tous sont aux courant de cette situation. Alors voyez vous mourir est une douceur comparativement à ce que l’on fait subir aux résidents à leurs famille si vous voulez je garde à votre disposition tous les mails, courriers, réponses échanges pour témoigner. Il serait grand temps que tous se regarde en face devant un miroir et se pose la question: Est ce humain tout cela?Si la réponse est oui, triste constat en 2021!

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