Covid-19 : des tournées bien rodées

Pendant le confinement, à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), un collectif d’infirmiers libéraux (IDEL) a pris en charge les patients Covid-19 de la commune. Il a pu s'appuyer sur une Mairie qui a notablement facilité les tournées en fournissant du matériel. La collaboration, efficace, a été exemplaire.

Covid-19 infirmière libérale : des tournées bien rodées

© DR

Une voiture électrique dédiée aux tournées, des masques FFP2,  des lunettes et des combinaisons, et aussi un lieu sécurisé avec salles, sanitaires et douches... face à l’absence de matériel et sans possibilité de passer commande dans les premières semaines, la mobilisation infirmière a permis de solliciter directement la mairie et a été payante au delà des attentes.

« Il nous manquait beaucoup de choses pour démarrer, il fallait se faire un stock pour aller soigner, nous avons frappé à toutes les portes », annonce Alice Rosaz.

« La mairie qui a tout fourni immédiatement, a géré la communication sur nos tournées auprès de la population », précise cette infirmière libérale de Saint-Jean-de-Védas qui a contracté la maladie début mars mais s’est directement impliquée, depuis chez elle.


Elle a ainsi pu obtenir du matériel offert par deux garages auto : gants, gel, visières et combinaisons de peintre, sur-chausses et sur-blouses, et des bottes en plastique reçues de Jardiland et Botanic. « Je m’appuie habituellement beaucoup sur la Mairie ou le CCAS pour régler des problèmes de mutuelles ou d’aides des seniors que je soigne et ça a beaucoup aidé pendant cette crise. »

Trois cabinets sur le terrain

« Le seul moyen d’équiper tout le monde était de s'organiser ensemble, dès le début », ajoute-t-elle.

Les 25 IDEL de la commune, plus habitués à travailler de façon autonome et indépendante, ont tous été contactés et invités à une visioconférence. A échanger aussi par le biais d’un groupe « Whatsapp Covid ».

Objectif : au-delà du matériel à trouver et à mutualiser, mettre en place des tournées dédiées aux personnes infectées et gérer les ressources humaines de façon réactive et coordonnée.

Deux types d’organisation se sont esquissées : se détacher pour faire une tournée Covid puis revenir sur sa tournée de patients réguliers ou ne faire que les tournées Covid au risque de peu travailler si les cas s’avéraient peu nombreux. « Certains IDEL ont eu peur et nous nous sommes retrouvés à 12, soit trois cabinets », indique Aline Rosaz.

Tournées sécurisées

Ceux qui ont pu recenser une personne atteinte dans leur patientèle, ont rempli un planning partagé. Chaque soignant mobilisé se dégageait de sa tournée habituelle pour effectuer en alternance une tournée spécifique Covid dans des conditions permettant d’assurer une protection aussi bien du patient et de son entourage, que du soignant.

Une dizaine de cas au total ont été pris en charge sur la durée du confinement, chacun étant consulté chez lui, en extérieur, sur un balcon par exemple.

Avec prise de température, test, échange par visioconférence avec un médecin de ville qui prenaient le relais pour les prises de sang et autre examen utile chez les patients déjà testés et pour un suivi. « Tous ont reçu leurs soins avec une surveillance à J7, J10 puis J14», indique Alice Rosaz. « Les patients sains, eux, ont été répartis entre associés, ou remplaçants. » 

Un référent désigné dans chaque cabinet, s’est occupé de regrouper toutes les factures d’achat de matériel généré par la crise. « La mairie s’est engagée oralement, à nous rembourser », indique l’infirmière. A l’issu du confinement le collectif avait obtenu, aussi, une confirmation écrite.

Il est désormais rodé en cas de deuxième vague ou de pandémie plus grave. « Nous organiser nous a rassurés. On a stocké et on se tient prêts. »

Myriem Lahidely

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